Diabète de grossesse
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Touchant à peu près 6 % des femmes enceintes, le diabète gestationnel est une prise de tête. Les femmes enceintes sont complètement perdues car elles ne savent plus quoi manger. Voyons dans cet article quels sont les causes et conséquences de ce diabète et comment le traiter jusqu'à l'accouchement.
Le diabète gestationnel est aussi appelé diabète de grossesse qui se définit par une élévation du sucre dans le sang diagnostiqué pour la première fois au cours de la grossesse.
Il faut savoir que la définition de diabète de grossesse n'est pas consensuelle dans tous les pays, car on a du mal à savoir le seuil au delà duquel les problèmes apparaissent.
Oui le diabète de grossesse peut représenter des risques accrus pour la mère ainsi que pour le bébé à la naissance ;
Il augmente le risque de gros bébé (poids supérieur à 4 kg).
Il peut être responsable d’une fracture de la clavicule, voire d'une blessure du bras au moment de l’accouchement, en raison du surpoids (taux de risque augmenté de 0,2 %).
Il peut provoquer une prééclampsie chez la maman (risque augmenté de 1 %).
Il peut être un facteur d’accouchement prématuré (risque augmenté de 1 %).
Il peut engendrer une augmentation de détresse respiratoire chez le bébé (maladie des membranes hyalines).
il expose à de grands risques de prédisposition au diabète chez la mère et l’enfant.
Aussi, à la naissance, l’enfant peut souffrir d’une baisse du taux de sucre d’où la nécessité d’une surveillance de l’hypoglycémie néonatale.
Cependant il faut souligner que la survenue d’un diabète gestationnel ne comporte pas de sur-risque de malformation ni de mortalité pour le bébé.
Le diabète gestationnel apparaît vers la fin du deuxième trimestre de la grossesse. Durant cette période, les besoins en insuline se multiplient et deviennent 2 à 3 fois plus importants que la normale. Cela s’explique par l’augmentation de la production des hormones de grossesse, notamment des hormones placentaires. Ces dernières diminuent l’efficacité des insulines. Ainsi, elles entraînent une insulino-résistance. Hors l'insuline a pour rôle le stockage du sucre, donc son absence provoque une élévation importante du taux de sucre dans le sang.
Dans certains cas, le diabète gestationnel est révélateur du diabète de l'adulte qui couvait.
Nombreux facteurs peuvent aussi augmenter le risque de développement du diabète gestationnel chez une femme enceinte :
âge supérieur à 35 ans ;
des antécédents personnels de diabète gestationnel, et de gros bébé ;
des antécédents familiaux de diabète de l'adulte (type 2) au premier degré ;
surpoids (IMC>25) et l’obésité ;
traitement à base de cortisone sur une longue durée.
Le diabète gestationnel affecte jusqu’à 6 % des femmes enceintes.
Ce taux est plus élevé en Inde, Bangladesh, Antilles, et en Moyen-Orient.
Les troubles du diabète gestationnel passent souvent inaperçus, car ils sont pour la plupart similaires aux inconforts habituels de la grossesse : malaise, maux de tête, fatigue…
Toutefois, il est possible des symptômes tels que :
une soif intense ;
des urines abondantes.
À l’examen clinique du diabète gestationnel, le médecin s’intéresse davantage sur le poids de la mère. Une prise de poids excessif pendant la grossesse favorise le développement d’un diabète gestationnel.
Par ailleurs, il cherche aussi les signes de complications.
Le diabète gestationnel favorise la prééclampsie (risque augmenté de 1%). C'est une maladie qui se manifeste par l’apparition de nombreux œdèmes, une forte augmentation du poids et une hypertension artérielle.
En outre, avec un diabète gestationnel, la femme s’expose aussi à plus de risque de développement d’infection, notamment au niveau des voies urinaires.
Les examens
Examen biologique
Le dépistage du diabète gestationnel se fait en plusieurs étapes.
Avant la grossesse
Idéalement, un dépistage doit être effectué avant la conception du bébé, et ce notamment pour les femmes qui présentent des symptômes ou des facteurs de risques du diabète de type 2. L’examen se fait par un dosage de la glycémie à jeun (le sucre). Voici les résultats possibles :
inférieur à 0,8 g/l : hypoglycémie ;
entre 0,8 g/l et 1,10 g/l : normal ;
entre 1,10 g/l et 1,26 g/l : hyperglycémie ;
supérieur à 1,26 g/l : diabète de type 2
Pendant la grossesse
Au cours de la grossesse, le médecin préconisera un dépistage du diabète gestationnel lors du premier trimestre aux femmes ayant des risques d'en développer un. Les seuils sont plus sévères. Le diagnostic se révèle positif en cas de glycémie à jeun supérieure ou égale à 0,92 g/l.
Entre la 24e et la 28e semaine d’aménorrhée (fin de T2, 4e consultation obligatoire), on réalise une hyperglycémie provoquée par voie orale chez les femmes à risque. Elle consiste à absorber une quantité standard de concentré de sucre (pas très bon), puis à mesurer la glycémie 1 heure et 2 heures après l’ingestion.
Le diabète gestationnel se confirme lorsque :
le taux de glycémie après 1 h de l’ingestion du sucre est supérieur ou égale à 1,80 g/l ;
le taux de glycémie après 2 h de l’ingestion du sucre est supérieure ou égale à 1,53 g/l.
Pour remarque il est inutile de tester la présence de sucre dans les urines car elle peut être positive naturellement au sucre chez les femmes enceintes.
En cas de détection d’un diabète de type 2, il est nécessaire de faire une mesure de « l’HbA1c » (alias hémoglobine glyquée). Ce terme barbare est en fait le reflet du taux de sucre des 3 trois derniers mois. Ainsi, elle permet de surveiller les écarts sur une plus longue durée.
Échographie fœtale
En cas de diabète gestationnel, l’échographie fœtale se focalise surtout dans la recherche de complications pouvant survenir à l’accouchement à savoir :
un excès de liquide amniotique ;
un poids du bébé à terme supérieur à 4 kg ;
de grosses épaules ;
un risque cardiovasculaire.
La surveillance est le rôle :
du médecin généraliste ;
de l'endocrinologue si le médecin généraliste ne se sent pas de le faire ;
du gynécologue pour ce qui concerne la surveillance de la grossesse ;
d'une sage-femme spécialisée dans le diabète gestationnel et dans l'échographie.
Le pharmacien pourra délivrer les conseils et orientera si nécessaire.
Traitement diététique
Le traitement de première intention du diabète gestationnel consiste à adopter des mesures diététiques adaptées :
Le régime méditerranéen s’avère être le plus efficace. Cela permet à la femme enceinte d’avoir un équilibre alimentaire reparti sur différents repas, comprenant :
des céréales (pain, pâtes, riz, semoule, etc.) ;
des fruits ;
des légumes, pommes de terre, légumineuses (haricots, fèves) ;
des fruits à coque (noix, noisette, amande, etc.) ;
de l’huile d’olive : à privilégier ;
poissons, volailles, yaourts et fromages : à consommer avec modération.
Ce régime recommande de limiter l’alcool et la viande rouge. Mais, il autorise la consommation des betteraves et des carottes. Il n'est pas toujours facile de s'y retrouver ou de se motiver alors prendre un accompagnement avec un guide nutritionnel peut être utile.
Le traitement consiste également à faire des activités physiques, par exemple 30 minutes de marche soutenue par jour. Là encore un accompagnement avec un guide sportif est le bienvenu.
Traitement médical
Un traitement par insuline est inévitable en cas d'échec des traitements physiques ci dessus, lorsque les mesures diététiques ne parviennent pas à stabiliser le diabète. Il s’agit d’une injection d’insuline 3 fois par jour.
Pour que le traitement soit efficace, l’autosurveillance entre 4 et 6 fois par jour est nécessaire. Elle consiste à se piquer le bout du doigt avec un dispositif et à lire le résultat via un appareil. Pas très pratique mais bon.
L’objectif est de garder jusqu’au terme de la grossesse le taux de glycémie en dessous de 0,92 g/l à jeun et en dessous de 1,20 g/l deux heures après le début du repas.
Les antidiabétiques oraux utilisés dans les autres cas de diabète sont à écarter durant la grossesse.
Le diabète gestationnel doit être surveillé périodiquement chez un gynécologue-obstétricien et tous les 15 jours chez un diabétologue.
Il convient de prévoir une échographie à l’approche du terme en plus de celle du 32 semaines d'aménorrhée. Cela est utile afin d’apprécier le poids fœtal.
Dans la majorité des cas, le diabète gestationnel peut disparaître quelques heures après l’accouchement (ce qui n’est pas le cas des femmes qui en avait déjà un avant la grossesse).
Après l’accouchement, il faut faire un test de sucre à jeun à 3 mois pour s'assurer que tout rentre dans l'ordre. 50 % des femmes présenteront un diabète au cours de leur vie.
Pour le bébé, la surveillance du sucre doit être faite ainsi que la surveillance de sa respiration.
L’allaitement reste possible même en cas de diabète chez la maman.