Maladie de Hoffa
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Au début des années 1900, un chirurgien orthopédique allemand, un certain Albert Hoffa, a décrit une pathologie mettant en cause la boule graisseuse située en arrière du tendon rotulien dans la douleur du genou. Baptisée maladie de Hoffa, cette pathologie est assez mal connue. Pourtant, bien que bénigne, elle peut affecter la qualité de vie des personnes touchées notamment les sportifs de haut niveau. Descriptions dans cet article.
Aussi appelée bursite de Hoffa ou hoffite, la maladie de Hoffa est une inflammation du paquet adipeux (couche de graisse de Hoffa) qui se trouve sous le genou, en arrière du tendon rotulien.
Le paquet adipeux de Hoffa sert d’amortisseur à l’articulation lors des chocs. À cause des traumatismes répétés ou des sollicitations excessives du genou, il peut arriver qu’il s’enflamme.
En effet, il y a un écrasement de la graisse entre autres lors des mouvements d’extension de la jambe.
Au début, il se crée un œdème et un cor au niveau des parties subissant les chocs. Au fil du temps, traumatismes et sollicitations vont entraîner une inflammation locale. Le paquet adipeux de Hoffa perd alors sa propriété d’amortisseur, ce qui explique la douleur.
L’inflammation peut aller jusqu’à la fibrose ou à l’ossification de la graisse.
La maladie de Hoffa est une maladie rare. Toutefois, elle est sous diagnostiquée.
Les sportifs, et particulièrement les sportives, sont les plus à risque de développer cette maladie. Il s’agit notamment de ceux qui pratiquent des sports de saut comme les basketteurs ou volleyeurs, mais les coureurs ne sont pas en reste.
Certains métiers qui nécessitent la sollicitation des genoux sont également à risque. Cela concerne par exemple les carreleurs.
Le principal symptôme de la maladie de Hoffa est la douleur derrière le tendon rotulien ou la rotule. Celle-ci est exacerbée par la montée et la descente des escaliers ou lors de la course à pied.
La douleur peut être accompagnée d’un gonflement de l’articulation, d’une sensation d’instabilité ou de blocage du genou.
Lors de l'examen, le patient s’allonge sur le dos avec les genoux fléchis à 90°C. On palpe ensuite les rebords latéraux et médiaux du genou. Si la palpation réveille la douleur, le test est positif.
a) L’échographie
L’échographie du genou permet de visualiser l’inflammation.
Dans les cas les plus avancés, on observe une ossification des graisses.
b) L’IRM
En cas de doute, l’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) est l’examen de référence. Elle offre un diagnostic plus aisé.
À l’image, on observe une hypertrophie du paquet adipeux de Hoffa.
c) Autres examens
Rarement on proposera une arthroscopie (introduction d'une caméra dans le genou).
Dès la manifestation de signes inquiétants, il est possible de consulter les professionnels de santé de ville. Ils peuvent conseiller et orienter sur la conduite à tenir devant la maladie.
Pour poser le diagnostic, il faut se tourner vers un médecin généraliste. Et, pour obtenir un avis spécialisé, voir un rhumatologue.
En première intention, pour soulager la partie endolorie, le premier geste à faire est de mettre de la glace en dessus. En accompagnement, prendre du paracétamol, sans oublier effectuer au repos articulaire. Par ailleurs, des séances de kinésithérapie sont également très recommandées.
Si les traitements précédents n’ont montré aucun effet sur les symptômes, il est possible d’opter, en deuxième choix, pour l’utilisation d’anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) :
local: effet modeste et fugace ;
par voie orale tels que de l’IBUPROFENE ou la NAPROXENE : ils sont à privilégier pour une meilleure efficacité.
En deuxième intention, une injection de corticoïdes directement en arrière du tendon (infiltration) peut être prescrite. Si le résultat est incomplet, une deuxième infiltration est justifiée 1 mois plus tard. Toutefois, le nombre de séances se limite à 3 au maximum par an.
Les traitements suivants sont par contre à écarter.
Coxibs, acéclofénac, diclofénac, piroxicam: ce sont des anti-inflammatoires avec trop d’effets indésirables et pas plus efficaces.
Kétoprofène: par voie orale, elle engendre des effets indésirables digestifs. Par gel: elle a plus d’effets indésirables par rapport aux autres anti inflammatoires.
Le traitement de la maladie de Hoffa est uniquement médical.
Dans des cas extrêmes, une chirurgie par arthroscopie pour enlever la graisse peut être envisagée. Mais le succès n’est pas forcément au rendez-vous.
La maladie de Hoffa est bénigne. Il convient toutefois d’être vigilant sur l’évolution des symptômes.
Pour ne pas être atteint par cette maladie, voici quelques conseils :
maintenir un bon tonus musculaire des quadriceps ainsi que la souplesse ;
traiter les éventuels troubles touchant les membres inférieurs ;
changer de chaussures ou utiliser des semelles si besoin ;
pour les sportifs, il est impératif de faire des gestes appropriés pour ne pas endommager le genou. De même, il faut respecter les cycles exercices-repos.
Pour éviter les récidives, il faut diminuer autant que possible la compression au niveau du genou.
Dans le cadre professionnel, un changement de poste voire un arrêt maladie peut être nécessaire.