Laryngite sous glottique de l'enfant
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La laryngite est une pathologie responsable de gênes respiratoires au niveau de la gorge. Dans cet article, découvrez tout à propos de la laryngite aigüe sous glottique de l’enfant.
La laryngite est une pathologie infectieuse du larynx. Il y en a plusieurs types classés selon la région atteinte par rapport à la glotte (orifice du larynx qui sert à l’émission de voix) et le mécanisme d’évolution.
Par définition, la laryngite aigüe sous glottique désigne l’inflammation de la région la plus étroite du tractus respiratoire: sous la glotte. On parle parfois de « croup », ou de laryngite œdémateuse.
La maladie est proche de la laryngite striduleuse en terme de signes.
Leur différence se distingue surtout sur le début de la maladie. La forme aigüe sous glottique a un début progressif. La forme striduleuse, elle, possède un début brutal.
La laryngite aigüe sous glottique est d’origine virale dans la majorité des cas (97 %). Voici quelques exemples de virus responsables : les types influenzae, paramyxovirus, adénovirus, etc.
Dans des cas plus rares (environ 3 %), les bactéries en sont la cause.
Certains facteurs aggravent le cas :
Le tabagisme passif: c’est-à-dire l’exposition involontaire aux substances irritantes et polluantes émises par les fumées des cigarettes de l’entourage.
Le RGO (reflux gastro-œsophagien).
Les allergies.
La sinusite chronique.
Environ 3 % des enfants de 6 mois à 6 ans souffrent de la laryngite aigüe sous glottique. L’âge moyen des patients tourne autour des 18 mois.
Cette maladie est la cause la plus fréquente d’obstruction aigüe des voies aériennes à cet âge.
Davantage de garçons que de filles sont touchés.
La laryngite aigüe sous glottique est une pathologie à caractère saisonnier. Elle apparaît surtout en automne et en hiver dans un contexte épidémique ou parfois dans un contexte de rhinopharyngite banale.
Le début de la maladie se déclenche volontiers la nuit. L’état de santé général du patient est conservé, mais progressivement d’autres symptômes surviennent.
Le patient commence à avoir des difficultés respiratoires. Elle est surtout de type tirage inspiratoire. L’inspiration devient de plus en plus lente par rapport à la normale et l’enfant a comme la sensation d’avoir « soif d’air ».
Le tirage s’observe au niveau du cou et entre les côtes.
Chez le nourrisson, le trouble respiratoire se traduit plutôt en une accélération du rythme de la respiration. Le volume d’air inspiré se retrouve diminué. En accompagnement, on entend un cornage. Il s’agit d’un bruit inspiratoire assez fort, de tonalité grave. Il est dû au passage de l’air dans la zone étroite.
Les autres symptômes sont :
une toux aboyante ou « rauque »;
une voix rauque, mais dans certains cas, elle peut rester normale.
Les symptômes de la laryngite striduleuse
Pour ce qui est de la laryngite striduleuse, elle se manifeste à peu près de la même manière que la laryngite aigüe sous glottique. Le seul point qui diffère est leur mécanisme d’apparition. Si on les compare, la forme striduleuse apparaît plus brutalement. Elle peut durer durant 1 heure et céder en quelques minutes.
L’examen comporte :
une prise de température qui révèle généralement une fièvre modérée (la température augmente: 38 - 38,5 °C) ;
une mesure de la saturation pulsée en oxygène, avec un oxymètre (SpO2) ;
un examen ORL pour inspecter d’éventuels cas de pharyngite, ou de rhinite.
Ces examens se font avec délicatesse, afin d’éviter au maximum l’agitation et les pleurs chez l’enfant, ce qui pourrait aggraver les troubles respiratoires.
Dans 4 % des cas il faut se méfier de la forme grave:
une absence de lutte ;
une baisse de conscience ;
une transpiration ;
une hypercapnie (diminution de la ventilation pulmonaire liée à une surcharge du sang artériel en dioxyde de carbone) ;
une augmentation de la fréquence de battement du cœur ;
une hypertension artérielle
un choc respiratoire.
Pour mieux confirmer le diagnostic, il est nécessaire de faire d’autres examens.
1) Une radiographie du larynx
Elle est réalisée de face et de profil. Celle de la face montre le larynx en forme de sablier.
2) Une radiographie pulmonaire
Elle est utile pour déterminer les diagnostics différentiels de la maladie.
3) Une laryngoscopie en salle d’endoscopie
Elle est réalisée en cas de doute ou crainte de complications.
Cet examen met en évidence l’inflammation globale du larynx. Étant une exploration du larynx, il permet de distinguer un bourrelet d’œdème rosé débordant sous chaque corde vocale, réduisant la filière à une fente dont la largeur conditionne l’intensité de la dyspnée.
Il est important de bien différencier la laryngite aigüe d’un angiome sous glottique, observé principalement chez les enfants de moins de 6 mois. D’où l’intérêt des examens comme l’endoscopie.
Elle dépend de l’intensité de la maladie : légère, modérée ou sévère.
L’enfant atteint de cette maladie peut donc être emmené chez :
un médecin généraliste en cas de symptômes légers ;
les urgences en cas de symptômes modérés ;
les services de réanimation : pour la prise en charge des cas sévères.
Le traitements de première ligne reposent sur la corticothérapie.
Pour les corticoïdes, voici les dosages :
pour les nourrissons : bétaméthasone CELESTENE, 15 gouttes/kg et par jour durant 3 jours ;
pour les enfants : prednisolone SOLUPRED, 1 mg/kg/j et par jour durant 3 jours ;
si l’administration par voie orale est impossible, opter pour des injections de SOLUMÉDROL 1 mg/kg (en intraveineuse ou intramusculaire).
En deuxième ligne : l’adrénaline en nébulisation peut être proposée. Le dosage idéal est de 0,5 mg/kg sans dépasser 5 mg (ou simplement une dose standard de 5 mg). Elle est à diluer dans du sérum physiologique pour atteindre 5 ml. Le débit est de 6L/min O2. Le pic d’efficacité est atteint en 15 minutes.
En troisième ligne, on opte pour une intubation avec une sonde de calibre inférieur d’un demi ou d’un point à celui recommandé pour l’âge.
En quatrième ligne, on a recours à des interventions chirurgicales, à savoir une trachéotomie ou une cricoïdotomie.
Il est à noter que :
pour les formes légères, seule la corticothérapie orale suffit ;
pour les formes modérées : on opte pour la corticothérapie orale et l’aérosol d’adrénaline. Si cela n’a aucun effet dans les 3 heures qui suivent, on a recours à un deuxième aérosol d’adrénaline. Si ce n’est pas toujours efficace, le patient doit être hospitalisé en pédiatrie.
Si la maladie est sévère, l’enfant est transféré en réanimation pour des prises en charge spécifiques.
Par ailleurs, il faudrait se méfier des bénéfices incertains de certains traitements. C’est le cas de l’humidification de l’air. Son efficacité est controversée dans le traitement de la laryngite. Toutefois, elle est quand même pratiquée à la maison, en utilisant une cocotte-minute, les vapeurs de la douche, etc. mais sans efficacité prouvée.
Idem, en milieu hospitalier, les nébulisateurs pneumatiques à l’aide d’aérosol de sérum physiologique, les cloches, les tentes à brouillard, ou les humidificateurs portables (nébulisateur ultrasonique) ne sont pas d'efficacité prouvée dans cette maladie.
L’oxygénothérapie n’a pas non plus encore vraiment fait preuve d’efficacité.
L’antibiothérapie, quant à elle, est à éviter. En réalité, les antibiotiques n’ont aucun effet, vu que la laryngite est principalement d’origine virale.
Il est toujours important de suivre de près l’évolution de la maladie et de l’état de l’enfant.
En général, après 6-7 ans, les laryngites sont mieux tolérées.
Il consiste à agir directement en fonction de l’étiologie et des facteurs de risques observés :
s’il s’agit du tabagisme passif, il faudrait envisager à accompagner l’entourage dans l’arrêt des cigarettes (cf. article correspondant) ;
en cas de reflux gastro oesophagien, on a recours à des bilans et des médicaments IPP (cf. l’article correspondant) ;
en cas d’allergies, faire un bilan et administrer des antihistaminiques tels que la cétirizine (cf. article correspondant) ;
une sinusite chronique requiert également la réalisation d’un bilan (cf. article correspondant).