Zona
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Le zona est une dermatose d’origine virale responsable de lésions douloureuses et inesthétiques qui peuvent subsister longtemps. Symptômes, diagnostic, traitements et préventions du zona… voici tout ce que vous devez savoir cette maladie.
Le zona est une maladie infectieuse caractérisée par des éruptions cutanées désagréables et douloureuses. Les lésions visibles peuvent toucher une grande partie du corps. On peut par exemple l’observer au niveau de la nuque, du dos, du thorax, des fesses et même sur le visage.
Au cours de la varicelle pendant l’enfance, le virus appelé virus varicelle-zona (VZV) infecte une personne et se loge dans les ganglions. Plus tard, le réveil du virus entraîne des lésions de la peau à proximité des ganglions infectés. C’est ce qu’on observe au cours du zona.
Le zona apparaît chez près de 20 % de la population. On peut le voir chez les enfants et chez les adultes, mais les cibles potentielles sont les personnes de plus de 50 ans.
Le zona occasionne généralement de la fièvre et des maux de tête fréquents. On peut aussi ressentir une névralgie (douleur au niveau des nerfs) environ 2 à 3 jours avant l’apparition des lésions de la peau et qui peut durer jusqu’à un mois.
Les caractéristiques de la douleur sont bien particulières. Le patient ressent une sensation de brûlure, de morsure, ou des paresthésies (fourmillement gênant). Cette sensation est intense et est localisée au niveau d’un territoire cutané unilatéral bien précis. C’est ce qu’on appelle le dermatome.
Le zona se reconnaît aussi par les lésions cutanées caractéristiques.
Lors d’une infection au virus du zona, la température corporelle peut augmenter jusqu’à 38 à 38,9 ° C. On observe des lésions rouges (macules) parfois congestives (papules), en placards ou en bouquet espacées de peau saine. Elles évoluent très rapidement, car en quelques heures, elles peuvent devenir des vésicules translucides claires.
En 7 à 10 jours, les manifestations cutanées évoluent vers un dessèchement ou des croûtes jaunâtres. Au final, des cicatrices pâles peuvent apparaître. Ces lésions sont visibles le long d’un dermatome. Elles sont unilatérales. La localisation intercostale (poitrine, dos) est fréquente. Elles sont aussi visibles sur le visage. Il est aussi possible d’observer une bulle hémorragique.
À la palpation des creux du bras, on peut apprécier la présence de ganglions.
Généralement, le zona est une maladie bénigne. Cependant, lorsqu’il atteint certaines parties du corps, cela peut engendrer des complications potentiellement graves.
Lésions du visage caractéristiques du zona du nerf trijumeau (20 % des cas).
Lésion du visage avec diminution de la vue, œdème des paupières, conjonctivites, paralysie des muscles des yeux... On parle de zona ophtalmique compliqué de kératite ou d’uvéite.
Douleur et lésions du tiers interne du conduit auditif externe et des 2/3 de la moitié de la langue : zona du nerf facial.
Lésions typiques associées à une difficulté à entendre et de vertiges : zona du nerf auditif.
Lésions au niveau de la bouche, du pharynx et du larynx : zona du nerf glosso-pharyngien.
Le zona étendu : plus de 20 vésicules à distance du dermatome atteint, complications pulmonaires, hépatiques et encéphaliques. Ces complications sont courantes chez une personne immunodéprimée ou personne âgée.
Les céphalées et raideur de nuque qui évoque une méningite (très rare).
La paralysie dans le cadre d’un AVC causé par le zona (très rare).
La présence d’inflammation et de pus qui suggère une surinfection à l’impétigo.
Chez une femme enceinte, le zona peut affecter le bébé. La contamination est minime, mais requiert l’avis d’un gynécologue.
Ne pas confondre
Il faut être vigilant devant certaines maladies qui sont similaires au zona, mais qui ne le sont pas.
Généralement, l’examen clinique est suffisant pour poser le diagnostic du zona. En cas de doute seulement, le médecin peut demander un examen PCR du zona.
Pour traiter le zona, le patient peut consulter un médecin généraliste ou un dermatologue. En cas d’atteinte ophtalmique, il faut se tourner vers un ophtalmologue. Le pharmacien délivrera les précieux conseils.
Pour soulager les symptômes du zona, vous pouvez recourir à des mesures physiques et médicamenteuses. En effet, pour calmer la douleur, le patient peut prendre des antalgiques comme le paracétamol ou la morphine (en cas de douleurs intenses et absence d’allaitement). L’application de substituts de larmes par gel et pansements oculaires peut aussi alléger le trouble visuel et prévenir les ulcérations de la cornée.
En cas d’échec, voici ce que vous pouvez faire en deuxième intention :
Les codéines et tramadol (à éviter chez les femmes allaitantes) ;
Les pansements non adhésifs humides ;
L’application de glace enveloppée dans du linge ;
Les topiques à base de calamine.
L’utilisation de talc ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (aspirine, ibuprofène…) est à écarter lors d’une infection au zona. En plus de leur inefficacité, ils augmentent les risques de surinfections graves.
Pour les yeux, les corticoïdes par voie orale, en crème ou dans l’œil ne font qu’aggraver le zona ophtalmique.
Le premier volet du traitement consiste à nettoyer les lésions avec de l’eau et du savon. Les antiseptiques ne sont pas nécessaires.
On passe ensuite au traitement antiviral.
Le valaciclovir : il diminue la durée des douleurs si instaurées dans un délai de 3 jours après apparition des lésions. La dose préconisée est de 1 g 3 fois par jour pendant 7-10 jours. Il peut convenir à une femme enceinte, mais il serait toujours préférable d’opter pour l’aciclovir.
L’aciclovir par voie ophtalmique en cas de zona ophtalmique ;
L’aciclovir IV pour les formes très graves. La dose idéale est de 5mg/kg, toutes les 8 heures.
En second choix nous avons :
L’aciclovir en suspension buvable : alternative au valaciclovir.
Le Famciclovir : aussi efficace que valaciclovir ou aciclovir, mais plus cher.
Le zona peut guérir de manière spontanée en moins d’un mois. Les récidives sont possibles.
Une personne atteinte du zona devra faire attention à ne pas transmettre à son entourage notamment à ceux qui ne sont pas immunisés et aux femmes enceintes. Ainsi, il faut couvrir les lésions avec un pansement pendant la période de contagion (la semaine qui suit l’apparition des lésions). Pour les soignants, il faut se laver les mains à l’eau et au savon après les soins ou porter des gants en option.
Le vaccin contre le zona n’est efficace que pour les adultes de 50 à 69 ans bien portants. Qui plus est, elle n’est pas adaptée aux personnes à risques de zona grave (personnes âgées et sujets immunodéprimés).
Rechercher et traiter les facteurs de risques de la maladie
Il existe certains facteurs qui favorisent le réveil du virus de la varicelle. Cela a surtout un lien avec la baisse de l’immunité. C’est le cas des personnes âgées, de celles qui souffrent d’une infection à VIH… L’effet de certains médicaments peut aussi être à l’origine de cette défaillance immunitaire : radiothérapie, corticoïdes, fébuxostat…
Comment prévenir des complications potentielles liées à la maladie ?
Chez les personnes âgées, des douleurs à type de brûlure ou éclairs se sentent éventuellement un mois après les lésions et persistent durant des mois voire des années après la guérison du zona. On parle d’algies post zonastériennes. Elle est présente sur près de 10 % des cas de zona chez les patients de plus de 60 ans. Par ailleurs, les lésions post zona laissent des cicatrices définitives.