Laryngite de l'adulte
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Voix rauque type Dark Vador, toux aboyante…? Et si c’était la laryngite ? Diagnostic et traitement ? Les détails sont dans cet article.
La laryngite est une maladie due à l’inflammation du larynx, la partie haute de la trachée.
La laryngite est une maladie qui peut prendre une forme aigüe ou chronique.
La laryngite aigüe est une laryngite dont l'origine est souvent virale ou bactérienne. Pour les adultes, ces forme sont souvent peu graves.
La laryngite chronique est une forme souvent rencontrée chez l’adulte. Elle a d'autres origines :
fumées, tabac, substances chimiques inhalées ;
reflux gastro-œsophagien ou RGO : le larynx est irrité par le reflux acide provoquant son inflammation ;
une allergie ou un asthme ;
l’abus d’alcool ;
la sinusite chronique : à cause de sécrétions rétronasale ;
le surmenage vocal : lié à la sursollicitation de la voix, comme pour les chanteurs.
La laryngite est une maladie contagieuse si elle est d’origine virale ou bactérienne. La transmission peut se faire par l’intermédiaire des baisers, par le contact des postillons s’il parle, tousse ou éternue. Tout le monde peut être atteint.
Les cas de laryngites aigües augmentent surtout en automne ou en hiver.
La laryngite chronique touche cependant davantage les hommes entre 45 et 55 ans, surtout les fumeurs.
La maladie se manifeste par un trouble de la voix à type d’enrouement. À cause de l’inflammation du larynx, la voix devient rauque et peut être voilée jusqu’à sa perte complète qu’on appelle aphonie.
Le patient ressent une gêne pharyngée sans difficulté à avaler et un raclage pharyngé.
Le patient peut aussi souffrir d’une toux irritative.
Les personnes affectées par la laryngite présentent une fièvre légère avec une température inférieure à 38 °C.
Pour diagnostiquer la maladie, une laryngoscopie indirecte est réalisée par le médecin. C'est un examen fait avec un miroir que l'on place dans la gorge. L’examen montre un aspect inflammatoire diffus du larynx avec un œdème au niveau des cordes vocales. L’œdème peut dans certains cas être le siège d’une ulcération.
Il existe deux principaux diagnostics différentiels de la laryngite.
La laryngite sous glottique qui se manifeste par une détresse respiratoire. Il s’agit aussi d’une laryngite, mais plus basse, localisée aux cordes vocales.
L’épiglottite, qui est une inflammation du larynx haut, au de la glotte. Elle se manifeste aussi par une détresse respiratoire.
La laryngoscopie directe est l’examen de référence réalisé par le médecin (spécialiste en ORL) en cas de laryngite chronique. La visualisation du larynx se fait par l’introduction d'une caméra flexible dans la gorge. Il permet également de prélever du tissu si besoin, pour un examen au microscope (anatomopathologique).
En cas de symptômes de laryngite, le pharmacien et les paramédicaux auront pour rôle de donner des conseils et d’orienter les patients en l’absence de complication.
Le médecin généraliste fera le diagnostic et prescrira les traitements .
Le spécialiste en ORL sera sollicité en cas de besoin, pour un avis spécialisé.
Pour soulager les symptômes, il faut :
bien s’hydrater ;
sucer des bonbons sucrés ou du miel en cas de maux de gorge (ils sont aussi efficaces que les soi disant sirops pour les maux de gorge) ;
prendre du paracétamol si le patient a de la fièvre ou de la douleur ou s’il tousse ;
humidifier l’air dans les lieux secs.
D’autres traitements existent aussi, mais avec des bénéfices encore incertains. On peut citer :
les aérosols de béta 2 mimétiques: parfois utilés en cas de sifflement (sibilants) ;
les corticoïdes par voie orale ou inhalés : pas de données d’évaluation claire
les anti-inflammatoires non stéroïdiens: à ne pas utiliser si suspicion d’infection bactérienne. Ne pas utiliser également chez la femme enceinte.
Par contre, pour les traitements suivants, mieux vaut les écarter.
Les anti-inflammatoires avec trop d’effets indésirables et moins d’efficacité comme le Coxibs, l’acéclofénac, le diclofénac ou le piroxicam.
Les solutions nasales en spray chez le nourrisson: exposent à des risques de fausses routes.
L’ipratopium par voie nasale: pas efficace.
Les vasoconstricteurs sympathomimétiques par voie nasale ou orale à éviter : exposent à des risques cardiaques trop graves. Voici quelques exemples: éphédrine, naphtazoline, oxymétazoline, phényléphrine alias néosynéphrine, pseudoéphédrine, tuaminoheptane.
Les antihistaminiques atropiniques et sédatifs tels que la cholrphénamine, diphénhydramine, mequazine, prométhazine: exposent à de trop nombreux effets indésirables.
Les dérivés terpéniques comme le camphre ou le menthol: exposent à des convulsions ou confusion.
La pholcodine (sirop antitussif): expose aux chocs au cours de certaines anesthésies.
La pentoxyvérine qui est un sirop antitussif avec des effets placebo exposant à des troubles cardiaques.
Les fluidifiants qui n’ont pas d’efficacité, mais qui exposent pourtant aux allergies. Il s’agit de l’ambroxol, le bromhexine, l’acétylcystéine et le carbocistéine.
Les pastilles à sucer. Ils exposent aux allergies et ne sont pas efficaces.
La pentoxyvérine : produit un effet placebo, mais induit des troubles cardiaques.
Le traitement ciblé consiste à l’utilisation des antibiotiques de type macrolides ou amoxicilline en cas de suspicion de laryngite bactérienne. En pratique il est difficile de savoir quel est le bon moment pour les utiliser. À réserver en cas d'échec des autres traitements.
La laryngite est une maladie bénigne. Dans un cas favorable, les symptômes peuvent se dissiper entre 1 à 7jours. Dans le cas où ils persistent au-delà de 15 jours, il est conseillé de demander un avis ORL et de rechercher attentivement ses causes.
Pour la laryngite d’origine virale ou bactérienne, il faut prévenir la transmission. Pour cela, différentes précautions sont à prendre :
laver fréquemment les mains avec du savon ou du gel hydroalcoolique : le virus persiste quelques minutes sur les mains ;
éternuer dans le coude ;
limiter les contacts directs ;
éliminer les mouchoirs usés: le virus peut persister dessus pendant 8 à 12 heures ;
désinfecter les surfaces: le virus persiste 1 à 2 jours sur des surfaces dures.
Pour la laryngite en relation avec les irritants, il faut s’éloigner de ces derniers : la fumée, la pollution…
En cas de reflux gastro-œsophagien, il faut utiliser les inhibiteurs de la pompe à proton.
Pour les patients asthmatiques ou qui ont de l’allergie, un bilan doit être réalisé. Cela peut être associé à une prise d’antihistaminiques.
Si le patient est alcoolique, il faut l’accompagner vers l’arrêt de consommation d’alcool.
Si la laryngite est liée à une sinusite chronique, il faut suivre un traitement de ce dernier.