Grippe
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En automne et en hiver, dès que le climat se rafraîchit, les épidémies de grippe commencent à s’installer. La maladie est surtout caractérisée par une fièvre, un rhume, et des toux de temps à autre. Chez beaucoup de patients, elle s’apaise en seulement quelques jours, mais il existe aussi des cas où elle s’aggrave. Comment reconnaître la toux ? Comment la traiter et la prévenir ? Voici les réponses à ces questions.
La grippe est une infection virale qui se répand le plus souvent en hiver ou en automne. Les agents responsables des épidémies sont les virus influenzae A, B et C.
Très contagieux, le virus de la grippe se transmet facilement d’un individu à l’autre par les gouttelettes projetées dans l’air ou par le biais d’un objet souillé. Les virus se propagent dans l’environnement par l’intermédiaire de la salive, des crachats, des toux et des éternuements. Une fois arrivés à l’intérieur de l’organisme, les virus sont incubés pendant 24 à 48 heures et sa contagiosité est active sur 4 à 5 jours après le début des symptômes.
La grippe peut frapper tous les hommes et les femmes, de tous âges. Les enfants de moins de 15 ans sont cependant les plus touchés et en sont vecteurs. Il existe davantage de probabilité de complications pour les personnes âgées de plus de 65 ans.
Le syndrome grippal varie d’une personne à l’autre. Parfois, on ne perçoit aucun symptôme et dans d’autres cas celle-ci peut être plus légère.
L’apparition des symptômes a lieu 1 à 2 jours après contact avec un malade grippé. Pour les formes symptomatiques, les signes sont généralement composés de fièvre, de frissons, de malaise général, de courbatures, de fatigue, de perte d’appétit, de céphalées (maux de tête), de toux sèche, de douleur abdominale, de douleur articulaire, de nausées et parfois de diarrhées.
La grippe occasionne aussi divers maux au niveau ORL : douleur d’oreille, douleur derrière les joues (sinus), rhume, obstruction nasale, maux de gorge, vertiges…
Selon la gravité de la grippe, le malade peut avoir :
Une température corporelle normale (36-38 °C), modérée (38-39 °C) ou élevée (39-à plus de 40 °).
Une pression artérielle normale (environ 12/7) ou normale basse (9/6).
Une fréquence cardiaque normale (50-100/min) ou élevée (plus de 100 par minutes).
Une hydratation normale.
Les observations du médecin peuvent aussi confirmer l’existence d’une gorge rouge et de ganglions dans le cou. Enfin, puisque la grippe affecte en particulier la voie respiratoire, l’auscultation des poumons laisse entendre des râles bronchiques.
Normalement, la grippe s’atténue et guérit en une semaine. Certains cas peuvent cependant se compliquer et entraîner d’autres pathologies telles que :
Le syndrome de détresse respiratoire : il est caractérisé par des battements des ailes du nez, un tirage du thorax et du ventre, un tirage sus-claviculaire, une impression d'entonnoir xiphoïdien et un geignement à l’expiration.
La surinfection par pneumonie ou bronchite : elle est marquée par une dégradation de l’état général, un crachat de pus ou de sang et la présence de râles crépitants à l’auscultation.
Les convulsions hyperthermiques : liées à la montée de température, elles se manifestent surtout chez l’enfant.
Le développement d’une sinusite à cause des céphalées qui induisent progressivement une douleur des sinus.
L’otite moyenne aigüe : on s'en appercois lorsque le nourrisson est grognon, a de la fièvre, des tympans rouges.
Le risque d’avortement est augmenté chez la femme enceinte grippée, au premier trimestre.
Chez les nourrissons de moins de 6 mois, les personnes de plus de 65 ans, les personnes fragiles, les immunodéprimées ou avec de nombreuses comorbidités ainsi que les femmes enceintes au 3e trimestre, le risque de grippe sévère est très élevé. Cette dernière peut en effet se compliquer par une pneumonie, une bronchite, une sinusite, un asthme, une détresse respiratoire, une myocardite, une péricardite, un infarctus du myocarde, une encéphalopathie, le syndrome de Guillain Barré, le syndrome de Reye, une méningite aseptique, ou une rhabdomyolyse.
Des fois, la bronchite aigüe est confondue avec le rhume ou de nombreuses autres infections de la voie respiratoire.
Le diagnostic de la grippe se fait habituellement par l’observation des signes cliniques présents chez le malade. Toutefois, en cas de doute, il est possible de réaliser des examens plus approfondis. Le plus courant d’entre eux est la recherche d’antigènes viraux intracellulaires par immunofluorescence directe. Le médecin utilisera un prélèvement naso-pharyngé comme échantillon et l’antigène à identifier sera celui d’influenzae A, B ou C.
S’il s’agit d’une grippe légère avec des symptômes faibles, le conseil du pharmacien peut suffire à la soigner. Par contre, s’il y a un doute, il convient de consulter un médecin généraliste pour faire le diagnostic et demander une prescription médicale. En cas de complications, le mieux serait d’aller rejoindre directement les urgences hospitalières ou d’appeler les services d’urgence au 15 ou 112.
Pour atténuer les malaises et inconforts engendrés par la grippe saisonnière, voici quelques astuces efficaces :
Prendre du paracétamol : c’est un antidouleur et antipyrétique de premier choix. Il est idéal pour soulager les sensations de douleurs et de fièvre au cours de la progression de la maladie.
Assurer la réhydratation : il faut boire beaucoup d’eau régulièrement.
Laver le nez avec du sérum physiologique en cas de rhinite.
Se moucher fréquemment pour éliminer les sécrétions.
Sucer des bonbons ou du miel en cas de mal de gorge (ils ont la même efficacité que les sois disant sirop!)
Se tenir à l’écart des fumées.
L’ibuprofène peut être utilisé en option si les douleurs sont intenses, en remplacement ou en complément du paracétamol. Le traitement devra pourtant être court et ne convient pas aux femmes enceintes.
L’emploi de dextrométorphane (TUSSIDANE) est possible si la grippe s’accompagne de toux, mais ce traitement est à éviter en cas d'allaitement.
L’homéopathie à 4 CH et plus est seulement un placebo donc ce n'est pas vraiment approprié.
Certains médicaments sont encore mal évalués pour traiter les symptômes de la grippe, car ils n’ont pas d’efficacité démontrée. Ils sont utilisables mais il ne faut pas en attendre grand chose. Il y a par exemple,
l'acétylcystéine et le carbocistéine.
les antiseptiques locaux comme l’amylmétacrésol (STREPSIL), cétylpyridinium(LYSOPAINE), le chlorhexidine, l’hexetidine (HEXTRIL), et l’héxamédine
Ne pas utiliser ces médicaments
Aspirine : risque de complication dermatologique (syndrome de Reye).
Homéopathie à moins de 4 CH : l'effet placebo comporte des risques allergiques.
Oxomémazine : ce sirop antitussif est non efficace et fait somnoler.
Coxibs, acéclofénac, diclofénac, piroxicam : ces anti-inflammatoires ont trop d’effets indésirables et ne sont pas plus efficaces que les autres anti-inflammatoires.
Solution nasale en spray chez le nourrisson : expose à de fausses routes et un arrêt respiratoire réflexe.
Ipratropium par voie nasale : pas efficace.
Vasoconstricteurs « sympathomimétiques » par voie nasale ou orale (éphédrine, naphazoline, oxymétazoline, phényléphrine alias néosinéphrine, pseudoéphédrine, tuaminoheptane) : exposent à des risques cardiaques trop graves.
Anti histaminiques atropiniques et sédatifs (chlorphénamine, diphénhydramine, mequazine, prométhazine): exposent à de trop nombreux effets indésirables.
Corticoïdes à libération prolongée intramusculaire : effets indésirables généraux.
Dérivés terpéniques (camphre ou manthol) exposent à des convulsions ou confusions.
Pholcodine (sirop antitussif) : expose aux chocs au cours de certaines anesthésies.
Ambroxol et bromhexine : des mucolytiques aux effets placebo au prix de réactions allergiques et cutanées graves.
Pastille à sucer d’anti-inflammatoire : pas d’efficacité, expose aux allergies.
Anesthésiques locaux tels que la lidocaïne ou la tétracaïne : exposent à une fausse route et à un risque de confusions mentales.
Pentoxyvérine : un antitussif aux effets placebo et au prix de troubles cardiaques.
Alpha amylase : effet placebo et exposition aux allergies.
Le meilleur moyen pour traiter la grippe est d’adopter un bon traitement pour diminuer les symptômes. De ce fait, il est inutile de suivre un traitement à base d’antiviral comme l’oséltavimir. Son efficacité est mineure alors qu’il expose à des troubles neurologiques. Les antibiotiques sont également à écarter en l’absence de surinfection.
Une grippe saisonnière est spontanément favorable en quelques jours (moins de 8) chez les patients sans risques particuliers. Sinon faire une prise de sang (NFS, CRP) ou une radiographie pulmonaire pour éliminer les complications et les diagnostics différentiels.
En cas de grippe, il convient d’éviter les récidives et d’empêcher la transmission du virus au risque de créer une épidémie. Pour rappel, la contagion de la grippe saisonnière commence 1 à 4 jours avant le début des symptômes et dure jusqu’à 5 jours après les symptômes. Des règles de conduite doivent alors être instaurées pour éviter la propagation de la maladie :
Lavage des mains au savon en l’absence de gel hydroalcoolique.
Tousser dans le coude lors d’un éternuement ou d’une quinte de toux, et non pas sur ses mains.
Porter un masque de type chirurgical pour bloquer les postillons
Limiter les contacts directs avec les autres personnes et notamment avec les personnes fragiles
Éliminer les mouchoirs, car la persistance du virus peut durer 8 à 12 heures.
Désinfecter les surfaces souillées. La persistance du virus est de 1 à 2 jours sur des surfaces dures.
Agir sur les étiologies et les facteurs de risques
Le vaccin contre la grippe est un excellent moyen pour réduire la vulnérabilité du corps face aux effets de la grippe. Elle est à faire en priorité une fois par an chez les personnes à risque de complications y compris les femmes enceintes. La protection commence 2 semaines après la vaccination. La protection est partielle (environ 50 %) et les effets indésirables graves rares : le syndrome de Guillain Barré survient environ une fois sur un million.
Pour se prémunir de la grippe, il convient également de porter des vêtements chauds et éviter de prendre froid.