Cancer du col de l'utérus
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Le cancer du col de l’utérus est un cancer d’évolution lente. Il est facilement traitable s’il est découvert à temps. Il est également possible de s’en prémunir. Les détails dans la suite de l’article.
Le cancer du col de l’utérus correspond à une prolifération anarchique et incontrôlée de cellules anormales au niveau de la muqueuse du col de l’utérus.
Le cancer du col de l’utérus est généralement lié à une infection prolongée par le virus du papillome humain (VPH). Celui-ci peut se transmettre par un contact sexuel. Si la plupart du temps, le système immunitaire élimine ce virus, il peut parfois s’installer et provoquer des condylomes et un cancer.
Il existe plus de 200 types de VPH dont au moins une douzaine peuvent être responsables de cancer. Parmi eux, il y a les souches 16 et 18 qui sont à l’origine de la majorité des cas de cancer du col utérin. On les appelle VPH à haut risque.
Il faut souligner que l’évolution de la tumeur en cancer dure 10 à 15 ans. La patiente présente une « dysplasie » de col avant que celles-ci ne deviennent cancéreuses.
En fonction de la nature des cellules anormales, on peut distinguer deux principaux types de cancer du col de l’utérus.
Carcinome épidermoïde : on trouve ce type de cancer du col utérin dans 85 % des cas. Il se développe dans le haut du col (muqueuse du col de l’utérus).
Adénocarcinome : celui-ci concerne environ 15 % des cas et se développe dans le bas du col (cellules glandulaires produisant du mucus cervical).
Il s’agit du 11e cancer diagnostiqué chez les femmes : on compte 3 000 cas chaque année.
Le cancer du col de l’utérus peut concerner davantage les femmes :
de 35 à 45 ans
ayant un niveau socio-économique bas ;
ayant fait de multiples grossesses ;
immunodépressives : l’affaiblissement du système immunitaire peut être liée à une prise de médicaments ou à une atteinte par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ;
ayant l’habitude de fumer : le tabagisme augmente le risque de modifications précancéreuses du col de l’utérus, notamment en cas d’infection par VPH.
Certains comportements sexuels peuvent augmenter le risque de contracter une infection au HPV. On parle des femmes qui :
ont plusieurs partenaires sexuels ;
ont eu leur premier rapport sexuel avant l’âge de 17 ans ;
suivent un traitement par contraception oestroprogestative (lié au médicament ou à l’absence de préservatif) ;
ne pratiquent pas de dépistage par frottis cervical.
Le cancer du col de l’utérus peut être asymptomatique ou symptomatique. S’il est asymptomatique, il est souvent découvert sur un frottis de contrôle. Dans le cas contraire, il est découvert par les signes suivants :
saignement vaginal de sang rouge, souvent provoquée par les rapports sexuels ;
douleurs dans le bas du ventre et le bas du dos ;
douleur pendant les rapports sexuels ;
leucorrhées (abondance, odeur ou couleur forte ou inhabituelle des pertes vaginales).
Certaines femmes présentent également des signes fonctionnels urinaires et de l’épreintes (douleur abdominale).
Les signes apparaissent le plus souvent à un stade précoce. À un stade avancé, ceux-ci peuvent être plus graves selon les tissus et les organes affectés.
Lors d’un toucher vaginal, on découvre un col ou un cul-de-sac saignant. Il peut être douloureux, moins mobile et dur.
A l'examen de l'utérus par le spéculum, on peut remarquer une lésion ulcérée ou bourgeonnante au col ou cul-de-sac, avec du sang rouge ou blanchâtre.
On peut aussi découvrir des adénopathies inguinales: ce sont des ganglions localisés au niveau de l’aine.
Les bilans de confirmation
Le frottis cervico-vaginal ou la biopsie seule ne suffit pas pour confirmer le diagnostic d’un cancer du col utérin. Il faudra faire ce qu'on appelle une conisation diagnostique. Elle consiste à enlever chirurgicalement une partie du col de l’utérus en vue d’un examen plus approfondi. Dans 85 % des cas on découvre un cancer épidermoïde, et dans 15% un adénocarcinome.
Les bilans d’extension
Examen gynécologique et biopsie
Si l’examen est difficile ou si la tumeur est volumineuse, on recommande un examen gynécologique sous anesthésie générale avec une l'introduction de caméra dans la vessie ou le rectum associée à une biopsie de l’endomètre.
L’examen gynécologique par les différents intervenants aboutit à la stadification et la schématisation des lésions.
L'imagerie
Pour évaluer l’étendue d’un cancer du col utérin, on recommande également des examens d’imagerie.
Une IRM pelvienne et lombo-aortique (bilan local et régional). L'IRM lombo-aortique peut être remplacée par un scanner abdominal selon les disponibilités locales.
PET-scanner (ou TEP-scanner, tomographie par émission de positons) : à faire à partir du stade IB3 ou s’il y a un doute pour voir si le cancer s’est propagé aux ganglions lymphatiques proches du col de l’utérus ou d’autres zones du corps. Elle peut aussi être proposée en option pour les stades IB2. Il peut être remplacé par un scanner thoracique.
Scanner thoracico-abdomino-pelvien: il peut être réalisé pour le stade IB1.
Un curage lombo-aortique
Un curage lombo-aortique par abord mini invasif peut être proposé pour stadifier le statut ganglionnaire dans les cas où une atteinte pelvienne est décrite au PET-Scan, sans atteinte lombo-aortique.
Les marqueurs tumoraux
On dispose de deux marqueurs tumoraux dans le cadre d’un cancer cervical de l’utérus :
SCC: marqueur du cancer épidermoïde ;
ACE: marqueur de l’adénocarcinome.
La classification
Selon la taille, la localisation et l’extension locale ou à distance, voici les différents stades du cancer du col utérin.
Stade 0: tumeur intraépithéliale de bas ou haut grade.
Stade 1: le cancer strictement localisé au niveau du col. Il peut être :
A: microscopique ;
B: macroscopique.
Stade 2: le cancer est étendu au-delà du col utérin, mais n’atteint pas la paroi pelvienne ni le tiers inférieur du vagin.
Stade 3: le cancer s’est propagé jusqu’à la paroi pelvienne et/ou au tiers inférieur du vagin (on peut apprécier une hydronéphrose ou dilatation du rein et des voies urinaires par un reflux d’urine).
Stade 4: le cancer est étendu au-delà du petit bassin ou à la muqueuse vésicale et/ou rectale.
En cas de cancer du col de l’utérus, consulter :
un médecin généraliste pour le dépistage ;
un gynécologue pour le diagnostic et le traitement.
Une réunion de concertation pluridisciplinaire sera indispensable (oncologues etc).
Les traitements symptomatiques de ce cancer gynécologique peuvent varier au cas par cas. Mais en général, les médecins prescrivent du paracétamol en premier lieu. En second lieu, ils peuvent proposer de la morphine, du tramadol ou de la codéine. En ce qui concerne les anti-inflammatoires non stéroïdiens, ils sont déconseillés car ils peuvent accentuer les saignements.
Selon le stade du cancer, différents traitements peuvent être proposés au décours de la réunion de concertation pluridiciplinaire.
La cryothérapie
Le froid brûle les lésions au niveau du col utérin (comme dans le traitement des verrues).
L’électrochirurgie (ou bistouri électrique)
Un courant électrique est appliqué sur la lésion pour la détruire ou l’enlever.
La chirurgie au laser
Un rayon lumineux fortement chargé en énergie est utilisé comme un scalpel.
La conisation
Cette technique consiste à enlever la lésion (ou la tumeur si elle est petite) en prélevant un fragment de col en forme de cône. La conisation est préférée aux autres techniques lorsque la lésion est un peu étendue.
La trachélectomie
Elle consiste à enlever le col de l’utérus et à connecter directement le reste de l’utérus avec le vagin. Cette technique est réservée aux cancers limités au col ou aux patientes qui souhaitent avoir un ou des enfants après la chirurgie. Ainsi, une fois enceinte, un cerclage est posé pour fermer l’utérus et empêcher une fausse-couche. La naissance se fait donc par césarienne. Quant au cerclage, il est enlevé après la naissance de l’enfant.
Lorsque le chirurgien doit également enlever la partie supérieure du vagin et les ganglions lymphatiques locaux, on parle d’une « trachélectomie élargie ».
L’hystérectomie
Elle consiste à enlever complètement l’utérus (avec le col). Elle est pratiquée lorsque la tumeur est trop volumineuse pour faire une conisation et lorsque la patiente ne souhaite plus avoir d’enfant. Lorsque le chirurgien enlève également les ganglions, on parle d’« hystérectomie élargie ». Si la partie haute du vagin doit également être enlevée, on parle de « colpohystérectomie élargie ».
La radiothérapie externe
Cette technique utilise un appareil qui émet un faisceau de radiation à travers la peau.
La curiethérapie
C’est une radiothérapie via une sonde insérée dans le vagin. Elle peut être pratiquée avant ou après la chirurgie.
La chimiothérapie
En général, elle se fait en quatre à six séances de perfusion intraveineuse espacées de trois semaines. La chimiothérapie dure donc entre trois et six mois. Le choix des médicaments utilisés dépend des caractéristiques de la tumeur.
Face aux éventuelles complications du cancer, il est conseillé de préserver les gamètes en vue d’une fécondation extra utérine.
Les traitements du cancer du col peuvent présenter des effets secondaires. Ils peuvent durer plusieurs semaines ou quelques mois. Plus rarement, les effets indésirables persistent pendant de nombreuses années ou même de façon permanente.
Une consultation régulière avec un frottis tous les 6 mois est recommandée pour surveiller l’évolution du cancer. Il faudra parfois aussi faire une IRM tous les ans.
Le cancer du col de l’utérus présente un taux de survie à 5 ans de 93% au stade 1, et de 35% au stade 4. En général, plus il est diagnostiqué et traités tôt, meilleurs sont les résultats. La plupart des cancers du col utérin à un stade précoce ont un bon pronostic avec un taux de survie élevé. Doctolike est là pour vous aider.
Pour prévenir le cancer du col de l’utérus, il faut lutter contre le HPV. La vaccination est recommandée pour les garçons et les filles à partir de 11 ans, avant une exposition au virus. Selon l’âge, les vaccins contre le VPH sont administrés en une série de 2 à 3 injections sur 6 à 12 mois. Le GARDASIl 9 est plus performant que le CERVARIX.
Faire un frottis cervico-vaginal tous les cinq ans chez les personnes sexuellement actives ou celles qui présentent un facteur de risque élevé.
Pour réduire les risques de propagation du VPH pendant les rapports sexuels, utiliser un préservatif. Dans la lutte contre les facteurs de risque du cancer du col utérin, il est aussi conseillé d’arrêter le tabac.