La luxation de la rotule est une affection douloureuse du genou facilement traitable à condition que la prise en charge soit effectuée à temps. Le traitement peut être conservateur ou chirurgical selon la situation. Découvrez tout sur cette pathologie.
La luxation se définit par le déplacement de l’os en dehors de la zone de fonction normale.
La rotule, aussi appelée patella, est un os plat, de forme triangulaire, qui se situe dans la partie antérieure du genou.
On désigne par luxation de rotule le déplacement exagéré de la patella. Cette dernière se déplace généralement vers la partie latérale du membre inférieur.
La rotule s’insère dans le fémur, au niveau d’une petite cavité creuse en forme de V qu’on appelle la trochlée.
Faisant partie de l’articulation du genou, cet os se rattache au tendon du muscle quadriceps du fémur et au tendon rotulien qui la relie au tibia.
Pour rester centrée à l’intérieur de la trochlée fémorale, la rotule est maintenue par le ligament Fémoro Patellaire Médial.
Lors de la flexion du genou, il y a traction de la rotule vers l’extérieur à cause du muscle quadriceps. Les éléments qui s’opposent sont la trochlée fémorale et l’aileron patellaire médial.
Toutefois, en présence de certaines situations ou anomalies, il peut arriver que la rotule devienne instable et se luxe facilement. Ces principaux facteurs de risque comprennent :
une hyperlaxité ligamentaire ;
une rotule haute, trop en dehors, plate, basculante ;
une trochlée fémorale plate ;
un genu valgum, alias genoux en X.
La luxation de rotule concerne autant les hommes que les femmes. Les personnes âgées entre 12 à 45 ans sont les plus touchées. On observe un pic de fréquence chez les jeunes filles entre 15 et 20 ans.
La luxation de la rotule se manifeste généralement par un déboîtement lors du sport. Celui-ci est souvent externe.
Le patient ressent ensuite une douleur au genou qui s’accompagne d’une incapacité à utiliser le genou.
Pour poser le diagnostic de la luxation de la rotule, le praticien commence toujours par un examen clinique.
Il inspecte le genou douloureux et constate une rotule déboîté en dehors. Le genou est légèrement fléchi à un angle d’environ 20 °.
À la palpation, une douleur se déclenche au niveau de l’aileron rotulien interne et sur la trochlée fémorale externe.
On peut utiliser la manœuvre de Smile pour confirmer l’instabilité de la rotule. Pour ce faire, il exerce une pression sur le bord interne de la rotule, le genou en flexion légère. En cas de luxation de la rotule, le patient ressent de la douleur au moment du test ce qui indique un résultat positif.
La luxation de la rotule est dite compliquée lorsqu’elle apparaît pour un traumatisme mineur (genou pathologique) ou en cas d’apparition d’œdème de genou et des signes du glaçon positif (lorsqu’on appuie le centre de la rotule, elle s’enfonce dans la trochlée fémorale et remonte au relâchement de la pression). Ces deux derniers signes peuvent indiquer la présence de sang dans l'articulation.
Afin de compléter et confirmer le diagnostic, le médecin recommande généralement des examens d’imageries spécifiques comme :
la radiographie de face en charge, de profil, et un défilé fémoro-patellaire 30 ° pour rechercher l’existence de lésions d'os ou de cartilage rotulien, et de lésions de la trochlée fémorale ;
un scanner ou une IRM s’il y a des complications ;
et un arthroscanner. C'est un scanner dans lequel on injecte un produit de contraste à l'intérieur d'une articulation.
Dès l’apparition de l’accident, il faut passer immédiatement à la réduction de la luxation. Cela consiste à mettre le genou en extension douce, en appliquant une contrainte interne à la rotule. De cette manière, la rotule pourra reprendre sa place normale.
Si le patient en est capable, il peut lui-même effectuer la réduction de la luxation. Mais, dans le cas contraire, il faut consulter un médecin.
Tous les professionnels de santé de la ville peuvent orienter et conseiller le patient qui souffre de luxation de la rotule.
Pour le diagnostic, vous pouvez consulter un médecin généraliste. Il peut également réduire la luxation s’il s’en sent capable.
Si le médecin de ville n’est pas disponible ou n’est pas apte à réduire la luxation, dirigez directement aux urgences.
Et pour les cas sévères ou compliqués, un chirurgien orthopédique peut donner un avis spécialisé.
Pour calmer la douleur, il faut prendre un anti douleur comme le paracétamol. Il faut aussi appliquer de la glace sur le genou sans oublier de faire un repos.
En cas de gonflement du genou avec épanchement de synovie, il faut réaliser une ponction du liquide articulaire.
Si la douleur est intense, vous pouvez utiliser un anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme :
les AINS locaux : effets modestes et fugaces ;
les AINS par voie orale : ibuprofène ou naproxène.
Dans la mesure où ces médicaments ne parviennent pas à vous soulager, il reste en dernier recours la morphine, la codéine et le tramadol.
Quant aux médicaments suivants, il faut les écarter :
Coxibs, acéclofénac, diclofénac, piroxicam: ce sont des anti-inflammatoires avec trop d’effets indésirables et pas plus efficaces ;
kétoprofène : utilisé par voie orale, ce médicament engendre des effets indésirables digestifs. Utilisé en gel, il a plus d’effets indésirables par rapport aux autres AINS.
Le traitement de première intention de la luxation de la rotule correspond à la réduction de la luxation sous antidouleurs.
En l'absence de rupture d'un fragment d'os : on fera le traitement orthopédique. Il repose sur l’immobilisation du genou, en extension pendant 4 à 6 semaines. Cela se fait grâce à un appareil plâtré ou une attelle amovible cruro-jambière.
En derniers recours, on aura recours à la chirurgie. Elle est indiquée en cas de récidive de la luxation ou de lésions des ligaments, ou du cartilage.
L’acte chirurgical s’effectue sous arthroscopie.
Selon les cas, il existe différents types de techniques opératoires.
La transposition tubérosité tibiale antérieure ou TTA : c’est une opération qui vise à stabiliser la rotule. Elle dure une heure.
La plastie ailerons rotuliens : elle permet de recentrer la rotule dans la cavité trochléenne.
La plastie trochléenne (trochléoplastie) : elle consiste à redonner de la forme à la trochlée.
L’hospitalisation dure environ 2 à 4 jours après la chirurgie.
En général, il faut qu’un chirurgien orthopédique effectue une réévaluation de l’état du patient et du genou 8 jours après le traumatisme.
Pour prévenir les complications comme la raideur, diverses solutions sont possibles :
kinésithérapie dès la réduction des phénomènes algiques (environ dans la troisième semaine) ;
remobilisation du genou ;
renforcement du quadriceps ;
marche avec appui, mais sous couvert de béquilles ou d’attelle (surtout au début).
Pour le traitement par attelle, l’évolution est favorable dans la majorité des cas, surtout en l’absence d’anomalies anatomiques.
Si l’évolution est défavorable, on parle d’instabilité rotulienne. Elle se manifeste soit par une sensation de dérobement ce qui nécessite un renforcement kinésithérapeutique, soit par des luxations à répétition. Ce dernier cas requiert un avis chirurgical.
Lorsqu'il y a une opération, la reprise du sport se fait après 6 mois de l’opération.