Hallux rigidus
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L’hallux rigidus est une arthrose du gros orteil qui handicape de nombreuses personnes. Cet article vous éclaire sur ce que c’est exactement cette pathologie, comment la reconnaître et que faire pour la traiter.
Quand on parle d’hallux, cela fait référence au gros orteil dans le jargon médical. L’hallux rigidus, aussi connu sous le nom d’arthrose du gros orteil, qui est une maladie dégénérative de l’articulation du gros orteil.
Anatomiquement, l’hallux (donc le gros doigt de pied), est composé de 3 os : d’un métatarse suivi de deux phalanges. Le cartilage au niveau de ces articulations leur permet de glisser normalement et de façon indolore en limitant les frottements. Il réduit et répartit les différentes pressions soumises aux os.
Dans le cas de l’hallux rigidus, le cartilage disparaît progressivement. Cela favorise les frottements des os entre eux au niveau des surfaces articulaires. Le gros orteil s’enraidit et se déforme.
Au final, il se produit une formation d’excroissances osseuses et à l'inverse d'érosions sur l’articulation. Cela donne son aspect irrégulier. Pour l’instant, la cause de l’usure du cartilage demeure inconnue.
L’arthrose du gros orteil peut être causée par des microtraumatismes répétés. Tel est le cas, par exemple, lors de la pratique de sports de façon intensive comme la danse, le football ou encore les courses à pied. Le port de talons hauts ou de chaussures étroites peut également favoriser cette maladie.
La forme du pied elle-même peut jouer un rôle dans l'apparition de la maladie. En effet, les pieds égyptiens, c’est-à-dire avec le gros orteil plus long, ont plus de risque de contracter l’hallux rigidus.
Les effets de l’hallux rigidus se caractérisent par des douleurs précisément sur les articulations du gros orteil, en particulier lors des mouvements. Il devient de plus en plus difficile de marcher sans provoquer de douleur sur le gros orteil. Le patient aura tendance à marcher sur le côté externe du pied pour éviter de subir une pression.
Le praticien constatera la déformation articulaire et vérifiera également la mobilité de l’articulation en effectuant des mouvements de flexion et d'extension.
Parfois, des complications apparaissent. Une plage de peau dure peut apparaître à cause des frottements des pieds aux chaussures et de la pression soumise sur le bord externe dans le but d’éviter de prendre appui sur le gros orteil. C'est le durillon.
La radiographie du pied permet de faire le diagnostic d'hallux rigidus. Les clichés se font par vue de face et de profil du pied et confirment la disparition de la surface cartilagineuse. Les os se touchent directement. Les excroissances et érosions osseuses sont également visibles. À un stade avancé, les clichés radiographiques peuvent même mettre en évidence la densification de l’os au niveau de l’articulation. Pour plus de précision, le médecin peut réaliser un scanner ou une IRM et une scintigraphie.
Les professionnels de santé de ville vont orienter et conseiller le patient. Le médecin généraliste diagnostique l’hallux rigidus. Le rhumatologue aura un avis médical spécialisé si nécessaire. Le chirurgien orthopédique se chargera de donner son avis chirurgical si le patient veut avoir recours à la chirurgie.
En première ligne, la prise de paracétamol aide à atténuer la douleur, accompagnée du port de semelle orthopédique. Cela suffit généralement à stopper l’aggravation de la douleur.
Si la douleur ne s’estompe pas, les anti-inflammatoires non stéroïdien peuvent aider. Les anti-inflammatoires locaux ont des effets modestes et fugaces. Les anti-inflammatoires par voie orale sont plus efficaces. Il est préférable d’opter pour l’ibuprofène ou le naproxène, ce sont les meilleurs.
En dernier lieu, si la douleur persiste, les corticoïdes en injection, la morphine, la codéine et le tramadol seront proposés.
Attention, il est important d’écarter certains médicaments.
Les coxibs, l’acéclofénac, le diclofénac et le piroxicam sont des anti-inflammatoires avec trop d’effets indésirables, mais ne sont pas plus efficaces.
Les kétoprofènes: administrés par voie orale, ils apportent des effets indésirables digestifs. La forme en gel est encore plus nocive que les autres anti inflammatoires.
Les insaponifiables d’avocat et de soja n’apportent que des effets nocifs.
L’harpagophyton alias griffe du diable est une plante africaine dont la racine est utilisée pour soulager les douleurs articulaires mineures. Elle n’apporte que des effets indésirables.
Il vaut mieux débuter par un traitement uniquement médical. Celui-ci a pour but de diminuer la douleur le plus possible. Il n’empêche pas le développement de l’arthrose mais peut suffire.
Si l’état de l’orteil se dégrade et que la douleur persiste, il est nécessaire d’envisager la chirurgie. S’il s’agit d’une arthrose modérée, le chirurgien procédera par une arthrolyse. Cela vise à nettoyer l'articulation en quelques sorte. Une ostéotomie peut s'avérer nécessaire pour sectionner des os afin de favoriser la mobilité. Le patient portera des chaussures spécialisées pendant 1 mois et demi.
Dans le cas d’une arthrose plus évoluée, le port d’une prothèse d'oreteil (métatarso-phalangienne) est envisageable pour arrêter la douleur et conserver la mobilité de l’articulation. Cette méthode requiert une intervention chirurgicale plus compliquée dont les résultats sont incertains sur le long terme.
Si ces méthodes échouent, le chirurgien peut envisager une arthrodèse ou une opération définitive. Elle vise à bloquer l’articulation en plaçant des vis. L’opération est simple et peut être effectuée directement à partir de la peau. Même après le blocage de l’articulation, le patient pourra toujours marcher normalement et même faire du sport.
Normalement, la douleur diminue suite à l’opération. Le patient pourra marcher avec des chaussures spécialisées dès le premier jour.
Le patient pourra reprendre le travail au bout de 4 semaines. La pratique d’activités sportives se fera à partir de 2 à 3 mois suivants l’intervention.
Afin de prévenir l’arthrose du gros orteil, il est important de réduire au maximum les microtraumatismes ainsi que les pressions au niveau de l’hallux. Le port de chaussure large est particulièrement recommandé pour privilégier le confort