Sinusite
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La sinusite est une maladie caractérisée par l’inflammation des cavités autour du nez. Elle peut être favorisée par un rhume ou une allergie. Dans cet article, nous allons faire le point sur cette maladie : diagnostic, symptômes, traitements et préventions.
La sinusite désigne une inflammation des muqueuses qui tapissent l’intérieur des sinus.
Les sinus sont des cavités osseuses remplies d’air situé dans le visage et le crâne. Ils communiquent avec le nez.
On distingue quatre types de sinus :
les sinus frontaux (sous le front) ;
les sinus maxillaires (sous les pommettes) ;
les sinus sphénoïdaux (en arrière des yeux) ;
les sinus ethmoïdaux (entre les yeux).
Les sinus se développent progressivement au cours de l’enfance. Seuls les sinus ethmoïdaux sont présents dès la naissance. Les sinus maxillaires apparaissent après l’âge de 3 ans, les frontaux entre 5 et 10 ans et les sphénoïdaux au cours de la puberté.
L’inflammation des sinus est le plus souvent d’origine virale. Mais parfois, elle conduit à une surinfection bactérienne. Les bactéries les plus souvent responsables sont Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae et Moraxella catarrhalis.
À la suite d’une infection virale ou bactérienne, la muqueuse des sinus s’irrite, puis se gonfle. Ces réactions provoquent une accumulation de mucus au sein des sinus, ce qui les bouche.
Lorsque cette inflammation est associée à un rhume, on parle de rhinosinusite.
La transmission s’effectue soit par voie aérienne où le sujet envoie des microgouttellettes contaminées dans l’air, soit par contact avec des objets infectés (poignée de main ou de porte).
Les symptômes apparaissent après 2 à 3 jours d’incubation et deviennent encore plus forts pendant les 2 ou 3 jours qui suivent.
Favorisée par le froid et l’humidité, la sinusite apparaît surtout en automne et en hiver. À cause de la forte contagion, les personnes en collectivités sont à risque de la contracter. On estime qu’une épidémie de sinusite se produit en moyenne 3 fois par an.
La sinusite est une infection très fréquente. Des études révèlent qu’elle touche 10 à 15 % de la population mondiale (enfants et adultes).
La sinusite maxillaire touche les enfants plus de 3 ans, la sinusite frontale et sphénoïdale touche les plus de 10 ans. Quant à la sinusite ethmoïdale, elle peut atteindre à la fois les enfants et les adultes.
Les symptômes
La personne qui souffre de la sinusite ressent de la fatigue, mais elle n’a pas de fièvre élevée (seulement une température peu élevée).
Les symptômes les plus courants sont ceux de la sinusite maxillaire :
écoulement vert, jaune (mucopurulent) ou blanc du nez, des deux côtés ;
obstruction nasale ;
gène pharyngé à la déglutition ;
ronflement ;
éternuement ou toux ;
trouble de l’odorat ;
pesanteur ou pulsation ou douleurs faciales à la position penchée en avant ;
irradiation dentaire ;
oreilles pleines ;
mauvaise haleine ;
toux grasse ;
parfois, œdème périorbitaire, voire photophobie.
Mise à part à les signes ressentis par le patients, il y a très peu de signes cliniques qui attestent d'une sinusite.
La température du patient reste souvent à la normale ou est légèrement élevée (inférieure à 38,5°).
Lors de la consultation, on observe tout au plus un filet de sécrétion qui descend du nez (jetage postérieur).
Du pus sous le cornet moyen peut également observés à la nasofibroscopie si le médecin possède cet instrument.
En cas d’absence de traitement ou si l’infection ne guérit pas naturellement, diverses complications peuvent survenir.
Sinusite d’allure bactérienne (2 %)
Les symptômes persistent au-delà de 10 jours ou s’aggravent après une phase d’amélioration initiale.
Fièvre supérieure à 39 °C pendant 3 jours.
Écoulement d’emblée purulent ou unilatéral.
Douleur unilatérale.
Association aux polypes des fosses nasales.
Déviation de la paroi nasale…
Sinusite ethmoïdale
Fièvre plus de 39 °C.
Asthénie intense (fatigue).
Œdème palpébral.
Exophtalmie.
Céphalées.
Douleur latéro-orbitaire interne.
Sinusite frontale
Fièvre élevée.
Céphalées.
Douleur sus-orbitaire souvent pulsatile.
Écoulement nasal par une narine.
Sinusite sphénoïdale (rare, traiter par antibiotique)
Douleur tenace, profonde, nocturne, insomniante, rétro-orbitaire, irradiant vers le vertex ou la région occipitale, rebelles aux antalgiques habituels.
Abcès, méningite purulente, cellulite, ostéomyélite
Troubles de la conscience.
Forte fièvre.
Douleurs mal calmées par les antalgiques.
C'est une urgence.
Thrombophlébite du sinus caverneux, sinusite ethmoïdale (urgence)
Céphalées rétro-orbitaires et frontales.
Forte fièvre.
Œdème palpébral.
Paralysie oculaire (vision double).
Trouble de la conscience.
C'est une urgence.
Au besoin, une radiographie permet de confirmer le diagnostic de la sinusite maxillaire. Ainsi, on utilise l’incidence de Blondeau. Elle montre sur les clichés la présence d’un niveau hydroaérique.
Une radiographie panoramique dentaire permet également de confirmer le diagnostic si on suspecte une sinusite d’origine dentaire.
En cas de suspicion de sinusite ethmoïdale, sphénoïdale ou frontale, un scanner des sinus sera effectué.
En l’absence de complication, un conseil chez le pharmacien est tout à fait suffisant. Toutefois, il est toujours prudent de consulter un médecin généraliste. Il va faire le diagnostic et prescrire les traitements nécessaires. En cas de complications, il adressera chez un ORL.
Pour soulager les symptômes, le paracétamol est l’antidouleur et l’antipyrétique de premier choix.
Quelques mesures sont aussi à appliquer :
s’hydrater régulièrement ;
laver le nez avec du sérum physiologique en cas de rhinite ;
se moucher fréquemment pour éliminer les sécrétions ;
sucer des bonbons ou du miel en cas de maux de gorge ;
éviter les voyages en avion (les sinus bouchés ne peuvent pas supporter la pression interne, ce qui entraîne des douleurs intenses) ;
éviter les baignades.
Le dextrométorphane peut être utilisé si le patient a une toux (sauf chez les femmes allaitantes).
Les médicaments suivants ont des bénéfices incertains sur la sinusite, ils ne seront utilisés qu'en l'absence d'alernative :
Ibuprofène : il doit être utilisé avec précaution, car il peut aggraver une infection bactérienne. Il est déconseillé pour les femmes enceintes.
Corticoïdes par voie orale : si on n’est pas sûr du diagnostic, il ne faut pas l’utiliser. Il faut utiliser une posologie faible : 7,5 à 15 mg par jour.
Antiseptiques : elle n’a pas d’efficacité démontrée. Il en est de même pour l’inhalation d’air chaud et humide.
Acétylcystéine et carbocystéine : ce sont des fluidifiants bronchiques sans efficacité démontrée. Ils peuvent occasionner des réactions allergiques graves.
Amylmétacrésol, cétylpyridinium, chlorhexidine, hexidinen, hémamédine : ce sont des antiseptiques par voie buccale qui n’ont pas d’efficacité démontrée également.
Faites attention à leur utilisation.
En cas d’échec avec ces traitements, il faut penser à une sinuscopie pour rechercher une étiologie.
Par ailleurs, il faut éviter les médicaments suivants :
Aspirine : elle augmente le risque de complication dermatologique (syndrome de Reye).
Homéopathie à moins de 4 CH : elle peut provoquer des effets placebo et des risques allergiques.
Coxibiz, acéclofénac, diclofénac, piroxicam : il s’agit des antiinflammatoires avec trop d’effets indésirables et qui n’ont pas plus d’efficacité que les autres antiinflammatoires.
Solutions nasales en spray : chez les nourrissons, une fausse route peut survenir, ce qui expose à un arrêt respiratoire.
Ipratropium par voie nasale : il n’a pas d’efficacité.
Vasoconstricteurs « sympathomimétiques » par voie nasale ou orale (éphédrine, naphazoline, oxymétazoline, phényléphrine alias néosynéphrine, pseudoéphédrine, tuaminoheptane) : ils exposent à des risques cardiaques trop graves.
Antihistaminiques atropiniques et sédatifs (chlorphéniramine, diphénydramine, méquitazine, prométhazine), oxomémazine : ils exposent à de nombreux effets indésirables.
Corticoïdes à libération prolongée intramusculaire : ils provoquent des effets indésirables également.
Huiles essentielles de camphre ou menthol (dérivés terpéniques) : elles exposent à des convulsions ou des confusions.
Pholcodine : c’est un sirop antitussif. Il expose aux chocs au cours de certaines anesthésies.
Péntoxyvérine : c’est également un antitussif qui expose à des troubles cardiaques.
Pastilles à sucer d’antiinflammatoire : elles n’ont pas d’efficacité et exposant aux allergies.
Anesthésiques locaux tels que la lidocaïne ou la tétracaïne : ils exposent à de fausses routes avec risque de convulsion.
Ambroxol et bromhexine : ce sont des mucolytiques aux effets placebo au prix des réactions allergiques et cutanées graves.
Alpha-amylase : elle a un effet placebo et expose aux allergies.
Les symptômes de la sinusite disparaissent spontanément en 1 à 2 semaines après le début du traitement, qu’elle soit d’origine virale ou bactérienne.
Pour prévenir la sinusite, il faudra appliquer les gestes de barrière afin de limiter le risque de contamination par les virus et les bactéries (Streptococcus pneumoniae, Haemophilus infuenzae, Moeaxella carrhalis). Il est indispensable de maintenir une bonne hygiène en se lavant les mains régulièrement ou utilisant un gel hydroalcoolique. Il faut également nettoyer les objets et les surfaces souillés par les projections.
Il est important de limiter les contacts directs avec les personnes saines et de se débarrasser des mouchoirs usagés.
Lorsque d'un éternuement, il faut le faire dans le coude et non pas sur les mains.
Il faut porter un masque de protection et arrêter l’exposition au tabac.
Éviter les facteurs de risque permet aussi de prévenir la sinusite. En voici quelques uns :
Irritation par le chlore des piscines.
Traiter une rhinite : c’est la cause la plus fréquente de la sinusite ; elle est parfois d’origine allergique.
Asthme en particulier la triade de Widal.
Mucoviscidose.
Caractère unilatéral comme la pathologie dentaire.
Polypes : il s’agit d’une tumeur intestinale.
Déviation de cloison nasale.
Pollution de l’air.
Cocaïne.
Si la sinusite n'est pas guérie en 12 semaine, ou si elle revient plus de 3 fois par an, il s'agit d'une sinusite chronique.
Il faut s'acharner à trouver un irritant (allergie) ou demander un avis ORL pour une chirurgie.