Syndrome fémoropatellaire
Fiche maladie Images Ordonnances
Le syndrome fémoro-patellaire est une atteinte du cartilage qui peut entraîner des douleurs au niveau du genou et une gêne en position accroupie. C’est la cause la plus fréquente de consultations pour douleurs du genou chez les adolescents. Diagnostic, symptômes, traitements… nous allons faire le point sur le syndrome fémoro-patellaire.
Le syndrome fémoro-patellaire ou chondropathie rotulienne ou encore, syndrome chondrorotulien est une affection douloureuse du genou. Elle correspond à une dysfonction du cartilage articulaire fémoro-patellaire qui se situe au niveau de la jonction entre le fémur et la patella (la rotule).
Le syndrome fémoro-patellaire résulte souvent de la mise en pression de la patella (le genou) sur la trochée fémorale au cours de certains mouvements, notamment lors des entraînements sportifs trop intensifs et répétitifs.
Dans certains cas, elle peut s’associer à un mauvais cheminement de la rotule.
Et, en ce qui concerne les facteurs de risques, plusieurs éléments sont à prendre en compte :
le sport ;
une malposition rotulienne ;
un traumatisme sur la patella ;
une hypertrophie du quadriceps, déséquilibre entre quadriceps et ischio-jambier ;
un genu varum (déviation des genoux vers l’extérieur) ou valgum (déviation des genoux vers l’intérieur) ;
des anomalies d’appui plantaire.
Le syndrome fémoro-patellaire touche majoritairement les adolescents féminins âgés entre 15 et 30 ans.
Le syndrome fémoro-patellaire se manifeste principalement par une douleur d’intensité variable, au niveau de l’un ou des deux genoux. Elle se concentre surtout sur la face antérieure en cercle autour de la rotule, et sur la face postérieure dans le creux poplité.
Il faut savoir que c’est une douleur à la fois chronique et insidieuse. Elle se manifeste 10 minutes après le début de l’activité et cesse quelques heures après sa fin, avec une évolution variable. Elle s’accentue également à la montée et à la descente des escaliers, en position statique debout, assise (signe du cinéma), ou accroupie, lors d’une course à pied, lors d’un saut et pendant la pratique du vélo.
D’autres symptômes apparaissent aussi :
des craquements ;
un dérobement du genou ;
un pseudo blocage en extension et fugace à la marche ;
l’absence de déboîtement.
À l’inspection, on remarque un genu valgum ou une déformation du membre inférieur, autrement dit, une baïonnette externe de la tubérosité tibiale antérieure.
À la palpation, le patient ressent une douleur au niveau des facettes de la patellaire. Il s’agit d’une douleur à la manœuvre de Saillant. Il n’existe pas de limitation d’amplitude articulaire, ni d’épanchement.
Parfois, le syndrome fémoro-patellaire est confondu avec d’autres pathologies du genou.
Afin de confirmer le diagnostic du syndrome fémoro-patellaire, un bilan radiographique du genou est pratiquement nécessaire. Les radiographies se font sur la face en charge, le profil et en défilé fémoro-patellaire à 30 °.
Cet examen utilise l’index de Savalti pour observer la forme et la position de la rotule du patient. Il permet également d’éliminer les diagnostics différentiels.
Un examen par imagerie (IRM) ou par un scanner (arthroscanner) peut également être une option pour voir de près l’état de l’articulation.
Le médecin généraliste est en première ligne pour effectuer le diagnostic et obtenir les traitements adéquats. S'il a un doute, il orientera vers un rhumatologie ou un chirurgien orthopédique. Le pharmacien délivrera les conseil et pourra orienter si besoin.
Pour soulager les douleurs provoquées par cette pathologie, le repos est nécessaire. Il faut diminuer, voire arrêter les sports à risque. En revanche, la natation et le vélo sont autorisés.
Vous pouvez également effectuer un taping rotulien. Il consiste à appliquer sur la peau des bandes adhésives de façon à modifier la position de la rotule. Son action diminue sa rotation et son glissement latéral lors des activités. Cette technique entraîne un soulagement immédiat et prouvé pour le patient. Toutefois, elle est à poser par un professionnel expérimenté.
Par ailleurs, il est aussi possible d’appliquer un glaçage au niveau du genou ou de prendre du paracétamol.
Le naproxène ou l’ibuprofène quant à eux sont des anti-inflammatoires utilisés empiriquement.
Dans le cadre de soulagement des symptômes du syndrome fémoro-patellaire, les techniques suivantes ont des bénéfices incertains :
infiltration ;
orthèse plantaire (alias semelles orthopédiques) : elle pourrait soulager les douleurs, mais à court terme (6 semaines, pas de preuve au-delà) ;
orthèse de genou (pas d’effet sur la douleur) ;
chirurgie (beaucoup d’incertitudes). Elle est à pratiquer en ultime recours.
Pour le traitement de la chondropathie rotulienne, la kinésithérapie entre en première intention. Elle permet le renforcement isométrique du quadriceps sans faire souffrir le cartilage. La thérapie regroupe des exercices d’étirement musculaire ainsi que des rééquilibrages musculaires.
Les douleurs au niveau du genou disparaissent au bout de 3 mois chez 50 % des patients. Or, chez les 50 % restantes, une persistance peut encore exister après un an. Il faut noter que le syndrome fémoro-patellaire n’a rien à voir avec l’arthrose.