Infarctus du myocarde
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La crise cardiaque (alias infarctus du myocarde), est l’une des maladies cardiovasculaires les plus redoutés de nos jours. Très dangereuse, elle peut évoluer très vite et mener au décès du patient. Pour éloigner tout risque, il convient de repérer les signes dès le début et agir le plus tôt possible. Découvrez tout ce qu’il y a à connaître sur cette pathologie dans l’article.
L’infarctus est un terme médical que l’on utilise pour désigner une mort tissulaire (il est synonyme de nécrose). Un infarctus est lié à la diminution ou l’arrêt de l’apport sanguin dans la zone où elle se situe. On parle aussi d’ischémie tissulaire.
Cette pathologie peut toucher différents organes comme le poumon (infarctus pulmonaire), l’intestin (infarctus mésentérique), le cerveau (infarctus cérébral) et le cœur (infarctus du myocarde)...
En ce qui concerne l’infarctus du myocarde, la mort concerne le tissu musculaire du cœur (le muscle cardiaque), qui assure normalement le battement. De ce fait, la propulsion du sang vers les différents organes et l’ensemble du corps est compromise.
La maladie représente une urgence médicale qui peut engager le pronostic vital du patient.
Pour fonctionner correctement, le myocarde a besoin d’être approvisionné en nutriments et surtout en oxygène. Ces derniers sont conduits par le sang.
L’infarctus du myocarde survient lorsqu’il y a obstruction d’une artère qui irrigue le cœur. Le manque d’oxygène entraîne l’affaiblissement et la mort des cellules musculaires cardiaques.
La principale cause de l’infarctus du myocarde est la rupture des plaques d’athérome (le gras) qui se forment sur la paroi des artères coronaires tout au long de la vie. La rupture provoque la formation de caillot qui va par la suite boucher le vaisseau sanguin.
D’après les statistiques, l’infarctus du myocarde affecte chaque année environ 250 000 personnes en France.
Il existe des facteurs de risques qui favorisent cette maladie. On peut citer :
le tabac ;
le mauvais cholestérol ;
l’hypertension artérielle ;
ou le diabète.
L’infarctus du myocarde se manifeste par une forte douleur constrictive à l’arrière de la poitrine. Elle irradie vers le bras gauche, le menton, et parfois atteint le bras droit, le dos et la région de l'estomac.
La douleur est intermittente, brutale et dure environ 20 à 30 minutes. Son intensité s’aggrave avec les efforts, mais on peut la soulager avec le repos et la prise de trinitrine (médicament qui dilate les vaisseaux).
Les autres symptômes associés sont :
l’anxiété ;
les sueurs ;
les vertiges ;
les nausées ;
les vomissements ;
la fatigue ;
et la difficulté respiratoire
Ces symptômes secondaires sont des présentations atypiques retrouvés particulièrement chez les femmes et les patients diabétiques.
Lors de l'examen au cabinet médical, le médecin cherche sutout à prendre les constantes (pression artérielle, saturation en oxygène...) pour s'assurer qu'il n'y a pas de sur-complication.
L’infarctus se complique en présence des symptômes comme la baisse de tension profonde, l'accélération effrenée du rythme cardiaque et la baisse de la conscience. Ces derniers indiquent la défaillance de la pompe cardiaque avec un risque de mortalité de 50 %. Il nécessite une prise en charge spécifique.
La crise cardiaque pet être confondue avec les autres douleurs de poitrine.
Examen biologique
L’examen biologique est utile pour mesurer le taux des enzymes cardiaque. Ce sont des protéines libérées dans le sang lorsque le cœur souffre. Le résultat montre un taux de troponine élevé. Les troponines sont donc des marqueurs spécifiques du muscle cardiaque. Ils témoignent de la mort cellulaire du cœur.
En cas de résultat négatif, il convient de répéter le test après 3 heures pour s'en assurer.
ECG
L’électrocardiogramme est l’examen de référence dans le cadre du diagnostic de l’infarctus du myocarde. Il permet d’évaluer l’activité électrique du cœur et de localiser l’artère touchée.
En cas d’infarctus, les tracés affichent des modifications typiques.
Au moment des douleurs
sus ou sous-décalage du segment ST
T pointu et ample ou T négatif.
Au repos
0 à 3 h après le début de la crise : T pointu et ample dans au moins deux dérivations.
3 à 6 h après le début de la crise : onde de Pardee : sus décalage du segment ST convexe vers le haut englobant T dans au moins deux dérivations, taille supérieure à 1 mm en précordial et à 2 mm en bipolaire.
6 à 12 h après le début de la crise: onde Q de nécrose : 1/3 de l’onde R, 0,04 sec.
48 h après le début de la crise: T négatif.
On remarque aussi des signes miroirs dans les dérivations opposées.
Échographie cardiaque
L’échographie cardiaque permet de voir en détail les différentes structures du cœur : les valves, les oreillettes et les ventricules.
Avec cet examen, le médecin peut également mesurer le degré d'atteinte du cœur, apprécier la force de la contraction des parois du cœur, et quantifier l’absence de mouvements du muscle cardiaque.
Coronarographie en urgence: si le diagnostic est quasiment certain
La coronarographie est la visualisation des artères du cœur en radiographie via un long cathéter introduit près de l'artère malade. Elle permet de voir le diamètre réduit du vaisseau et/ou la présence d’occlusion.
L'examen peut aussi être à visée thérapeutique.
Puisque l’infarctus représente une urgence vitale, dès son apparition, il convient d’appeler le SAMU pour les premiers gestes de soins. Ensuite, le patient sera transféré dans une unité de soin intensif en cardiologie (USIC) ou dans les urgences hospitalières.
En fonction de l’état du patient, les cardiologues donneront des avis spécialisés sur le protocole thérapeutique approprié.
Et pour le suivi du patient après l’urgence, c’est le médecin généraliste qui s’en charge.
Les professionnels de santé de ville, eux, orientent et conseillent sur les conduites à tenir dans la vie quotidienne.
Pour soulager les symptômes de l’infarctus du myocarde, le médecin prescrit des médicaments comme :
natispray: c'est un médicament qui dilate les artères rapidement. Malheureusement il a une activité anti douleur uniquement, et pas d’effet sur le risque de nécrose du cœur ;
paracétamol ;
morphine ;
Oxygène nasal si SpO2<95 %.
Pour traiter la crise cardiaque, le médecin préconise divers traitements.
En première intention il préconisera les anticoagulants (héparines simples ou fractionnées et fondaparinux). Il permettent d'éviter l'extension du caillot, voire sa diminution de taille.
En cas d'urgence vitale, lorsque l'électrocardiogramme indique un segment ST positif, il faut faire une revascularisation d’urgence. Cela peut se faire de deux manières.
Angioplastie: cela consiste à poser un cathéter au niveau d’une artère de l’aine jusqu’à l’artère du cœur bouchée. On y introduit ensuite un ballonnet pour dilater les parois, puis on pose un stent qui est une sorte de ressort, pour maintenir la dilatation en place. C'est la solution privilégiée si elle peut être faite rapidement (dans les 2h suivant la crise cardiaque).
Thrombolyse: c'est une injection de médicament destiné à dissoudre le caillot. C'est l'option à prendre si l'angioplastie ne peut être réalisée dans les 2h suivant la crise cardiaque).
Sans urgence vitale, lorsqu'à l'électrocardiogramme le segment ST n'est pas positif, il y a aussi l'option pour l'angioplastie ou la revascularisation chirurgicale par pontage. Le pontage utilise un fragment de vaisseau sanguin prélevé le plus souvent au niveau de la jambe et greffé de manière à irriguer de nouveau le cœur.
Pour lutter contre les complications, il faut agir au plus vite en cas d’insuffisance cardiaque. Il convient de consulter un professionnel pour un suivi cardiologique et une réadaptation cardiovasculaire.
89 % des patients ont une chance de survie au-delà d’un an.
Pour prévenir les récidives de crises cardiaques, il faut avant tout éviter ou bien réduire les facteurs de risque cardio-vasculaires.
De ce fait, il faut prendre certaines mesures.
Arrêter le tabagisme.
Traiter l’hypertension artérielle avec le bêtabloquant, ou un médicament dit « inhibiteurs de l’enzyme de conversion. »
Traiter l’hypercholestérolémie avec des statines.
Traiter les facteurs de risques cardiovasculaires avec de l’aspirine et du clopidogrel, du prasugrel ou du ticagrélor, durant au moins 1 an.
Prendre en charge le diabète.
En cas de douleur de poitrine occasionnelle chez une personne, mieux vaut être réactif et faire :
un ECG d’effort ;
une scintigraphie d’effort ;
ou une échographie cardiaque d’effort.
...afin que le cardiologue puisse juger si l'origine de la douleur ne présage pas d'une crise cardiaque imminente...