Lésions du col de l'utérus
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Le cancer du col de l’utérus peut être dépistée très tôt et ne prendre la forme que de lésions précancéreuses. Ce sont des cellules anormales du tissu qui tapisse le col utérin. Ces lésions doivent être traitées à temps avant qu’elles ne se transforment en cancer. Dans cet article, découvrez comment vous détecter et empêcher l’évolution des lésions précancéreuses du col de l'utérus.
Les lésions précancéreuses du col de l’utérus correspondent à des lésions pré-invasives. Elles résultent de la transformation lentement maligne des cellules du col utérin. On peut aussi parler de cancer du col de l’utérus au stade précoce.
Les lésions pré-invasives sont à 70% liées à une infection prolongée par HPV , le papillomavirus humain.
Le HPV est un virus particulièrement très contagieux. Il peut se transmettre par un simple contact sexuel. Autrement dit, sa propagation est possible même sans pénétration, contrairement aux autres infections sexuellement transmissibles (IST). Parmi les souches les plus à risque, on retrouve les types 16 et 18.
Le plus souvent, le HPV est éliminé par le système immunitaire. Mais il arrive parfois qu’il s’installe, et provoque des condylomes (une excroissance douloureuse) ou un cancer.
Outre le HPV, d’autres infections du col de l’utérus peuvent aussi provoquer ces lésions. C’est le cas de la chlamydia, du gonocoque, du virus herpès simplex 2 ou du virus de l’immunodéficience humaine. Mais celles-ci peuvent être évitées grâce à l’utilisation de préservatif.
Le processus de transformation des cellules en cancer dure entre 10 et 15 ans. Avant de devenir cancéreuse, une « dysplasie » de col se produit. Il s’agit d’une déformation du tissu qui le recouvre. Ensuite, les cellules cancéreuses peuvent se développer de deux différentes façons :
soit en carcinome épidermoïde dans 85 % des cas : cela correspond à une lésion du haut du col de l’utérus,
soit en adénocarcinome dans 15 % des cas : cela correspond à une lésion du bas du col de l’utérus
Le cancer du col utérin est le 11e cancer diagnostiqué chez les femmes. On en recense 3 000 cas chaque année. Il concerne davantage les femmes :
âgées entre 35 et 45 ans ;
de niveau socio-économique bas ;
avec de multiples antécédents de grossesse ;
avec des antécédents médicaux d'immunodépression.
Les lésions précancéreuses du col de l’utérus touchent majoritairement les femmes qui :
fument ;
suivent un traitement par contraception oestro-progestative (on ne sait pas si c'est lié au médicament lui même ou à l’absence de préservatif sous contraception hormonale) ;
ont eu précocement des premiers rapports sexuels (avant l’âge de 17 ans) ;
ont un nombre de partenaires élevé ;
n’ont pas bénéficié de frottis cervical
Les lésion précoces du col de l'utérus n’entraînent aucun symptôme. Il est très rare d'avoir :
des saignements pendant les rapports sexuels, entre les périodes de règles, ou encore après la ménopause ;
des pertes vaginales ;
d’autres symptômes gynécologiques anormaux.
Le dépistage de ces lésions pré-invasives consiste en un frottis de col. Il s’agit d’un prélèvement des cellules se trouvant à la surface du col de l’utérus. Celui-ci peut se faire à l’aide d’un écouvillon stérile, d’une petite spatule ou d’une petite brosse. Il permet de donner des renseignements sur la présence ou non de HPV et sur la nature des cellules du col.
Le dépistage des lésions précancéreuses du col de l’utérus peut être réalisé par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme.
Pour les moins de 25 ans, aucun dépistage n’est recommandé.
Pour les femmes entre 25 et 30 ans, on prescrit deux examens cytologiques à un an d’intervalle. Ces examens consistent à étudier les cellules concernées sous différents aspects. Si les 2 premiers tests sont négatifs, un autre examen cytologique doit être fait 3 ans plus tard.
Pour les femmes entre 30 et 65 ans, un test HPV hautement oncogène doit être effectué tous les 5 ans.
Et pour les femmes âgées de plus de 65 ans, il n’est plus nécessaire de procéder à des dépistages.
Pour diagnostiquer les lésions précancéreuses du col de l’utérus, il faut regarder le résultat de dépistage :
Si les papillomavirus agressifs n'ont pas été retrouvés, la cytologie n'a pas besoin d'être réalisée.
Si les papillomavirus sont présents, il faut analyser le résultats de la cytologie.
Lésion malpighienne intra-épithéliale de haut grade (HSIL ou ASC-H)
HSIL ou ASC-H sont des lésions potentiellement malignes évoluées. Il faut procéder à une colposcopie. Celle-ci consiste à examiner le col de l’utérus et le vagin à l’aide d’un colposcope (microscope binoculaire stéréoscopique) et d'en prélever un fragment pour une analyse beaucoup plus poussée (en anapath).
Lésion malpighienne intra-épithéliale de bas grade (LSIL)
Le LSIL est un pré-cancer peu évolué. Le médecin peut également prescrire une colposcopie ou en option, il peut recommander un double immunomarquage p16/Ki67 réflexe. Si celui-ci est positif, il faut faire une colposcopie. Dans le cas contraire, il faut refaire une cytologie à 12 mois.
Cellules malpighiennes atypiques ASC-US initial
Pour des cellules malpighiennes atypiques ASC-US initial, on regarde le test HPV. S’il est positif, il faut effectuer une colposcopie. Par contre, s’il est négatif, il faut faire une cytologie dans 3 ans.
Pour les femmes de moins de 30 ans, il y a une autre option. Il s’agit d’un double immunomarquage p16/Ki67 réflexe. Une colposcopie est recommandée si le test est positif ; sinon, il faut effectuer une cytologie à 12 mois.
Anomalie des cellules glandulaires (AGC)
Pour une anomalie des cellules glandulaires, il y a trois possibilités.
On peut procéder à un test HPV. Un test négatif doit faire l’objet d’une cytologie à 3 ans, tandis qu’un test positif doit être suivi d’une colposcopie.
Pour les femmes âgées de plus de 45 ans, il faut passer par une exploration endo-utérine.
Pour les femmes enceintes, il faut nécessairement faire une colposcopie.
La colposcopie
La réalisation d’une colposcopie peut donner deux différents résultats. Soit elle montre un col utérin normal, soit elle montre des lésions.
Lorsque le résultat est normal, trois cas de figure peuvent se présenter.
Il est possible de faire un test HPV à 12 mois. Pour un résultat négatif, il faut effectuer une cytologie à 3 mois. Et pour un résultat positif, il faut refaire une colposcopie.
En option, il est possible d’opter pour une cytologie à 12 mois. Si elle donne un résultat négatif, il faut refaire une cytologie à 12 mois. En revanche, si elle donne un résultat positif, il faut refaire une colposcopie.
En cas de grossesse, il faut réaliser une colposcopie 3 mois plus tard, et une autre 3 mois après l’accouchement.
En cas de lésions, il faut respecter les consignes données ci-après (cf traitement).
Dans le cadre des lésions précancéreuses du col de l’utérus, le pharmacien peut conseiller ou orienter. Le médecin généraliste prend en charge les dépistages. Le gynécologue est à même de pratiquer la colposcopie et prescrire un traitement en fonction des résultats.
Il dépend du résultats de la colposcopie.
Cancer de bas grade
Pour un cancer de bas grade, il faut réaliser une cytologie, une colposcopie ainsi qu’un examen du vagin à 6 mois.
Si les résultats sont normaux, refaire une cytologie à 12 mois.
Si une lésion est détectée, suivre un traitement adapté au cancer du col de l'utérus (cf article sur cancer utérin).
Si une discordance est observée, une exérèse de la lésion cervicale est envisagée.
Cancer de haut grade
En cas de cancer de haut grade, il faut traiter par électro-résection à l’anse diathermique, sous colposcopie.
Après analyse anathomopathologique, si les marges sont saines, une surveillance clinique est obligatoire.
Si les marges sont non saines, il faudra demander l’avis de la RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire).
Adénocarcinome
Si l'histologie révèle un adénocarcinome, il faut se référer aux conduites à tenir en cas de cancer de l’utérus (cf cancer de l’utérus).
La surveillance du cancer du col de l’utérus au stade précoce varie en fonction des résultats du frottis.
La prévention des lésions précancéreuses du col de l’utérus peut se faire de deux manières.
Dépistages et prévention primaire
La première étape de la prévention consiste à se faire dépister régulièrement. Le dépistage permet de détecter à temps les lésions. Pour cela, il faut réaliser des frottis cervico-utérins.
Outre le dépistage, il y a aussi la vaccination contre HPV. Celle-ci est recommandée à la fois aux filles et aux garçons, à partir de l’âge de 11 ans. La vaccination doit être effectuée avant l’exposition à HPV. Pour cela, on utilise le vaccin GARDASIL 9. Ce dernier est plus performant que le CERVARIX.
Lutte contre étiologie et facteurs de risque
Les mesures préventives consistent également à agir contre les facteurs de risque. L’utilisation de préservatif est recommandée pour limiter l’infection par HPV. L’arrêt du tabac est vivement conseillé. Celui-ci empêche la guérison de l’infection par HPV et peut provoquer une inflammation chronique du col utérin.