Fracture de l'extrémité supérieure de l'humérus
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Violente douleur au niveau de l’épaule après une chute ou un choc ? Il s’agit peut-être d’une fracture de l’extrémité supérieure de l’humérus. C’est une pathologie qu’on ne doit pas négliger au risque d’engendrer une nécrose de la tête humérale. Découvrez tout ce qu’il y a à connaître sur cette pathologie et sur les traitements possibles dans cet article.
L’humérus est l’os le plus long du bras. Il est situé entre l’articulation de l’épaule et l’articulation du coude. L’humérus s’articule à l’épaule par l’omoplate formant l’articulation "gléno-humérale". L’humérus s’articule aussi au niveau du coude avec le radius et le cubitus de l’avant-bras.
La fracture de l’extrémité supérieure de l’humérus désigne une fracture au niveau de la grosse tubérosité (la grosse bosse) ou du col de l'humérus (le "cou" de l'os).
La fracture de l'extrémité supérieure de l'humérus peut survenir après un choc sur la paume de main ou le coude.
Chez les personnes âgées, elle peut se produire avec une simple chute. Chez le jeune en revanche, le traumatisme est plus violent.
Les femmes de plus de 60 ans sont typiquement les plus touchées par la fracture de l’extrémité supérieure de l'humérus. Mais elle peut concerner évidemment tout le monde.
Les personnes atteintes d’ostéoporose sont également à risque. L’ostéoporose affaiblit les os, les rendant plus sensibles aux fractures soudaines et inattendues.
La fracture de l’extrémité supérieure de l’humérus doit être suspectée à la suite d’un traumatisme du membre supérieur.
En plus de la douleur, elle engendre une incapacité du membre supérieur atteint à fonctionner correctement.
On observe une attitude typique des traumatisés sur le membre supérieur : la personne porte le membre touché avec son membre atteint.
Lorsqu’on regarde de face, on constate une déformation de l'épaule : comme si il s'était pris un coup de hache.
L’épaule est décollé en permanence du thorax.
De profil, on voit un élargissement de l’épaule et un raccourcissement du bras.
Lors de la palpation, le patient va ressentir une douleur à l’extrémité supérieure de son humérus.
Les principales complications de la fracture de l’extrémité supérieure de l’humérus sont :
la fracture ouverte : os qui sort de la peau ;
l’atteinte du nerf "axillaire" ou "circonflexe" : elle se manifeste par la perte de sensibilité du moignon de l’épaule. Le patient ne peut pas faire pivoter le bras ni le soulever.
La radiographie de l’épaule (en incidence de face et profil dit de Lamy) est l’examen de référence pour le diagnostic de la fracture de l’extrémité de l’humérus.
Cette radiographie montre la fracture et permet de localiser la partie de l’humérus touché et de déterminer le type de fracture :
fracture tubérositaire (au niveau de la bosse de l'os)
fracture sous-tubérositaire ;
fracture céphalotubérositaire (au niveau du cou de l'os).
Pour réaliser l’examen, le patient est placé en position debout où il se met face à la table. Son épaule à radiographier s’appuie ensuite contre cette table (oblique antérieur 45 °). Le rayon émis par la radiographie est horizontal et centré sur le moignon de l’épaule. Le bras du patient est pendant avec un coude fléchi légèrement en arrière.
Lors de la radiographie, si on constate des fragments importants, c’est qu’il y a un risque de nécrose de la tête humérale.
Une nécrose de la tête humérale se produit lorsque la tête de l’humérus est détruite. Le cartilage recouvrant celle-ci s’effondre, causant une déformation de l’articulation.
Pour traiter la fracture, il faut d’abord se diriger vers les urgences, pour la prise en charge initiale. Un chirurgien orthopédique donnera son avis en ce qui concerne les traitements envisagés.
Pour le suivi de la fracture, c’est un médecin généraliste qui va s’en charger.
Les professionnels de santé de ville pourront orienter et conseiller.
En première ligne, on prescrira du paracétamol pour soulager les symptômes. Il pourra aussi conseiller de porter une écharpe.
Si ces traitements ne sont pas suffisant, on aura recours au traitement antiinflammatoire local (avec un effet modeste et fugace) ou par voie orale, plus efficace (ibuprofène ou naproxène).
Au cas où la douleur persiste, on peut opter pour les médicaments suivants : morphine, codéine et tramadol.
Attention aux coxibs, acéclofénac, diclofénac et piroxicam, ils sont à écarter. Ce sont des anti-inflammatoires avec trop d’effets indésirables et qui ne sont pas plus efficaces. Le kétoprofène par voie orale et en gel n’est également pas recommandé en raison de ses nombreux effets indésirables.
3 types de prises en charge sont possibles
1) Traitement fonctionnel : on va conseiller au patient ayant une fracture non déplacée de porter une écharpe ou un coude au corps (contention courte), à visée antalgique. Puis, on recommandera la rééducation.
2) Traitement orthopédique : celui-ci consiste à réduire la fracture par manœuvre externe (le patient peut être sous anesthésie générale), puis vient ensuite les méthodes de contention ou d’immobilisation (coude au corps ou gilet orthopédique) pendant 3 à 4 semaines.
3) Traitement chirurgical. Cela se fait par une réduction de la fracture, et une stabilisation par réparation de l'os à distance du foyer ou par abord direct (plaque vissée). Dans un cas extrême, le traitement peut aller jusqu’à porter une prothèse.
Le traitement dépend de la localisation de la fracture.
Fracture sous tubérositaire : si la fracture est tassée (engrainée), n'est pas déplacée, ou que son déplacement est inférieur à 1cm, on préconise un traitement fonctionnel. Si le déplacement est supérieur à 1cm : on préconise soit un traitement fonctionnel, soit orthopédique. Chez les jeunes, on peut opter pour une chirurgie.
Fracture articulaire (col chirurgical, céphalo tubérositaire) : le sujet jeune se fera opérer. Pour le sujet âgé, si la fracture est peu déplacée, on fera un traitement orthopédique, sinon chirurgical.
Fracture tubérositaire : en cas d'atteinte du tubercule majeur, le traitement est orthopédique ou chirurgical. En cas d'atteinte du tubercule mineur isolé et peu déplacé, le traitement est fonctionnel, sinon chirurgical.
Fracture de la tête de l'humérus : le traitement est chirurgical.
En cas de raideurs, il faut envisager de renforcer les séances de kinésithérapie.
Pour suivre l’évolution, il faut effectuer des radiographies à J8, J21 et J45.
L’unique moyen de lutter contre ce type de fracture est de prévenir les traumatismes en cause.