Hémorroïdes
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Sensation de gêne en position assise, douleur lors de la selle, irritations au niveau de l’anus, saignement, enflure sur la marge anale… ce sont les symptômes désagréables d’une maladie hémorroïdaire. Les hémorroïdes sont une maladie veineuse située au niveau de la partie anale. Souvent, il s’agit d’une simple affection, mais elle peut toutefois évoluer vers une forme plus compliquée. Découvrez dans cet article comment soulager et prévenir les hémorroïdes.
Les hémorroïdes sont des dilatations douloureuses des veines de l’anus. Parfois, elles se forment dans le rectum. Selon la veine concernée, il existe deux types d’hémorroïdes : les hémorroïdes externes et les hémorroïdes internes.
Les hémorroïdes externes sont situées sous la peau de la marge anale. Généralement, elles occasionnent un gonflement imposant et très sensible. Les hémorroïdes internes, en revanche, évoluent sous la muqueuse rectale du canal anal où elles apparaissent sous l’aspect de protubérances.
Qu’est-ce qui se passe au cours d’une hémorroïde ?
La paroi du canal anal est couverte d’une muqueuse sous laquelle tapissent de nombreuses artères et veines « les paquets hémorroïdaires ». Les phénomènes qui expliquent l’apparition d’une hémorroïde restent encore mal connus, mais ils intéressent les réseaux veineux du canal anal.
Les problèmes d’hémorroïdes peuvent arriver à toutes les personnes de tout âge. Une personne sur deux souffre de cette insuffisance veineuse à l’âge de 50 ans, avec un pic de fréquence entre 45 et 65 ans.
Les femmes sont plus souvent touchées par les hémorroïdes lors de la grossesse. Elle disparaît naturellement quelques mois après l’accouchement.
Les symptômes ne se manifestent que chez 60% des patients seulement.
Pour une maladie hémorroïdaire interne chronique récurrente, les symptômes de l’hémorroïde sont généralement:
des douleurs sourdes à type de brûlure ;
des saignements rouges sur le papier toilette à la fin de la défécation ou enrobant les selles, voire dans les toilettes ;
des suintements anaux ;
des démangeaisons ou inconforts,
un prolapsus (boule molle au niveau de l’anus).
Voici les différents stades d’évolution d’une hémorroïde :
Stade1 : bombement sans dépassement.
Stade2 : bombement réductible à l’arrêt de l’effort.
Stade3 : bombement nécessitant une réduction digitale.
Stade4 : bombement irréductible ou reproductible, parfois thrombosé.
Le diagnostic de la maladie hémorroïdaire se fait habituellement par inspection de l'anus à l’aide d'un appareil appelé anuscope. La présence de bombement violacé ou rose foncé de la muqueuse anale suffit à le confirmer. Parfois, le médecin peut effectuer un toucher rectal pour rechercher une éventuelle tuméfaction dans le rectum.
La complication de l’hémorroïde la plus fréquente est la thrombose hémorroïdaire (le plus souvent externe). Elle se reconnaît par des douleurs intenses et permanentes, par une boule violacée tendue accompagnée d’un œdème local d’intensité variable, et des difficultés à l’essuyage…
Un peu plus rare, dans le cadre d’une hémorragie, le patient peut souffrir d’une anémie. Vous reconnaîtrez les symptômes par une pâleur de la conjonctive oculaire, une difficulté respiratoire, une forte fatigue.
Attention à ne pas confondre l’hémorroïde avec d’autres maladies anales.
La fissure anale : provoque des douleurs soutenues pendant plusieurs heures après la défécation, et laisse entrevoir une plaie au niveau de l’anus.
L’abcès anal : provoque des douleurs permanentes, une inflammation, et une collection de pus.
La mycose anale : ce sont des lésions dermatologiques autour de l’anus.
La parasitose anale : elle provoque des démangeaisons. Le scotch test positif à oxyures fait le diagnostic.
Le cancer colorectal : on le suspecte en cas de perte d’appétit, perte de poids, fatigue ; trouble de transit. Les sujets à risque sont souvent les personnes de 50 ans et plus qui présentent des antécédents de cancer colorectal.
Les polypes : provoquent des saignements anaux non douloureux.
Les diverticules coliques : provoquent des douleurs en fosse iliaque gauche qui surviennent en particulier chez le senior et adulte en âge mature.
Uniquement en cas de doute sur le diagnostic de l’hémorroïde et surtout pour éliminer le diagnostic du cancer, le médecin peut prescrire une coloscopie.
Le prélèvement biopsique peut révéler la présence d’un cancer anal.
Pour soulager les hémorroïdes, il est recommandé de s’orienter vers un médecin généraliste. En cas de nécessité, il adressera à un proctologue (c'est une spécialité de la gastroentérologie). Ce dernier s’occupe de réaliser l’anuscopie et peut intervenir sur le plan instrumental et chirurgical.
Le pharmacien conseillera et orientera si besoin.
Un accompagnement en santé s’avère également être utile dans la réduction pondérale et la nutrition.
Les soins appliqués sont différents selon le type de l’affection.
a) Douleur hémorroïdaire interne
Pour calmer la douleur au cours d’une hémorroïde interne, prendre un antalgique comme le paracétamol et l’ibuprofène (sauf l'ibuprofène chez la femme enceinte). Vous pouvez aussi utiliser des lubrifiants tels que la vaseline ou un gel aqueux. Ils ont un effet antalgique lié au massage ou à l’action locale.
Faites attention, ces médicaments sont mal évalués :
Crème avec substances « veinotoniques » : pas plus efficace qu’un lubrifiant.
Extraits de plantes : diosmine, Ruscus aculeatus (petit houx), Hammamelis, marronnier d’Inde, flavonoïdes : pas d’efficacité démontrée.
Lidocaïne en crème: pas plus efficace qu’un lubrifiant.
Corticoïdes en crème: pas plus efficace qu’un lubrifiant.
Bains de siège à visée apaisante et relaxante: pas de preuve d’efficacité.
Aussi, évitez l’association de Ginkgo giloba, heptaminol et troxérutine. Elle n’a pas d’effet bénéfique sur les hémorroïdes en plus d’avoir des effets indésirables.
b)Soulager la thrombose hémorroïdaire externe
Vous pouvez soulager la douleur par l’application de glace, par les bains de siège et par le repos. Après défécation, utilisez un papier hygiénique humide pour vous essuyer. Pour compléter le traitement, prendre du paracétamol et appliquer une crème anesthésique locale. En deuxième choix, vous pouvez opter pour l’ibuprofène. Ce médicament n’est pas autorisé chez la femme enceinte.
Traitement ciblés d’une hémorroïde interne très gênante et persistante
En première intention, il faut toujours préférer une intervention non chirurgicale.
Les ligatures élastiques : c'est un anneau élastique laissé en place 7 à 10 jours provoquant une asphyxie de l’hémorroïde en 3 ou 4 jours.
La sclérothérapie : c'est une injection d’une substance dans l’hémorroïde provoquant une ulcération et une cicatrice qui se rétracte en 3 à 6 semaines. Elle est moins efficace, mais comporte moins d’effets indésirables.
La photocoagulation infra rouge : est aussi efficace que la ligature élastique. Cette technique est réservée aux saignements hauts et hémorroïdes réductibles. Elle laisse normalement une cicatrice.
En cas d’échec, le médecin pourra choisir entre les options chirurgicales sous anesthésie.
La remontée des hémorroïdes et fixations par agrafes.
L’ablation des hémorroïdes (contre indiquée en cas de maladie de Crohn).
Traitement ciblés de la thrombose hémorroïdaire externe
Le traitement de première intention consiste à une incision radiale sous anesthésie locale pour évacuer le caillot. Il y a aussi l’excision chirurgicale avec exérèse du caillot et du sac vasculaire. Le temps de cicatrisation se situe entre 2 à 3 semaines.
Les symptômes liés aux hémorroïdes peuvent disparaître de manière spontanée. Les thromboses hémorroïdaires peuvent guérir sans traitement en moins de 2 semaines. Toutefois, il faut s’attendre à des récidives.
Pour prévenir les hémorroïdes, il faudra manger suffisamment de fibres afin de favoriser le transit intestinal et éviter la constipation. Vous pouvez retrouver les fibres dans
les céréales, surtout le son de blé ;
les légumineuses telles que haricots blancs, pois chiches, lentilles ;
les légumes tels que les carottes, les choux verts ;
les fruits tels que les amandes, les noix, les bananes, les pommes, les poires, les fraises crues ;
les laxatifs de lest : psyllium sterculia, ispaghul. Ils agissent comme les fibres alimentaires.
Ne pas faire trop d’efforts de poussées à la selle pour ne pas aggraver la maladie hémorroïdaire.
En cas d'obésité, suivre un accompagnement en santé pour retrouver le poids d’équilibre.
Pour les hémorroïdes chez les femmes enceintes, il n’est pas forcément nécessaire d’intervenir, car les symptômes disparaîtront spontanément quelques mois après l’accouchement.
Enfin, éviter la position assise ou debout, le cyclisme et l’équitation pendant de longues durées.
Notez qu’éviter l’alcool, les épices, le café n’est pas efficace pour lutter contre les hémorroïdes. Aussi, le fait de boire davantage d’eau a une action incertaine sur la constipation.