Teigne
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La teigne est une affection de la peau qui touche le cuir chevelu. En général, elle atteint plus les enfants avant l’âge de puberté que les adultes. En cas de contamination, une éviction scolaire peut devenir nécessaire. Dans cet article, vous allez voir de plus près ce que c’est que cette affection cutanée. Quels sont les symptômes, les signes cliniques et les complications de la teigne ? Et surtout comment diagnostiquer et soigner ce type de dermatose ?
La teigne indique une infection cutanée due à un champignon. Ce dernier attaque principalement les zones du corps où il y a des poils. Dans la plupart des cas, il s’agit du cuir chevelu et de la barbe.
Les agents pathogènes responsables de la teigne sont des champignons microscopiques et filamenteux qu’on appelle les « dermatophytes ». Il existe en trois genres :
Epidermophyton ;
Microsporum ;
Trichophyton.
La transmission de cette infection se fait par contact direct (peau à peau), avec des poils ou des squames (morceaux de peau morte) ou par une adhérence des éléments fongiques à la couche cornée.
Les lésions non traitées ou autres altérations épidermiques, quelle que soit sa nature, sont aussi des facteurs favorisant sa propagation.
L’origine de la transmission de la teigne peut être :
interhumaine : elle est surtout causée par les dermatophytes anthropophiles comme Trichophyton rubrum, Trichophyton interdigitale, Trichophyton schonlieinii… La contamination de ce type de teigne se constate surtout en milieu sportif (piscine), dans les douches collectives ou le vestiaire des écoles. Elle est aussi favorisée par la macération (plis chez les obèses, séchage insuffisant, chaussure de sécurité, chaussure fermée…) ;
de l’animal (mammifère comme les chats et les chiens) à l’homme : elle est due à des dermatophytes zoophiles dont le principal champignon est Microsporum canis ;
du sol à l’homme : elle est due à des dermatophytes géophiles ou telluriques.
La période d’incubation des dermatophytes dure environ entre 2 à 14 jours.
La teigne se manifeste généralement par une démangeaison qui peut devenir intense.
Les signes cliniques de cette infection de la peau varient en fonction du champignon responsable.
S’il s’agit d’un Microsporum, on constate une pseudo-calvitie rouge avec des pellicules. Celle-ci sera associée à des cheveux cassés courts en plaque unique ou multiple qui fait 4 à 6 cm de diamètre. Également, ce type de champignon filamenteux est fluorescent à la lampe UV (lampe de Wood).
S’il s’agit d’un Trichophyton, les signes cliniques se caractérisent aussi par une pseudo-calvicie rouge avec des pellicules. Cette pseudo-alopécie (perte de cheveux) est accompagnée de cheveux cassés à ras en plaques multiples éparses de 1 à 2 cm. Le Trichophyton est non fluorescent à la lampe UV (lampe de Wood).
Les complications de la teigne surviennent dans environ 20 % des cas.
On peut s'attendre à une teigne suppurée (ou kérion). Souvent due à des dermatophytes zoophiles et rarement par des dermatophytes anthropophiles, c’est une forme de teigne très inflammatoire. Elle détruit les follicules pileux et forme des grandes lésions. Plus précisément, elle se manifeste par :
une adénopathie (hypertrophie des ganglions) ;
une alopécie avec pustules inflammatoires et écoulement de pus en placards à bords nets.
On peut retrouver également la teigne favique (ou favus) qui est généralement causée par des dermatophytes anthropophiles (Trichophyton schonleinii). C’est la forme de teigne la plus agressive, car elle peut provoquer une alopécie définitive même après un bon traitement. L’alopécie peut être inflammatoire, cicatricielle ou croûteuse (jaunâtre, saillante, déprimée au centre et squameuse en placards). Ce genre d’infection reste cependant rare.
Pour chaque cas de teigne, un examen paraclinique est obligatoire. Comme les cheveux sont les plus souvent infectés, ils doivent être déracinés à l’aide d’une pince à épiler, et non être coupés, pour accéder à la partie parasitée. S’il y a déjà perte de cheveux, l’examen consiste en un prélèvement par grattage réalisé avec un scalpel.
Dans le cas d’un kérion, un prélèvement du pus est réalisé par écouvillonnage, tandis que pour un favus, il est fait à l’aide d’une petite curette.
Même si l’examen direct contribue à l’identification de l’origine de l’infection, la culture a l’avantage d’y apporter plus de précisions. Elle permet entre autres d’observer la durée de croissance des dermatophytes. Si une croissance rapide (moins de 10 jours) oriente vers un Microsporum, une croissance lente fait plutôt à un Trichophyton. Le résultat de la culture est disponible à partir de la 3e ou 4e semaine.
Cela concerne le médecin généraliste, le pédiatre et le dermatologue. Le pharmacien délivrera les conseils bienvenus .
Le prurit ne peut pas être soulagé, il faut soigner l’affection. Pour ce faire, un rasage des cheveux contaminés est obligatoire. Il vous faut conseiller également une crème par éconazole et un antifongique par voie générale.
Le Terbinafine cpr et le Griséofulvine cpr sont les médicaments à privilégier. Malheureusement la griséofulvine est parfois en rupture de stock. La dose prescrite dépend du poids corporel.
Si besoin, l’Itraconazole peut être une alternative à la Terbinafine et à la Griséofulvine.
En troisième choix, il y a le Fluconazole et le Voriconazole.
Pour ce qui est des dermocorticoïdes et des corticoïdes, ils sont à éviter étant donné qu’ils ne présentent aucun intérêt pour l’infection.
Les complications de teigne peuvent mener à une alopécie définitive. Si la conséquence est probable en cas de kérion, elle est inévitable en cas favus.
Les patients qui sont sous traitement par voie générale doivent surveiller leur fonction hépatique tous les mois. Un contrôle clinique et un prélèvement doivent être réalisés un mois après le début de traitement. Si le résultat est positif, le traitement continue. Au contraire, s’il est négatif, le traitement peut être interrompu.
Les mesures préventives en cas de dermatophytes zoophiles (cela concerne les chiens et les chats dans 80 % des cas ; cheval, lapin et chèvre pour les 20 % restants), consistent à traiter l’animal source. Évitez également d’entrer en contact avec lui.
De même, il faut respecter certains gestes barrières tels que :
le lavage des mains ;
la désinfection des brosses à cheveux avec un produit antifongique comme de l’eau de Javel ou de l’hypochlorite de sodium avec 16,5 % de sel ;
le lavage à 60 ° des divers objets en contact avec les cheveux tels que les draps, les oreillers ou les bonnets ;
l’utilisation d’un shampoing à base de kétaconazole 2% et sulfure de sélénium 1% ;
une éviction scolaire jusqu’à l’instauration du traitement.
Pour un cas contact, réalisez un dépistage avec tous les membres de la famille. Il est aussi important de respecter les affaires personnelles de chacun : chapeau, une brosse ou peigne sont personnnels. Dans la même optique, veiller toujours à enlever les cheveux malades.