Carcinome basocellulaire
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Quand on parle de carcinome basocellulaire, on pense le plus souvent à un cancer et on prend peur. Il s’agit bien d’un cancer de la peau mais qui est assez fréquent et dans la majorité des cas bénin. Découvrez tout ce que vous devez savoir sur le carcinome basocellulaire et ses traitements dans cet article.
Le carcinome basocellulaire est un cancer cutané. Comme son nom l’indique, basocellulaire signifie que le cancer concerne la base des couches de la peau.
Touchant le plus souvent les personnes âgées de plus de 40 ans, le carcinome basocellulaire représente l’un des cancers cutanés les plus rencontrés. En Europe, il affecte environ 150 personnes pour 100 000 habitants.
En général, le carcinome basocellulaire ne manifeste aucun symptôme clinique apparent.
Ce type cancer cutané se présente sous plusieurs formes : formes épithéliomateuse, nodulaire, superficielle et cicatricielle.
Forme perle épithéliomateuse
Un carcinome basocellulaire est dit épithéliomateuse lorsque la peau présente des papules ou grains. Ces derniers sont fermes, translucides, de couleur rose chair, gris ou opalins. Ils ont la taille d’une tête d’épingle et peuvent être aussi volumineux qu’une lentille. La forme épithéliomateuse est vascularisée en surface par de petits vaisseaux.
Forme nodulaire (80% des cas)
Le carcinome basocellulaire nodulaire représente 80 % des cas. On observe sur la peau des nodules en dépression avec une ulcération. À la périphérie se retrouvent des perles épithéliomateuses.
Forme superficielle (15% des cas)
Aussi appelée forme pagétoïde, la forme superficielle du carcinome basocellulaire est rencontrée dans 15 % des cas. Cette forme est représentée par des macules croûteuses de couleur rouge, brun ou noire. Elles sont accompagnées de pellicules de peau. Les lésions peuvent mesurer plusieurs centimètres. Elles sont bien limitées parfois et sont plus ou moins bordées de perles épithéliomateuses.
Forme plan cicatriciel (5% des cas)
Il s’agit d’une forme dite sclérodermiforme qui regroupe 5 % des cas. Elle est caractérisée par un nodules évoluant en cicatrice blanche en forme de plaque mal délimitée sans perle.
Les lésions du carcinome basocellulaire sont localisées spécifiquement au niveau du visage et de la tête dans 70 % des cas, et du tronc dans environ 15 % des cas. On peut aussi les retrouver au niveau des membres.
L’utilisation d’un dermoscope peut aider pour le diagnostic du carcinome basocellulaire.
Attention à ne pas confondre ce cancer de la base de la peau avec ces autres affections :
Un mélanome : lésion sombre asymétrique d’au moins 6 mm de diamètre. Les bords sont irréguliers et de couleur hétérogène. Elles sont souvent d’apparition récente et évolutive.
Un carcinome spinocellulaire,
Une kératose actinique,
Un eczéma, c'est une lésion ronde rouge desquamative
Un psoriasis, ce sont des lésions très desquamatives
Une cicatrice.
Pour confirmer le diagnostic du carcinome basocellulaire, il est indispensable de procéder à une biopsie ou résection totale de la lésion. L’examen anatomopathologique pourra déterminer s’il s’agit bien d’un cancer basocellulaire.
Si vous suspectez un carcinome basocellulaire, il est recommandé de consulter immédiatement un médecin généraliste. Il pourra dépister l’origine de ces lésions et, si nécessaire, orienter vers un dermatologue. Ce dernier est en mesure d’effectuer un diagnostic précis à l’aide d’un dermoscope. Il pourra également effectuer une biopsie et organiser le suivi.
La première indication pour traiter un carcinome basocellulaire est l’ablation chirurgicale. Il faut cependant s’assurer que l’intervention est esthétiquement satisfaisante. L’opération se fera sous anesthésie locale. Une analyse anatomopathologique de la lésion devra être effectuée systématiquement, et si possible, au cours de l’intervention chirurgicale. Cela permettra de s’assurer que les marges sont bien saines (technique de Mohs).
En deuxième intention, il y a 4 options à choisir au cas par cas : cryothérapie, Imiquimod, photothérapie et radiothérapie.
La cryothérapie, avec ou sans curetage, est indiquée en cas de cancer de la base de la peau. Le taux de récidive est de 4 % à un an.
l'Imiquimod. Il s’agit d’une substance aux effets antiviraux et cytotoxiques. Il doit s'appliquer après le lavage de la peau à l’eau et au savon avec une marge de 1 cm autour des lésions. Éviter les bains et les douches pendant l’application. Après un délai de 8 h, enlever les restes de crème. Vous dever appliquer ce produit 5 fois par semaine au maximum. Pendant le traitement, il faut se protéger du soleil. Cette crème contre le carcinome basocellulaire présente quelques effets indésirables comme la brûlure. Le taux de récidive avec ce traitement est de 20 % à 2 ans.
La photothérapie dynamique : la technique consiste à appliquer un agent photostimulant puis à exposer à la lumière rouge. Le taux de récidive est de 10 % à un an.
Enfin, la radiothérapie. Le taux de récidive avec ce traitement est de 7 % à 5 ans.
Eviter les complications
La principale complication de ce type de cancer est l’extension progressive localisée des lésions. Parfois, les lésions se compliquent par une ulcération et une atteinte du cartilage et des os. En absence de traitement, l’atteinte cutanée double de taille chaque année. Dans de très rares cas (0,1 %), les carcinomes basocellulaires peuvent métastaser et coloniser d’autres organes. Dans ce cas, il est important d’instaurer un traitement adéquat et de procéder à une surveillance dermatologique régulière.
Suivi
Le suivi par un dermatologue tous les 6 mois à un an est nécessaire dans le cadre d’un cancer de la base de la peau. En effet, les risques de récidives sont de 80 % en 5 ans et de 20 % entre 5 et 10 ans.
Éliminer les facteurs de risque
Il convient d’être attentif par rapport à l’apparition des lésions précancéreuses. Il faudra procéder à un dépistage dermatologique et à une destruction précoce des lésions.
Le risque de récidive est important dans les 5 ans (80 % de cas). Il est réduit à 20 % dans les 5 à 10 ans selon la forme. Il faudra donc une surveillance rapprochée.
Voici les formes à risque de récidive important :
Carcinome nodulaire de diamètre supérieur à 1 cm situé dans une zone à risque élevé.
Carcinome plan cicatriciel.
Carcinome mal limité ou histologiquement agressif.
Récidive des carcinomes autres que superficiels.
Et pour les formes à faible risque de récidive :
Carcinome nodulaire de diamètre inférieur à 1 cm situé dans une zone à risque modéré ou inférieur à 2 cm situé dans une zone à risque faible.
Carcinomes superficiels.
Pour les autres formes de carcinome basocellulaire, le risque de récidive est modéré.
Voici la classification des zones à risque :
Région à risque élevé : nez, zones autour des orifices du visage.
Région à risque modéré : front, joues, menton, cuir chevelu, cou.
Région à risque faible : tronc et membres.
Réduire les nouveaux cas
Voici quelques conseils pour prévenir l’apparition du carcinome basocellulaire :
Limiter l’exposition au soleil notamment dans l’enfance,
Ne pas s’exposer à l’ultraviolet,
Porter un chapeau, des lunettes de soleil et des vêtements couvrants,
Appliquer un écran solaire de protection élevée sur les zones découvertes,
Prévenir les expositions professionnelles.
Il faut aussi savoir que certains profils de personne et certaines conditions rendent plus sensible à ce type de cancer cutané.
Peau claire et yeux bleus,
PUVAthérapie,
Exposition à l’arsenic et dérivés, au goudron et aux hydrocarbures par l’eau de boisson contaminée, aux fruits de mer…,
Prise d’hydrochlorothiazide et de tétracyclines (photosensibilisants)
Microtraumatismes répétés,
Inflammation chronique,
Traumatismes thermiques de la peau,
Infection à Papilloma virus,
Antécédents de radiothérapie,
Tabagisme,
Hypersensibilité aux ultraviolets : xeroderma pigmentosum,
Verrues dans l’enfance : épidermodysplasie verruciforme,
Hamartomes…