RGO chez l'adulte
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Le reflux gastrique est très fréquent et arrive à tout le monde. Il est responsable d’une sensation de brûlure au creux de l’estomac qui remonte parfois le long de l’œsophage. Peut-être aigu ou chronique, le RGO peut devenir une gêne important au quotidien. Causes, symptômes, facteurs de risque et traitements… voici tout ce qu’il faut savoir sur le reflux gastro œsophagien de l’adulte.
Le reflux gastro-œsophagien ou RGO est la remontée du contenu acide de l’estomac vers la bouche sans effort de vomissement. Il est responsable d’une sensation de brûlure dans l’œsophage et un goût acide dans la bouche.
Le reflux gastrique peut avoir plusieurs causes. Très souvent, il est lié à un trouble fonctionnel entraînant la régurgitation du contenu acide de l’estomac. Il peut aussi être associé à des anomalies anatomiques au niveau de la porte qui ferme l'estomac.
Le RGO survient chez les personnes de tout âge. Environ 10 % de la population occidentale souffrent d’une remontée acide tous les jours. Il faut savoir aussi que les femmes enceintes sont les plus touchées par cette affection (30 à 40 % des cas).
Noter que le reflux gastrique des enfants de moins 18 mois n’est pas traité dans cet article.
Le pyrosis est le principal symptôme du reflux gastrique de l’adulte. Il s’agit d’une sensation de brûlure au niveau du creux de l’estomac qui remonte le long de l’œsophage. L’intensité de la douleur varie de faible à modéré. Elle est localisée derrière la poitrine ou en haut du ventre (dans la zone dit « épigastrique »). Elle peut irradier vers le cou, les côtés du ventre, le dos ou les bras.
La sensation de brûlure au cours d’un reflux gastrique apparaît de façon brutale et dure brièvement. Survenant généralement la nuit, le reflux peut être temporaire ou prolongée. Noter que le reflux gastrique se déclenche sans effort. Il est favorisé par la position allongée, lorsqu’on fait son lacet ou par la prise de repas gras.
Les personnes qui souffrent de reflux gastrique ont souvent une digestion difficile. Le Rot le hoquet, le rejet ou la pituite (rejet à jeun au lever de liquide aqueux [fréquent chez les alcooliques]) sont aussi des symptômes du reflux gastro œsophagien.
Dans certains cas compliqué de RGO, la personne peut présenter des symptômes pulmonaires tel qu'un asthme, une toux ou une pneumonie à cause des inhalation de vomi. Elle peut également développer une douleur sur le thorax, ou des symptômes tels qu'une gêne dans la gorge, un enrouement, une laryngite ou des douleurs à l’oreille.
Toutes les douleurs dans la gorge ou dans l’œsophage ne sont pas dues à un reflux gastrique. On peut citer :
Le cancer de l’œsophage : le patient est tout le temps fatigué. Il perd l’appétit, a des difficultés à avaler, s’amaigrit et vomit du sang. Cela arrive notamment aux tabagiques et alcooliques.
Le calcul biliaire : une affection qui se traduit par des douleurs brutales sur le côté droit du corps avec présence de fièvre et de jaunisse (couleur jaune pâle de la peau et des muqueuses.).
L’infarctus du myocarde : douleur liée à l’effort et au froid qui irradie dans la mâchoire ou le bras droit. Cette maladie survient surtout chez les sujets aux risques cardiovasculaires multiples.
Le vomissement,
Les douleurs thoraciques,
Les difficultés à avaler.
Les bilans médicaux ne sont pas obligatoires dans le cas d’un reflux gastro-œsophagien de l’adulte. Toutefois, ils sont recommandés en cas de complications ou de doute sur le diagnostic.
Il s’agit d’un examen pendant lequel on regarde l’état de l’œsophage et de l’estomac à l’aide d’un dispositif doté d’une caméra. La fibroscopie est indiquée pour apprécier les complications du RGO. La prise en charge ne change pas si le reflux gastrique n’est pas compliqué.
Voici les signes de complications qui peuvent être révélés par la fibroscopie.
Grade 1 : rougeur et érosion des plis (œsophagite peptique).
Grade 2 : lésions érosives et exsudatives confluentes sur plusieurs plis, mais non circulaires.
Grade 3 : érosions confluentes et circulaire sans sténose.
Grade 4 : rétrécissement de l’œsophage (sténose peptique).
Grade 4 aussi : remplacement du tissu œsophagien par un tissu précancéreux (endobrachyoesophage).
A l’imagerie, un estomac qui remonte dans le thorax évoque une hernie hiatale.
Au cours de cet examen, on peut parfois faire des biopsies à la recherche d'une bactérie provoquant des brulures à l'estomac (Helicobacter pylori).
Il s’agit d’un test qui permet de mesurer le pH du reflux. Il confirme le diagnostic du RGO en cas de doute du médecin.
Pour le traitement d’un reflux gastrique de l’adulte, il convient de consulter un médecin généraliste. En cas de complications, l’avis d’un gastroentérologue est nécessaire. Le pharmacien peut parfaitement donner des conseils et orienter si besoin.
Traitement symptomatique de premier choix
En premier lieu, il faut changer son alimentation et son habitude de vie.
Ne pas manger trop gras. Attendre un délai de 3 h après le repas avant de se coucher.
Éviter la position penchée en avant et la position allongée. Surélever la tête de lit de 10 à 15 cm.
Éviter les efforts physiques après le repas.
Éviter les vêtements trop serrés et les ceintures.
Vous pouvez aussi opter pour les antiacides pour calmer les brûlures d’estomac. Vous avez le choix entre les sels d’aluminium (PHOSPHALUGEL), les sels de magnésium, le carbonate de calcium et le bicarbonate de sodium GAVISCON. Ces médicaments ont un effet sur les gênes mais pas sur la fréquence des crises. Vous devez les prendre au moment des symptômes (souvent le soir ou au coucher), et à distance de 2 à 3 h des autres médicaments, car ils réduisent leur absorption.
En deuxième choix
Si les mesures précédente ne suffisent pas, prendre un inhibiteur de l’acidité gastrique : le plus connu est l’oméprazole. La dose est de 10 mg, 20 mg et 40 mg. Un traitement pendant 8 semaines permet de guérir les remontées acides dans 80 % des cas.
On peut ouvrir la gélule et avaler les granules si c'est plus facile. Ne pas prendre ce médicament systématiquement, c'est à dire sans symptômes, et éviter une longue période de traitement. Une cure de 4 semaines (8 semaines si complication) est recommandée. Arrêter progressivement le traitement pour éviter un relent d’acidité gastrique.
Et en troisième choix
Il existe d’autres inhibiteurs de la pompe à protons comme le rabéprazole, l’esoméprazole, le pantoprazole ou le lansoprazole. Ils ne présentent pas de grands avantages par rapport à l’oméprazole.
Vous pouvez aussi recourir aux antihistaminiques H2 : famotidine. Toutefois, ils sont toutefois moins efficaces que les inhibiteurs de l’acidité gastrique. Ps: ranitidine et nizatidine ne sont plus commercialisés.
L’alignate de sodium n’apporte rien de plus que les autres traitements d’un reflux gastro œsophagien.
Attention avec ces médicaments : ne les utilisez pas car ils font pires que mieux :
Cimétidine : cet anti histaminique H2 a beaucoup trop d’effets indésirables.
Dompéridone : il expose à des troubles du rythme cardiaques et à un risque de mort subite.
Ibuprofène : aggrave l’acidité de l’estomac.
Les argiles comme kaolin ou diosmectite SMECTA en raison de la toxicité du plomb.
Les traitements définitifs
Il n’existe pas de traitement définitif pour soigner le reflux acide de l’estomac. En ce qui concerne la chirurgie, elle devra être discutée et évaluée cas par cas. En effet, l’opération chirurgicale au cours d’un RGO n’est pas plus efficace que les traitements médicamenteux.
2/3 des personnes présentent encore des gênes 10 ans après la découverte du reflux gastro œsophagien. Une surveillance endoscopique est donc nécessaire.
Notez que les symptômes extradigestifs (toux, douleurs thoraciques, etc.) ne sont pas calmés par les antiacides.
L’obésité est un facteur de risque du reflux gastrique de l’adulte, il est donc important de suivre un accompagnement pour perdre du poids.
Éviter les aliments qui déclenchent un RGO : repas gras, aliments pimentés, aliments épicés, nourritures acides, alcool, café, boissons gazeuses, chocolat, agrumes, mets très sucrés…
Arrêter le tabac. Il faut prendre un accompagnement si besoin.
Revoir l'indication des médicaments. Ils peuvent être en lien avec le RGO.
Pour éviter la répétition du RGO, il convient parfois de suivre un traitement d’entretien par dose minimale efficace. Faites des coupures de temps en temps.