Ostéochondrite dissequante de genou
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L’ostéochondrite disséquante de genou est une pathologie des zones de croissance des os et du cartilage. Elle se manifeste chez les jeunes adultes et les enfants dont les douleurs de genoux doivent alerter. De quoi s’agit-il exactement ? Comment se fait le diagnostic ? Existe-t-il des moyens pour la prévenir ou la traiter ? Découvrez les réponses dans cet article.
« ostéo » vient du mot « os ». « Chondrite » signifie « inflammation du cartilage ». « Disséquante » veut dire « fragment ». L’ostéochondrite disséquante de genou est une maladie qui touche l’os sous cartilagineux au niveau du genou. Elle est dite disséquante, car elle évolue vers la séquestration d’un fragment osseux par rapport au reste de la surface articulaire.
On l’appelle également ostéochondrose de genou, ostéochondrite épiphysaire ou maladie de König.
Actuellement, les causes de l’ostéochondrite disséquante de genou sont encore mal identifiées. On pense qu’elle est secondaire à un traumatisme et à la perturbation vasculaire liée à la croissance.
Elle concerne particulièrement le condyle interne du genou.
L’ostéochondrite disséquante de genou concerne les adolescents et les jeunes adultes (moins de 25 ans).
L’ostéochondrite disséquante de genou se manifeste par une douleur condylienne (interne surtout), d’horaire mécanique. La douleur s’aggrave avec l’activité physique.
À ce symptôme s’ajoutent un blocage du genou ou accrochage et une boiterie.
Le médecin peut détecter la présence d’un œdème.
Il réalise aussi une palpation du genou en vue de rechercher la zone qui est le plus sensible.
Pour confirmer le diagnostic, le médecin demandera une radiographie de face et profil.
La radiographie permet d’évaluer la gravité de la maladie qui se divise en 4 stades.
Stade 1 : apparition d’une lésion hyperclaire bien limitée, à contours denses du condyle interne.
Stade 2 : le séquestre est séparé de la niche par une ligne radio transparente.
Stade 3 : le séquestre est partiellement détaché de sa niche.
Stade 4 : le fragment est totalement détaché migrant à distance de la niche.
Dans certains cas, le médecin peut demander un scanner ou une IRM.
Un pharmacien ou un autre praticien de ville peut donner des conseils et orienter le patient. Un médecin généraliste ou un médecin du sport est en mesure de faire le diagnostic.
Si nécessaire, on fera appel à un rhumatologue pour un avis spécialisé médical. En cas de nécessité, un chirurgien orthopédique donnera un avis chirurgical.
Pour atténuer la douleur condylienne liée à l’ostéochondrite disséquante de genou, la prise d’un antalgique comme le paracétamol est indiquée. Le patient a également besoin de repos et d’utiliser des cannes anglaises. Une physiothérapie (kiné) est également conseillée afin de rééduquer l’articulation.
En alternative, les anti inflammatoires peuvent êtres utilisés. Les crèmes à base de diclofénac dont l'effet modeste et fugace ou les traitements par voie orale comme l’ibuprofène ou le naproxène.
En derniers recours, la morphine, la codéine ou le tramadol.
Les corticoïdes par voie orale en cure courte et les corticoïdes en injection (pas de documentation) ont des bénéfices incertains pour soulager les symptômes de l’ostéochondrite disséquante de genou.
Par contre, les médicaments suivants sont à écarter car ils sont trop dangereux par rapport à leur bénéfice:
Coxibs, acéclofénac, diclofénac, piroxicam : ces antiinflammatoires ont beaucoup d’effets indésirables et ne sont pas plus efficaces.
Kétoprofène : par voie orale, il expose à des effets indésirables digestifs ; par gel, il surcroît d’effet indésirable par rapport aux autres AINS.
Dans le cas où les symptômes de l’ostéochondrite disséquante de genou deviennent plus importants, la meilleur option sera de réaliser une arthroscopie. Il s’agit d’un examen du genou à l'aide d'une caméra. Une fois la lésion visualisée, l'intervention chirurgicale visera à réaliser une suture ou un retrait du fragment. La durée d’hospitalisation est entre 1 à 3 jours. Le patient peut marcher avec des cannes anglaises pendant 6 semaines.
La rééducation post-opératoire peut être réalisée dès le cinquième jour après l’intervention. La récupération est lente. Elle peut aller jusqu’à 6 mois.
L’évolution positive des symptômes de l’ostéochondrite disséquante de genou dépend de la gravité de la maladie et l’âge du patient. Plus la lésion est petite et l’enfant est jeune, plus les chances de guérison sans séquelle sont grandes.
Pour prévenir les complications après l’ostéochondrite disséquante de genou, mieux vaut être bien accompagné vers la reprise adaptée du sport.