Hernie discale
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La hernie discale est marquée par une vive douleur de dos suivie de fourmillement qui irradie jusqu’en bas du corps, la fameuse sciatique. Découvrez toutes les informations essentielles à cette pathologie dans cet article.
Le disque vertébral désigne un disque mou situé entre les os du rachis.
Une hernie représente une partie d’un organe qui fait saillie en dehors de sa place habituelle.
Pour la hernie discale, c’est une partie du disque intervertébral qui fait saillie dans le canal ou le nerf issue de la moelle épinière.
Dans 90 % des cas, la hernie discale se situe au niveau des vertèbres lombaires, entre les vertèbres numéro L4-L5 ou L5-S1.
Dans 8 % des cas seulement, la protrusion de disque se fait au niveau des vertèbres du cou, et plus précisément celles numéro C5-C6 ou C6-C7.
Généralement, la hernie discale apparaît à la suite d’une agression (lésion) qui touche la colonne vertébrale. Le disque endommagé va s’enflammer et entraîner des douleurs. Le plus souvent, il fait saillie de manière intermittente et les symptômes sont passagers. Ainsi, il se fissure, puis il expulse son cœur pulpeux vers l’arrière de la colonne vertébrale, là où se trouvent les nerfs.
Les personnes concernées
La fragilité des disques intervertébraux est fréquente entre l’âge de 25 et 40 ans. 5 % des hommes et 3 % des femmes qui souffrent de la maladie appartiennent à cette tranche d’âge.
Après l’âge de 40 ans, le disque se raidit, ce qui réduit les risques.
Les facteurs de risque
Les hommes sont légèrement plus touchés par la hernie discale.
Il existe d'autres facteurs qui favorisent la survenue de la pathologie. On peut citer :
les efforts répétés au niveau de la colonne vertébrale (port de charges lourdes, conduite, flexion…).
les activités sportives intenses chez les athlètes ;
la génétique: une prédisposition familiale à la hernie discale ;
la sédentarité ;
la grossesse ;
les mauvaises postures ;
le surpoids ;
l’obésité ;
le tabagisme.
La hernie discale est parfois, découverte par hasard. Elle est souvent déclenchée par un effort de soulèvement.
La hernie discale se manifeste par une douleur d’intensité variable qui part de la région lombaire (« les reins »). Cette dernière irradie vers les fesses jusqu’aux membres inférieurs. Dans 8 % des temps, elle affecte même les bras et les épaules.
Au début, la douleur est aigüe et brutale. Puis, elle devient continue et d’horaire mécanique.
Elle est accentuée par :
la toux ;
l’éternuement ;
la défécation ;
l’effort ;
le mouvement d’antéflexion et d’inclinaison latérale ;
la position allongée ;
la position assise prolongée ;
la manœuvre de Vasalva (impulsivité).
Par contre, elle est inhibée au repos.
En association à la douleur, le patient ressent également de l’engourdissement ou fourmillement le long du trajet nerveux touché.
Afin de poser le diagnostic de la maladie, le médecin réalise toujours un examen clinique de la zone concernée. Pour ce faire, il effectue une palpation du dos.
Chez le patient, cela crée une contracture, une raideur et une douleur. C’est le syndrome rachidien. Ce syndrome ne permet pas à lui seul un diagnostic précis.
Par contre, lorsque le médecin soulève la jambe du patient allongé, un déclenchement des douleurs est en faveur d'une atteinte nerveuse.
Les symptômes et signes cliniques suivants mènent au diagnostic de compression nerveuse grave :
un paralysie ou une incapacité de marcher sur ses talons, sur la pointe des pieds, suivie d’une perte de dextérité… ;
une anesthésie ressentie au long du trajet.
Par ailleurs, le médecin redoute aussi le syndrome de la queue-de-cheval en présence des signes suivants :
douleur et fourmillement dans le bassin et dans les jambes ;
anesthésie du périnée et de l’anus ;
difficulté à uriner, ou au contraire, incontinence ;
troubles de l’érection.
Si la douleur dure plus de 6 semaines ou s’il y a des complications, il convient de passer à plusieurs types d’examens.
a) Un examen scanner ou IRM du rachis
Le scanner ou IRM du rachis permettent de visualiser la hernie discale et de son rapport avec les nerfs autour. À noter qu’il n’y a pas de corrélation directe entre la taille de la hernie et le niveau de douleur.
b) Une radiographie
La radiographie permet de voir le bâillement discal latéral et postérieur. C’est un signe direct de la maladie, mais on ne le détecte que rarement. Sa performance est moyenne.
c ) Une saccoradiculographie
Cet examen s’effectue après une injection de produit de contraste (métrizamide). Il sert à inspecter les espaces localisés sous arachnoïdes qui entourent les racines nerveuses lombaires et sacrées. Il est rarement demandé de nos jours.
d) Électromyogramme
Pour voir la présence d’une compression nerveuse, le médecin propose parfois un examen électromyogramme pour apprécier une altération des muscles.
La prise en charge de la hernie discale se passe en ville. Tous les professionnels de santé peuvent apporter leur aide pour accompagner le patient.
Le pharmacien, conseille et oriente le patient vers les services médicaux concernés.
Le médecin généraliste, lui, procède au diagnostic de la pathologie.
Quant au rhumatologue ou radiologue interventionnel, ils traitent la maladie en cas d’infiltration.
Contrairement à une idée parfois répandue, le patient doit maintenir une activité physique compatible avec la douleur et prendre des postures qui épargnent le dos.
Si nécessaire, vous mettre de la chaleur dans le bas du dos en faisant attention à ne pas se brûler. Pour ce faire, il y a par exemple, la ceinture lombaire chauffante à 40 °.
Il est aussi possible d’utiliser des anti douleur ou des anti inflammatoires par voie orale comme le paracétamol et l’ibuprofène.
Si les symptômes persistent et qu'ils sont forts, la morphine, le tramadol et la codéine sont d’excellentes alternatives.
L’ostéopathie présente également un intérêt à court terme sur la douleur. Et l’arnica homéopathique s’avère apporter un effet placebo sur les symptômes.
Les médicaments à bénéfices incertains
Il existe aussi d’autres médicaments, dont les bénéfices restent incertains. On peut citer :
le Néfopam: efficacité anti douleur mal établie, sans doute modeste, mais mal toléré ;
les anti inflammatoires par crème ou gel: efficacité très modeste à la limite du placebo ;
les exercices physiques ou la kinésithérapie: ne semblent pas efficace pour accélérer la guérison ;
la ceinture lombaire: pas de preuve d’efficacité ;
l’acupuncture: pas de preuve d’efficacité ;
la mésothérapie: pas de preuve d’efficacité ;
l’infiltration de corticoïdes: atteste un manque d’études.
Les médicaments à écarter
À écarter les benzodiazépines, vu qu’ils montrent trop d’effets indésirables. Les myorelaxants comme le thiocolchicoside et le methocarbamol n'ont pas fait leur preuves alors qu'ils peuvent représenter un danger.
À faible dose, la caféine n’ajoute pas d’effet antalgique alors qu’à forte dose, elle expose à des effets secondaires.
Les coxibs, l’acéclofénac, le diclofénac et le piroxicam sont des anti-inflammatoires moins efficaces qui ont plus d'effets indésirables que les autres médicaments cités plus haut.
Les corticoïdes par voie générale ne sont pas non plus efficaces.
Et quant aux camphre et menthol, ils exposent aux convulsions.
Pour rappel, les femmes enceintes ne doivent pas prendre d'anti inflammatoires après 24 semaines d'aménorrhée, et très ponctuellement avant.
Le traitement via la chirurgie est rarement nécessaire, mais on peut y avoir recours dans 5 à 10 % des cas.
À ce moment-là, on doit procéder à une exérèse de la hernie et au curetage du disque. Parfois, le chirurgien procède à une laminectomie décompressive afin d’enlever l’arc osseux qui recouvre le nerf.
On obtient 90 % de guérison spontanée en 6 semaines environ.
Les récidives sont, en revanche, possibles avec parfois, un passage à la chronicité.
Pour pouvoir prévenir la survenue de la hernie discale, il faut avant tout lutter contre les facteurs de risque.
La prévention se passe au niveau personnel et collectif dans le milieu professionnel. Au niveau des postures entre autres, essayer de maintenir le dos droit. Il faut également maintenir une charge contre le corps, posture de la fente en avant.
Il convient de pratiquer le sport qui vise à muscler le dos et les abdominaux et à éviter les talons hauts.
En outre, il faut lutter contre :
la sédentarité ;
le surpoids ;
le tabagisme.
En présence de la maladie, afin de lutter contre les complications, on entreprend des actions en présence des lombalgies chroniques. Pour ce faire, il faut pratiquer des exercices physiques soutenus qui visent à réduire l’incapacité au travail.