Synovite aigüe transitoire de hanche
Fiche maladie Images Ordonnances
Une boiterie chez l'enfant est toujours un sujet préoccupant. La synovite aiguë transitoire de la hanche peut en être la cause. Mais de quoi s’agit-il vraiment ? Comment la reconnaître, la diagnostiquer et la traiter ? Découvrez toutes les réponses dans cet article.
Pour mieux comprendre ce qu’est réellement la synovite aiguë transitoire de la hanche, nous allons voir quelques définitions.
La hanche, partie dans laquelle notre cuisse est emboîtée, constitue une articulation. Celle-ci est tapissée intérieurement de membrane synoviale qui joue le rôle de lubrification.
On parle de synovite lorsque la membrane synoviale est sujette à une inflammation.
Le terme aigu, lui, veut dire que l’affection est d’apparition récente.
Le mot « transitoire » signifie que l’inflammation est passagère et disparaît de façon spontanée.
La synovite aiguë transitoire au niveau de la hanche est communément appelée « rhume de hanche ».
La synovite aiguë transitoire au niveau de la hanche se traduit par l’inflammation de la membrane tapissant l’intérieur de l’articulation de la hanche.
Il s’agit d’une arthrite réactionnelle. Les véritables causes ne sont pas connues. Certaines hypothèses supposent une origine virale, probablement parce que la pathologie survient durant les périodes hivernales. Les hypothèses scientifiques à ce sujet sont encore à l'état de débat.
La synovite aiguë transitoire est une des pathologies les plus fréquentes de la hanche que l’on retrouve chez les enfants de 3 à 10 ans. Environ 1 enfant parmi 500 en souffre chaque année.
Ce rhume de hanche touche 3 fois plus de garçons que de filles.
Le rhume de hanche est une maladie saisonnière qui survient surtout chaque hiver et printemps.
Il se manifeste par l’apparition brutale d’une douleur inguinale de hanche qui irradie jusque dans les cuisses et aux genoux. Dans 80 % des cas, l’atteinte est d'un seul coté.
À cause de la douleur, s’appuyer sur les pieds devient difficile. Le patient présente alors des difficultés à marcher. Pour y parvenir, il marche sur la pointes des pieds et boite.
Le praticien commence par prendre la température qui se révèle souvent normale ou légère, mais inférieure à 38,5 °C.
Il met ensuite en évidence une certaine limitation douloureuse des mouvements de la hanche, notamment pendant de la rotation interne, l’écartement des cuisses et l’hyperextension.
Lors du diagnostic, il est important d’écarter toutes les pathologies susceptibles d’être confondues avec le rhume de hanche comme l’ostéochondrite. Cette dernière se caractérise par l’intensité et la persistance des douleurs au niveau du membre inférieur. D'autres maladies sont aussi possibles.
Pour confirmer le diagnostic, des examens d’imagerie et des examens biologiques sont utiles.
a) Radiographie du bassin : de face et de profil
Elle montre parfois une hanche normale. Mais on pourrait également observer un épanchement ou une accumulation de liquide au niveau de l’articulation. Cela s’accompagne de l’élargissement de l’interligne articulaire et du refoulement des lignes graisseuses péri-articulaires.
Au niveau des parties molles, on peut constater un épaississement.
Pas de signes très francs donc.
b) Échographie de la hanche
L’échographie peut détecter la présence d’un épanchement.
c) Examens biologiques
La prise de sang va consister à savoir si il existe un syndrome inflammatoire biologique, c'est à dire une élévation de la CRP (C reactive protein)et une augmentation des leucocytes. Souvent, l'hyperleucocytose n'est pas présente.
En cas de doute, et seulement dans ce cas, la ponction de liquide articulaire peut être réalisable. Si le sujet est atteint de rhume de hanche, on observera un liquide clair, inflammatoire, mais stérile. Le fait de ne pas trouver de bactérie rassure.
d) Scintigraphie osseuse au bisphosphonate
Elle est utile pour y voir plus clair sur la maladie au cas où celle-ci ne s’améliore pas après plusieurs jours de traitement.
Cet examen permet d’observer une hyperfixation.
Dans le cas où l’on observe une hypofixation au cours de la scintigraphie osseuse, on oriente le diagnostic vers une ostéochondrite.
Pour demander un conseil et s'orienter, on peut se tourner vers le pharmacien ou un personnel de santé paramédical.
Toutefois, pour un diagnostic précis, il vaut mieux s’adresser à un médecin généraliste. L’avis spécialisé d’un rhumatologue ou d'un pédiatre est d’une grande importance en cas de doute, pour décider du type traitement adapté à la situation.
Pour soulager les symptômes de la synovite aiguë transitoire de hanche, un repos au lit est primordial, pendant une durée de 7 jours. Des anti douleurs et anti-inflammatoires sont aussi nécessaires pour apaiser la douleur. Pour ce faire, prendre du paracétamol ou de l’ibuprofène. Il ne faut pas prendre des Coxibs ou du kétoprofène à la place, car ils comportent beaucoup plus d'effets indésirables.
Il se peut que les symptômes douloureux persistent et s’accompagnent d’une raideur. Dans ce cas, une hospitalisation devient indispensable afin de réaliser une immobilisation par traction axiale du membre, durant 5 jours.
Il est toujours important de surveiller de près l’état de santé du patient pour éviter les complications et suivre son évolution.
Normalement, une nette amélioration sans moindres séquelles s’observe au bout de 5 à 10 jours. Les rechutes restent peu fréquentes ne concernant que 1 cas parmi une dizaine.
Par ailleurs, pour lutter contre les complications, il faudra faire une échographie au 45e jour. Cela permettra d’éliminer l’ostéochondrite primitive de la hanche et de détecter les moindres troubles.