Scarlatine
Fiche maladie Images Ordonnances
La scarlatine touche en particulier les enfants. Elle provoque un rash cutané impressionnant. Est ce grave ? Vrais et faux traitements ? Découvrez dans cet article comment reconnaître la scarlatine, quels sont les médicaments efficaces et ceux à éviter.
La scarlatine est une maladie infectieuse d’origine bactérienne conduisant à une angine, une forte fièvre et une éruption cutanée.
L’agent responsable de la scarlatine est la bactérie appelée « Streptocoque pyogenes ». Une fois à l’intérieur de l’organisme, elle produit une toxine. C’est cette dernière qui cause principalement les symptômes de la maladie.
L'enfant se contamine en respirant les postillons, éternuements, ou toux d'une personne portant le germe, ou par par l’intermédiaire d’objets contaminés.
Les premiers symptômes de la scarlatine apparaissent 2 à 5 jours après la contamination. À partir du cinquième jour, elle devient contagieuse pour une autre personne.
La contagion s'arrête 48 heures après la prise d’antibiotiques. Par contre, en l’absence de traitement, cette période peut s’étendre jusqu’à 21 jours.
La scarlatine touche principalement les enfants d’âge scolaire, c’est-à-dire entre 3 et 10 ans. Avant 3 ans, les tout petits bénéficient de la protection des anticorps maternels qui se sont transmis pendant la période de la gestation. Quant aux adultes, des cas existent, mais sont très rares.
La scarlatine est fréquente en hiver.
La maladie est marquée par une fièvre subite qui dure 1 ou 2 jours (phase invasive). La fièvre est élevée (39 ° et 40 °), et s'accompagne de frissons, malaise, maux de tête, maux de gorge, de troubles digestifs, d’une sensation de cuisson et de démangeaisons cutanées.
La fièvre est suivie d’une éruption cutanée généralisée.
On commence par prendre la température de l’enfant.
Puis on inspecte sa peau. La scarlatine se caractérise par des rougeurs étendues qui laissent peu de peau saine. Elles se localisent sur le tronc, la racine des membres et les plis de flexion.
Les régions paumes-des-mains, plante-des-pieds, et péribuccale sont épargnées.
Après 7 jours et jusqu’à un mois après le début de la maladie, on observera une peau qui pèle en grands lambeaux avec aspect en « doigt de gant ». La peau devient rugueuse, granitée et le volume des ganglions au niveau du cou augmente.
À l’inspection de la gorge, le médecin détecte la présence d’une angine rouge-avec pus jaune. La langue montre des signes caractéristiques qui évoluent en fonction du stade de la maladie :
1er jour : langue blanche chargée ;
3e jour : langue rouge au bord et à la pointe de la langue : aspect en V ;
5e jour : langue rouge d’aspect framboisé sur l’ensemble de la langue ;
15e jour : normalisation.
Parfois, le palais et les joues peuvent être couverts de petites taches pourprées.
Femmes enceintes, rassurez vous, la scarlatine n’a pas d’effet sur la grossesse. Rarement, elle peut engendrer diverses complications infectieuses surtout en cas de négligence ou retard de traitement :
l'adénite cervicale, phlegmon, abcès, otite, pneumonie, méningite, septicémies
L'érythème noueux
Le rhumatisme articulaire aigü
Une atteinte rénale: la glomérulonéphrite aigüe (rare)
Pour confirmer le diagnostic de scarlatine, le médecin peut recourir à des examens complémentaires.
La confirmation biologique de la scarlatine consiste a faire un prélèvement de gorge à l’aide d’un coton tige. C’est un test rapide qui peut confirmer la présence d’un streptocoque en moins de 5 minutes.
La prise de sang n'est pas nécessaire, mais peut orienter :
une numération de formule sanguine (NFS) pour déterminer et observer le nombre et la hausse des globules blancs qui se défendent contre le germe ;
une CRP qui monte, signifiant qu'il y a une inflammation quelques part
un ASLO (AntiStreptoLysine O) pour voir le taux des anticorps spécifiques contre la streptolysine O (c'est une substances toxiques produites par les Streptocoques). Cette demande est rare.
Pour bénéficier d’un diagnostic fiable et d’un traitement adéquat, il convient de consulter un médecin généraliste ou un pédiatre dès l’apparition des symptômes évoquant la maladie. Le pharmacien délivrera les conseils.
Pour apaiser la fièvre et les douleurs, vous pouvez conseiller du paracétamol.
Si les douleurs persistent, privilégier les aliments liquides en bouillie ou en purée comme les soupes tièdes, la semoule, la purée de pommes de terre, etc. Ne consommez pas des aliments acides (par exemple : agrumes, tomates ou vinaigre) et trop salés (comme les chips ou les biscuits). Mâchez aussi des chewing-gums, car la salive contient des anticorps capables d’aider le corps à combattre l’infection.
Il vous faut également boire suffisamment d’eau pour éviter de la déshydratation. Il est possible d’absorber de l’eau glacée par petites quantités pour calmer la douleur. Si vous le souhaitez, vous pouvez donner des confiseries à votre enfant (ex : des pastilles au miel et au citron) ou des boissons chaudes ou glacées. Ça a la même efficacité que les soi disant sirop pour les maux de gorge.
Quant aux médicaments ci-dessous, leurs effets contre la scarlatine restent incertains donc maniez les avec précaution :
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) de type ibuprofène ou naproxène : à donner à dose minimale et pour une plus courte durée. Il est quand même possible d’en administrer si le paracétamol s’est avéré inefficace contre la fièvre et les douleurs, mais sous couvert d'un bon antibiotique. Toutefois, la prise de ce type de médicaments vous expose à un surcroît de complications graves si vous ne respectez pas cette consigne. Faites attention, les AINS sont proscrits chez les femmes enceintes.
Les antiseptiques par voie buccale comme l’amylmétacrésol, le cétylpyridinium, la chlorhexidine, l’héxidine, l’héxamédine n’ont pas d’efficacité démontrée. Mieux vaux donner des bonbons à la place.
En revanche, les traitements suivants sont absolument à éviter (la liste est longue !):
homéopathie à moins de 4 CH : son effet placebo ne pèse pas lourd face aux risques allergiques qu’elle peut causer ;
les anti-inflammatoires tels que des coxibes, de l’aceclofénac, du diclofénac, du piroxicam : ils présentent de nombreux effets indésirables alors qu’ils ne sont pas plus efficaces que les autres anti-inflammatoires (ibuprofène et naproxène) ;
les solutions nasales en spray chez le nourrisson : cela expose à beaucoup de risques de fausses routes, voire un arrêt respiratoire ;
les corticicoïdes par voie générale : leur bénéfice reste inintéressant comparé aux risques qu’ils représentent ;
les pastilles d’anti-inflammatoire à sucer tel que le flurbiprofène : ils ne sont pas efficaces et peuvent provoquer des allergies ;
les anesthésiques locaux comme la lidocaïne ou la tétracine : ils exposent à de fausses routes avec des risques de convulsions ;
le tixocortol en pulvérisation buccale : en plus de manquer d’efficacité, ce médicament peut causer des réactions allergiques ;
l’ambroxol et la bromhexine : ce sont des mucolytiques aux effets placebo qui présentent plusieurs risques de réactions allergiques accompagnées de réactions cutanées graves ;
l’alpha-amylase : c’est un médicament à effet placebo qui expose à des allergies ;
la propolis : c’est une substance fabriquée par les abeilles qui est inefficace et qui peut provoquer des réactions allergiques.
Seule une antibiothérapie peut agir efficacement sur le Streptocoque. Pour ce faire, il faudra prendre amoxicilline 50 mg/kg/j en deux fois, tous les jours durant 6 jours. Le délai prescrit doit être respecté pour garantir l’efficacité du traitement.
En cas de contre-indication de l’amoxicilline, à la suite d’une allergie par exemple, le médecin prescrit en général de l’azithromycine.
La scarlatine est une maladie infectieuse bénigne qui engendre rarement des complications. Par précaution, un test urinaire peut être réalisé avec une bandelette urinaire afin de rechercher une anomalie rénal 3 semaines après le début de l'infection. Mais cela se fait de moins en moins vu la rareté de cette complication.
Les risques de récidive sont nuls, car pendant la première contamination, l’organisme développe une immunisation à vie.
Afin de limiter la transmission de la bactérie, il est primordial de respecter les gestes barrières :
laver régulièrement vos mains au savon, le gel hydroalcoolique peut être une solution alternative au besoin ;
éternuer et tousser uniquement dans votre coude et non sur les mains ;
porter un masque de type chirurgical ;
limiter les contacts directs ;
réduire les contacts avec les personnes fragiles ;
utiliser des mouchoirs à usage unique ;
désinfecter les surfaces qui peuvent être souillées.
Chez l’enfant qui souffre de scarlatine, une éviction scolaire jusqu’au rétablissement est vivement recommandée.