Fracture costale
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La fracture costale est très fréquente en traumatologie thoracique. Elle est souvent due à un choc direct. Mais aussi, elle peut être consécutive à une maladie sous-jacente. Dans ce cas, on dit qu’elle est « pathologique ». Mécanisme, diagnostic, traitement… on fait le point sur la fracture des côtes.
Plusieurs mécanismes peuvent entraîner une fracture costale. Elle résulter d’une chute de sa propre hauteur, contre un évier par exemple, ou lors d’un choc accidentel.
Une fracture de côte peut être également secondaire à une contraction violente des muscles intercostaux lié à un effort de toux. Cela peut se produire même en l’absence d’ostéoporose (la diminution de la densité osseuse).
La fracture des côtes peut être également liée à d’autre pathologie plus grave comme une métastase par exemple (tumeur osseuse, cancer du sein, etc.).
La fracture des côtes touche environ 8 personnes sur 1000. Elle peut concerner tout le monde, mais il existe quand même des sujets à risques comme :
les personnes exposées à des chocs violents ;
les personnes qui ont une carence en vitamines D, calcium et magnésium ;
les personnes âgées atteintes d’une insuffisance respiratoire.
La fracture costale est généralement d’origine traumatique, typiquement une chute, un accident de la route ou un choc violent.
Les lésions costales sont accompagnées par une douleur de la paroi qui ne permet pas de respirer correctement. Elle s’accentue lors d’un effort ou lors d’une toux violente.
À l’inspection, le praticien constate une déformation des arcs costaux.
On observe également une limitation des mouvements respiratoires. On devine un volet costal de part les mouvements du thorax.
À la palpation du foyer de la fracture, le patient ressent une vive douleur.
Une complication de la fracture costale peut être suspectée si plus d’un des caractères ci-après apparaît :
un patient âgé de plus de 60 ans ;
un mécanisme de décélération rapide ;
une douleur thoracique ;
une intoxication ;
un trouble de la conscience ;
une douleur ressentie sur une autre localisation ;
une douleur à la palpation du thorax.
Dans ce cas, il faut réaliser une imagerie.
D’autres complications peuvent également survenir.
Volet costal : il se manifeste par une ventilation paradoxale où une partie des côtes s’enfonce à l’inspiration et est repoussée à l’extérieur à chaque expiration. Le volet costal est formée par des fractures multiples qui concernent au moins 3 étages de côtes, avec au moins 2 fractures par étage. Le segment fracturé se détache alors de la paroi thoracique. Le volet costal le plus dangereux est dans la partie antérieure et latérale du thorax, là où il est le plus mobile. Dans le dos, il est stable.
Lésions associées : elles sont suspectées si le patient a des douleurs importantes dans le ventre.
Suspicion d’hémothorax : il s’agit d’une accumulation de sang entre la cage thoracique et le poumon (dans la cavité pleurale). Elle est caractérisée par une diminution du bruit respiratoire et de la matité lors de la percussion thoracique.
Pneumothorax : elle correspond à la présence d’air dans la cavité pleurale. Elle se manifeste par la diminution des bruits respiratoires associée à un son creux lorsqu'on percute le thorax avec les doigts.
Pour confirmer le diagnostic d’une fracture costale, il faut effectuer une radiographie du thorax de face, surtout en présence d’un critère de complication.
La radiographie du gril costal (côtes) peut ne pas être demandée notamment s’il s’agit d’une fracture isolée, car ceci est peu rentable et n’a aucun impact sur le choix du traitement.
Un diagnostic relatif à une fracture de plus de 3 côtes est grave. On aura recours au scanner thoracique pour confirmer le volet costal.
Si la fracture concerne la 9e à la 12e côte, il faudra faire un bilan du foie ou de la rate.
Si la fracture concerne les deux premières côtes, on demandera un bilan de l'aorte, de l’œsophage, et de la trachée.
Si la fracture est isolée, la prise en charge initiale s’effectue aux urgences. En revanche, s’il s’agit d’un volet costal ou un cas plus compliqué, la prise en charge initiale doit se faire en réanimation ou aux urgences selon la gravité de la maladie.
Dans tous les cas, on aura recours à l'avis d'un chirurgien orthopédique. Le médecin généraliste sera en mesure de faire le suivi du traitement par la suite. Les professionnels de santé en ville peuvent octroyer des conseils, puis orienter vers des spécialistes.
Pour apaiser la douleur, il est indiqué de prendre médicaments anti douleurs durant 1 ou 2 mois. Le paracétamol devra suffire si la fracture est isolée.
Les antiinflammatoires sont également recommandés. Ils incluent les gel locaux (effet modeste et fugace) et les médicaments par voie orale comme l’ibuprofène ou le naproxène.
Si ce traitement ne soulage pas, alors il faut prendre des antalgiques comme la morphine, la codéine ou le tramadol. Dans un cas sévère, envisager la rachianesthésie (une anesthésie injectée au travers d’un espace intervertébral).
Évitez les médicaments suivants.
Coxibs, acéclofénac, diclofénac, piroxicam : ce sont des antiinflammatoires qui provoquent trop d’effets indésirables et peu efficaces.
Kétoprofène : par voie orale, il a des effets indésirables digestifs. En gel, il a plus d’effets indésirables comparé aux autres AINS.
En ce qui concerne les fractures isolées : on n'intervient pas chirurgicalement.
Il n'y a que les cas compliqués qui nécessitent une prise en charge spécifique comme la pose de plaques vissées.
Pour lutter contre les complications, il faudra suivre une kinésithérapie respiratoire.
La consolidation des os est favorable en moins de 2 mois pour les fractures simples.
Afin d’éviter une nouvelle fracture, il vaut mieux prévenir tout type de traumatisme.