Entorse de genou
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Le genou est l’une des articulations les plus sollicitées. Il porte tout le poids du corps. Il assure également la stabilité lors des mouvements de flexion et d’extension. Quelques fois, il peut subir un traumatisme tel qu’une entorse. Que faut-il faire alors ? On répond à cette question dans cet article.
Une entorse est une lésion ligamentaire au niveau d'une articulation. Elle est principalement liée à un mouvement brusque et violent.
Au niveau du genou, il existe 4 ligaments :
ligament latéral interne (le plus souvent touché par une entorse) ;
ligament latéral externe ;
ligament croisé antérieur ;
ligament croisé postérieur (rarement touché).
Les ligaments latéraux sont situés sur les côtés de l’articulation, tandis que les ligaments croisés se trouvent au centre de celle-ci. Ces derniers sont également appelés le pivot central.
Les lésions ligamentaires périphériques (au niveau des ligaments latéraux) peuvent être graves ou bénignes. Par contre, toute lésion du pivot central est toujours importante.
L’entorse du genou est essentiellement due à des sports de pivots dans 80 % des cas. Cela peut se présenter de différentes façons.
En pratiquant le football : un shoot mal réalisé, à côté du ballon ;
En faisant du ski
Elle peut aussi être causée par un choc sur le tableau de bord de la voiture.
L’entorse est d’abord suspectée par l’histoire racontée par le patient. La douleur lors d'un traumatisme du genou viens au premier plan. Cependant il faut savoir que la douleur au genou qui est le maître symptôme n’est pas corrélée à la gravité de la lésion. La personne peut aussi se plaindre d'une diminution de la mobilité du genou (un handicap totale ou partielle).
Le genou plié pour des raisons douloureuses est l’un des signes cliniques d’une entorse du genou, que l’on détecte à l’inspection. Il s’agit de l’incapacité du genou à se mettre en extension complète.
À la palpation, une douleur est ressentie sur les trajets ligamentaires.
Le diagnostic de la gravité de l’entorse est souvent difficile à porter en urgence. Pour pouvoir évaluer la gravité de l’entorse, il est préférable d’attendre un examen approfondi du genou après la phase algique (8e jour) et après avoir éliminé une fracture.
Ainsi, plusieurs tests devront être réalisés :
test du ligament latéral interne : genou à 30 ° de flexion, genou vers l'intérieur;
test du ligament latéral externe : genou à 30 ° de flexion, genou vers l'extérieur ;
test du ligament croisé antérieur : genou fléchi à 90 °, pousser sur le tibia ;
test du ligament croisé postérieur : genou fléchi à 90 °, tirer sur le tibia.
Un test est pathologique si on ressent une instabilité.
Une entorse du genou est jugée « grave » lorsqu’il y a un handicap totale et permanent.
Lorsque les amplitudes articulaires sont limitées non seulement parce que le patient n'arrive pas à étendre son genou, mais aussi parce que le praticien n'arrive pas à mobiliser le genou, on peut suspecter la présence d'un corps étranger dans l'articulation ou une lésion d'un ménisque. Ce sont deux complications possibles.
Enfin, si le praticien perçoit du liquide dans le genou, c'est possiblement une hémarthrose : il s’agit d’un épanchement sanguin articulaire.
Deux examens sont nécessaires pour confirmer le diagnostic d’entorse du genou.
Une radiographie du genou à faire de face et de profil : le plus souvent normale. Autrement dit, elle ne montre pas grand-chose.
Une IRM (imagerie par résonance magnétique) du genou : elle est à réaliser après le 1er mois. Elle permet de préciser et diagnostiquer les lésions ligamentaires.
Lorsque l'entorse est jugée « non compliquée », il faut simplement consulter un médecin généraliste. Les professionnels de santé ville peuvent aussi conseiller et orienter vers les spécialités à consulter. À l’inverse, lorsque celle-ci s’avère compliquée, il faudra passer aux urgences. Le spécialiste est le chirurgien orthopédique.
Pour calmer la douleur, il existe différentes manières de procéder. En première intention, vous pouvez la soulager par le paracétamol, la glace (à poser sur la zone douloureuse à travers un linge), le repos, le port des cannes anglaises et la ponction d’hémarthrose.
Sinon, il y a possibilité d'utiliser les anti-inflammatoires locaux qui ont des effets modestes et fugaces ou par voie orale comme l’ibuprofène ou le naproxène en cure courte de 5 jours.
En dernier recours, vous pourrez utiliser de la morphine, de la codéine ou encore du tramadol.
En revanche, vous devez écarter certains médicaments tels que les coxibs, l’acéclofénac, le diclofénac, le piroxicam qui sont des anti-inflammatoires avec trop d’effets indésirables et sont peu efficaces.
C’est pareil pour le kétoprofène, administré par voie orale. Il cause des effets indésirables digestifs. Et le kétoprofène en gel est responsable de nombreux effets indésirables par rapport aux autres anti-inflammatoires.
Le traitement d'une entorse de genou bénigne est uniquement de soulager les symptômes. Dans ce cas, la rééducation par kiné sera précoce.
En cas de rupture isolée du ligament collatéral ou de lésion du pivot central, on préférera un traitement orthopédique. Il consiste en la mise en place d’une attelle amovible cruro-jambière à 20 ° de flexion. L’immobilisation prévue sera de 4 à 6 semaines avec des appuis autorisés d’emblée.
En option, on peut aussi porter pour une genouillère plâtrée pendant 6 semaines. Ou bien une autre option est le plâtre posé après réduction sous anesthésie générale, en attendant la chirurgie.
A distance, il faut se poser la question de la chirurgie. Elle vise à remplacer ou à renforcer un ou plusieurs ligaments rompus. Il existe deux types de chirurgie :
Le Kenneth Jones: c’est un transfert du tiers moyen du tendon rotulien avec ses insertions osseuses tibiales et rotuliennes.
Le DIDT (droit interne et demi tendineux): il s’agit de la fixation du tendon à travers des tunnels sous arthroscopie.
Pour lutter contre la possibilité de raideur, l’appui est autorisé en fonction de l’évaluation de la douleur. La kinésithérapie est autorisée dès l'arrêt des douleurs.
Dans les entorses grave, le mieux sera de faire une réévaluation après 8 jours de traitement anti douleurs.
En cas de lésions bénignes, la reprise du sport pourra se faire après environ 3 à 6 semaines.
Dans les ruptures isolées d’un ligament collatéral, la reprise d’activité pourra se faire après 3 mois.
Pour éviter toutes blessures, il faudra tout simplement se prémunir des chutes.