Epistaxis
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L’épistaxis ou saignement du nez est une affection banale qui se produit souvent chez les adolescents et les jeunes adultes. Ses origines sont multiples : frottement exagéré du nez avec les mains, curetage, coup sur la tête, sécheresse de la muqueuse nasale… Dans tous les cas, l’hémorragie nasale peut être stoppée avec de simples gestes. Dans le cas où le saignement du nez est accompagné de symptômes plus ou moins importants, il convient toutefois de consulter un médecin. Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur l’épistaxis ou écoulement de nez bénin.
L’épistaxis est une hémorragie nasale ou plus couramment, un saignement du nez. Le plus fréquent, il se manifeste au niveau de la partie antérieure du nez et ne représente aucun signe alarmant. En revanche, dans certains cas, il peut provenir de deux cavités nasales et même de la partie postérieure de la narine. Ces situations sont plus inquiétantes, car elles peuvent cacher des pathologies plus graves.
Les cavités nasales sont recouvertes d’une muqueuse riche en vaisseaux sanguins. Ils ont pour rôle d’humidifier et de réchauffer l’air que nous inspirons. Cette zone étant très fragile, divers traumatismes peuvent engendrer une lésion vasculaire et ainsi un saignement.
En général, la rupture des vaisseaux sanguins du nez est due à :
une sécheresse de l’air provoquant des envies de grattages intenses et répétitives ;
une longue exposition au soleil ;
un choc suite à l’introduction brusque d’un objet à l’intérieur du nez ou à une commotion de la tête ;
l’utilisation de médicaments par voie nasale.
Même si les cas sont rares, le saignement du nez peut aussi être relié à des anomalies comme l’hémophilie, le développement d’une tumeur, l’hypertension artérielle, la maladie de Rendu-Osler, la télangiectasie.
Les traitements à base de médicaments anticoagulants et d’antiagrégants plaquettaires ainsi que les drogues par voie nasale sont aussi responsables d’une épistaxis.
Selon une enquête, 60 % de la population mondiale ont eu une épistaxis au moins une fois dans leur vie. Elle est très fréquente chez les enfants notamment avant l’âge de 10 ans.
S’il s’agit d’une épistaxis « essentielle », c'est à dire sans cause pathologique, l’unique symptôme qui apparaît à l’extérieur est le saignement de nez.
En l'absence de complications, les signes vitaux sont normaux : tension artérielle normale, fréquence cardiaque normale, couleur de la peau et des muqueuses normale. À l’inspection, on peut apprécier un écoulement de sang qui provient d’un seul ou des deux narines. Le saignement peut également provenir de l’arrière de la gorge.
Il faudra vérifier s’il ne s’agit pas d’un vomissement de sang (hématémèse) ou d’un sang qui provient des voies respiratoires (hémoptysie).
Les signes qui doivent alerter sur une origine maligne sont :
une douleur intense de la tête ou de la face,
un écoulement de pus, une obstruction nasale
un saignement abondant
une anomalie des constantes. Dans le cas où le saignement du nez est trop important, cela pourrait avoir une répercussion sur l’état général du patient : baisse de la tension artérielle et de la fréquence cardiaque, anémie…
Ces signes nécessitent en urgence la réalisation d’examens supplémentaires.
Les examens biologiques sont rarement utiles. Ils ne seront prescrits qu'en cas de complications.
NFS-P : la numération des globules rouges et des plaquettes
Hémostase : TP-TCA-fibrinogène : utile pour vérifier la coagulation
RAI, Groupes, Rhésus : en cas de saignements important, pour avoir une carte de groupe
VS et CRP : en cas de suspicion d'infection
L’urée et la créatininémie : pour évaluer la fonction du rein (pour les médicaments)
La principale complication de l’épistaxis est l’anémie moyenne, voire profonde. Dans ce cas, le résultat de l’hémogramme montre un taux d’hémoglobine inférieur à 10, voire à 7g/dl.
Pour un saignement de nez bénin, le pharmacien apportera ses conseils. Sinon il faut consulter un médecin généraliste. Ce dernier est utile pour réexpliquer les conseils, prescrire des mèches ou orienter vers un médecin ORL.
En revanche, en cas d’épistaxis avec complications aigües, le mieux est de se rendre aux urgences hospitalières.
L’urgent est d’arrêter l’hémorragie nasale à tout prix. Voici une procédure simple pour y arriver :
Moucher pour éliminer les caillots qui pérennisent le saignement.
Pencher la tête en avant pour éviter de déglutir le sang ce qui pourrait provoquer des nausées et des vomissements.
Appliquer une compression bidigitale pendant 10 minutes sans interruption (le temps de coagulation sanguine est d’environ 7 minutes). Regarder si le saignement s’est arrêté, sinon recomprimer pendant 10 minutes.
En deuxième intention, vous pouvez aussi opter pour le méchage. Il s’agit de placer un coton dans les deux narines pour pouvoir comprimer la cloison nasale. Il est important de mécher les deux narines pour comprimer au maximum le vaisseau qui saigne. Il existe différentes possibilités à cette technique de soin comme l'enrobage du coton avec de la vaseline ou l’utilisation d’une mèche d’alginate de calcium, d’une mèche expansive, d’une mèche résorbable ou d’une pâte résorbable. Des traitements d’antibiotiques de couverture peuvent accompagner le méchage dans le cas où c’est utile.
Si le méchage échoue, des traitements plus spécifiques sont proposés aux urgences hospitalières puis en service d'ORL :
La sonde à double ballon pour le tamponnement antéro-postérieur. Il faut dégonfler les ballonnets toutes les 6 heures. Le soin est associé à un traitement d’antibiotique de couverture.
Cautérisation électrique ou chimique par nitrate d’argent à 75% : il consiste à éliminer les vaisseaux sanguins responsables du saignement.
Ligature chirurgicale.
Embolisation sélective.
Attention, évitez les solutions nasales vasoconstrictrices comme l’oxymétazoline, la naphazoline, l’éphédrine, la pseudoéphédrine, le tuaminohéptane, et la xylométazoline. Ce sont des traitements plus dangereux qu'utiles.
L’épistaxis peut se répéter 2 à 3 fois par semaine pendant plusieurs semaines. Dans le cas où les symptômes deviennent gênants ou importants, il convient de consulter un médecin au plus tôt.
Quelques conseils pour éviter la récidive
Réévaluer l’indication des traitements surtout s’ils contiennent de l’aspirine, des isotrétinoïnes et des sprays nasaux qui peuvent provoquer les saignements.
Traiter convenablement les troubles de la coagulation telle la thrombopénie (on la suspecte en face de ces signes : enfants de moins de 2 ans, pétéchies, saignements des gencives, saignement persistant, voire s’aggravant des deux côtés du nez).
Retirer les corps étrangers qui se trouvent dans le nez
Fibroscopie nasale à la recherche de cancer des sinus au moindre doute(en présence d’une perte d'appétit, un amaigrissement, une fatigue ou à la suite d’une exposition à des toxiques).
Demander l’avis d’un spécialiste pour diagnostiquer la maladie de rendu Osler chez un adolescent qui présente une télangiectasie des mains, des lèvres, des conjonctives, des paupières, du nez ; et une malformation vasculaire au niveau des organes.
Il convient également de se prémunir des traumatismes importants, de traiter l’hypertension artérielle et le fibrome nasopharyngé.
Pour éviter la répétition d’un saignement de nez, vous devez
éviter d’introduire les doigts dans le nez,
évitez de vous moucher trop fort,
discutez avec un médecin ORL la cautérisation chimique comme le nitrate d’argent à75% ou acide chromique, ou électrique par bistouri pour éliminer les récidives d’épistaxis très gênantes.