Prostatite chronique
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Le terme « prostatite » regroupe 2 catégories d’affection touchant la prostate : la prostatite aigüe et la prostatite chronique. La première est purement d’origine bactérienne. La seconde quant à elle peut être bactérienne ou non. Elle peut aussi être inflammatoire ou non. Nous allons nous focaliser entièrement sur la prostatite chronique. Elle est responsable de symptômes douloureux et de nombreuses gènes chez le patient et notamment sexuelle. Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur la prostatite chronique.
La prostate est une glande masculine sexuelle.
Chronique signifie qui « dure longtemps ».
La prostatite chronique peut être d’origine bactérienne ou non bactérienne. Les formes non bactériennes sont les plus fréquemment rencontrées.
L'origine bactérienne résulte de l’insuffisance ou de l’inefficacité des traitements d’une infection antérieure. Les bactéries pathogènes restent séquestrés et persistent dans la prostate.
En revanche, pour la forme d’origine non microbienne, le mécanisme de la maladie est encore mal défini. Certaines hypothèses l’expliquent par l’insuffisance des traitements des troubles du système urinaire, à l’exemple d’une relaxation incomplète du sphincter urinaire ou d’une quelconque dyssynergie. Cette dernière est susceptible d’augmenter la pression urinaire. En conséquence, l’urine pourrait rétrograder et arriver dans la prostate, ce qui aboutit à la prostatite chronique.
Cette pathologie est difficile à soigner.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer les prostatites chroniques :
le drainage vésical par sondage urinaire, qui peut être à l’origine d'une infection qui se répète ;
la biopsie de prostate : l’introduction de la fine aiguille, passant par le rectum pour atteindre la prostate, peut entraîner des infections et des inflammations ;
les pathologies uro-génitales à répétition comme les infections urinaires, les prostatites récidivantes, mais aussi les tumeurs bénignes glandulaires (adénome).
La prostatite chronique concerne 10% des cas de prostatite dans son ensemble.
Cette pathologie se manifeste généralement par :
des accès fébriles ;
une sensation de brûlure lors de la miction ;
une envie fréquente d’uriner avec des émissions en petites quantités ;
une difficulté à évacuer l’urine ;
des douleurs ou gênes périnéales ;
des dysfonctions sexuelles (problèmes lors de l’érection, etc.).
Pour le diagnostic clinique de la prostatite chronique, il faudra faire un toucher rectal. Parfois, on ne détecte aucun problème, mais on peut également y constater des nodules douloureux.
La confirmation du diagnostic de la prostatite chronique requiert certains examens.
Analyse sanguine
Une analyse sanguine est utile pour déterminer la présence d’un syndrome inflammatoire non spécifique : des leucocytes et polynucélaires élevés, une vitesse de sédimentation (VS) et/ou une CRP (Protéine C réactive) élevés.
La créatininémie (mesure de la créatinine), sera utile pour évaluer l'état du rein.
Examen urinaire
Après un massage de la prostate, on réalise :
un examen par une bandelette urinaire (BU) ;
un examen cytobactériologique (ECBU) du premier jet ainsi que du second jet sécrété après le massage.
Examen du sperme
On appelle cet examen la spermoculture. Elle permet de déterminer si l’origine de la prostatite chronique inclut des bactéries dans le sperme.
Échographie de la prostate
L’échographie permet de détecter les autres problèmes prostatiques comme :
une augmentation de volume liée à un abcès ;
une calcification ;
une hétérogénéité du parenchyme prostatique.
Si des symptômes de prostatite chronique apparaissent, il est toujours mieux de consulter :
un médecin généraliste: pour diagnostiquer et orienter le traitement ;
un urologue ou un infectiologue: pour un avis spécialisé ;
un pharmacien ou un professionnel de santé: pour orienter et apporter des conseils.
Pour gérer les douleurs, on opte généralement pour le paracétamol.
L'utilisation des médicaments dits alpha-bloquants agissant sur le muscle de la prostate est largement prescrite. Mais elle a une efficacité incertaine et souffre d'un manque d’évaluation. Probablement que son efficacité diminue au cours du temps.
Par contre, certains médicaments sont à proscrire, par exemple :
les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) tels que ibuprofène etc. ;
les inhibiteurs de la « 5 alpha réductase » en monothérapie
Le traitement est difficile.
On essayera à priori une antibiothérapie chez les patients nouvellement diagnostiqués n'ayant pas encore reçu de traitement.
En l’absence de BLSE (bêta-lactamase à large spectre) :
Primordialement, les médicaments suivants sont prescrits :
LÉVOFLOXACINE par voie orale à une dose de 500 mg par jour pendant 12 semaines ;
CIPROFLOXACINE par voie orale: 500 mg à prendre 2 fois par jour pendant 12 semaines ;
OFLOXACINE par voie orale: 200 mg avec 2 prises par jours pendant 12 semaines.
En alternative, il y a le COTRIMOXAZOLE par voie orale 800 mg/60 mg, à prendre 2 fois/j pendant 12 semaines
En troisième intention, on administre la CEFTRIAXONE injectée en intraveineuse, intramusculaire ou sous-cutanée. La posologie est de 1 g, une fois par jour pendant 12 semaines.
Dans le cas où la prostatite chronique ne semble pas bactérienne, il n'y a à priori pas d'autre traitement.
Les traitements comme le laser et la prostatectomie sont à éviter.
En cas de rétention aigüe d’urine, un drainage urologique est réalisé, probablement avec un cathétérisme sous-pubien.
La forme chronique de la prostatite est une pathologie qui affecte négativement la qualité de la vie du patient. Le traitement dure assez longtemps (plusieurs semaines) et il s'agit d’une maladie plutôt difficile à soigner. Un accompagnement psychologique est parfois nécessaire.