Pleurs prolongés nourrisson
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Les coliques du nourrisson sont un motif de consultation fréquent chez le pédiatre. Caractérisées par une crise de pleurs inconsolables, elles surviennent chez de nombreux bébés âgés de quelques semaines à 6 mois. Définition, causes et traitements, on vous explique tout sur les pleurs inexpliqués chez le bébé.
Les coliques du nourrisson sont une crise de pleurs incessante, régulière et très difficiles à calmer chez le bébé apparemment en bonne santé. Elles surviennent souvent à la même heure, notamment en fin d’après-midi ou en soirée, et durent plus de deux heures. Pendant ce temps, l’enfant est agité et pleure sans aucune explication évidente. Généralement, les crises se répètent 3 jours par semaine pendant au moins 3 semaines.
Les causes des coliques du nourrisson restent encore floues. Toutefois, il faut se rassurer. L’agitation, les cris ainsi que les pleurs font partie du processus de développement d’un bébé. De plus, les pleurs inexpliquée chez le bébé n’ont un impact ni sur la croissance ni sur l’état de santé futur du petit.
Les coliques du bébé peuvent arriver dès la 2e semaine de l’enfant. Elles rencontrent un pic à l’âge de 8 semaines pour se calmer spontanément vers 6 mois. Les pleurs inexpliqués chez le nourrisson peuvent survenir aussi bien chez les petits garçons que chez les petites filles. Enfant allaité et enfant nourri au biberon présentent les mêmes risques d’être touchés par cette crise de pleurs infantiles.
Les symptômes de la colique du nourrisson sont facilement reconnaissables. L’enfant pleure soudainement presque à un horaire régulier (souvent en fin d’après-midi ou en soirée) pendant environ 2 heures. Vous n’arrivez pas à identifier des raisons susceptibles d’expliquer son agitation.
Ses pleurs sont très intenses : cris vigoureux, visage rouge, sourcils foncés et poings serrés. Très souvent, le petit replie ses jambes sur son ventre et garde ses bras tendus. Il est très difficile de le calmer : le biberon, le sein ou le changement de couche ne peut rien y faire.
Après 2 à 3 heures, le bébé cesse de pleurer comme il a commencé.
Comme l’enfant qui fait une colique est parfaitement en bonne santé, son état général ne s’en trouve pas altéré. Ainsi, on ne devrait pas apprécier de la fièvre, une perte de poids ou une perte de l’appétit. Toutefois, étant donné l’état d’agitation du bébé, il se peut que sa fréquence respiratoire et sa fréquence cardiaque soient légèrement en hausse.
En général, les coliques du nourrisson n’ont pas d’impact grave sur la santé du bébé. Les complications sont plutôt la manière inappropriée dont son entourage fait preuve pour gérer la situation. En effet, cela peut amener un état d’épuisement voire une dépression chez les parents. Dans les cas plus graves, cela peut conduire à une maltraitance envers l’enfant. Voici les signes évocateurs de ces complications :
Changement d’humeur chez les parents ;
Parent secouant violemment son bébé pour tenter de le calmer ;
Enfant qui refuse le sein ou le biberon ;
Vomissement ;
Malaise ;
Irritabilité ;
Convulsion…
Dans certaines situations, les pleurs prolongés d’un bébé suggèrent la présence d’une maladie sous-jacente. Ainsi, si vous remarquez un de ces signes, il faudra évoquer une autre pathologie :
Perte de poids chez le nourrisson ;
Perte d’appétit ;
Fièvre ;
Fontanelle bombée ;
Pâleur cutanée ou cyanose (peau bleue) ;
Diminution du tonus musculaire ;
Vomissement ;
Accélération du rythme cardiaque et respiratoire ;
Présence de trace de sang dans les selles, etc.
Il n’existe pas d’examens complémentaires utiles pour confirmer le diagnostic d’une colique du nourrisson. Le contexte clinique et l’absence de signes d’alerte pour une pathologie sous-jacente sont suffisants. Cependant, en cas de symptômes alarmants, le médecin est en mesure de prescrire un examen biologique ou une imagerie médicale en vue d’une exploration diagnostique.
En cas de pleurs inexpliqués du bébé, il faut consulter un médecin généraliste ou un pédiatre. L’intervention d’un psychologue peut s’avérer utile. Le pharmacien peut également délivrer les conseils et orienter
Il faut garder en tête que paniquer ne fait qu’empirer les pleurs d’un enfant agité. En effet, celui-ci ressent toutes les émotions qui se dégagent des personnes qui l’entourent. Bien que ce soit compliqué, rester calme est donc primordial.
Pour soulager la colique du nourrisson, tenter de simples manœuvres : le prendre dans les bras, le bercer, le promener… Il faut faire comprendre au petit que les parents sont présents pour lui. Il faut le rassurer. Les parents peuvent également lui proposer le biberon ou se servir de la tétine pour l’amuser. Lui faire prendre un bain marche aussi pour apaiser les pleurs d’un enfant, ainsi que lui caresser le ventre. Les bébés adorent ça.
Si toutes ces astuces n’arrivent pas à faire taire les pleurs du petit, on peut toujours lui faire écouter de la musique.
Il n’existe pas de traitement contre les coliques du nourrisson. Parfois, les parents sont tentés de donner à leur bébé des médicaments tels que le siméticone (médicament contre les troubles digestifs), l’oméprazole (anti-reflux gastro-œsophagien) ou les probiotiques pour traiter les crises de pleurs. Ces médicaments, tout comme l’application d’huile essentielle et l’homéopathie n’ont pas d’effet prouvé sur les coliques de l’enfant. Au contraire, certains d’entre eux peuvent nuire à la santé du petit d’où l’intérêt de toujours demander l’avis d’un professionnel de santé.
De manière générale, les coliques du nourrisson disparaissent toutes seules vers l’âge de 6 mois.
Non, les pleurs inexpliqués chez le bébé n’ont pas d’impact sur sa croissance ni sur son état de santé physique et émotionnel
Il est possible de prévenir les coliques du nourrisson ou du moins de les gérer efficacement.
Il faut entre autres veiller à installer convenablement le bébé lorsqu’il prend le sein ou le biberon. Ce dernier devra être positionné vers le haut afin de faire remonter les bulles. Garder le petit légèrement en position verticale pendant quelques minutes après son repas pour favoriser le rot. C’est important pour éviter l’aérophagie.
Les parents doivent être rassurés, ce n’est pas une affection grave. Elle disparaîtra spontanément vers l’âge de 6 mois. Il faut affronter la situation de manière sereine, garder en tête que c’est une étape du développement de l'enfant, mais en aucun cas un caprice ou une manipulation de sa part.
La crise survient généralement à un horaire prévisible, il faut l'anticiper. Pendant que le petit dort, profiter pour se reposer également. Déléguer les tâches autant que possible pour éviter de s'épuiser. Il faut aussi en parler avec les proches. Si besoin, se faire accompagner ou consulter une psychologue.
Pour finir, il est très important de toujours garder un bon terme avec le bébé malgré lui : plus il se sentira compris, soutenu et en sécurité, plus vite les coliques du petit vont disparaître.