Troubles psychiatriques de la grossesse et du post partum
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Sauts d’humeurs, anxiété ou migraines pendant ou après la grossesse sont courants et ne doivent pas être tabou. On fait le point dans cet article.
Les femmes enceintes peuvent subir un bouleversement psychique durant ou après leur grossesse. En effet, la grossesse est le plus gros facteurs de décompensation psychiatrique dans la vie d'une femme.
Ces désagréments sont des troubles psychiatriques de la grossesse et du post-partum (après l'accouchement).
Avec les nombreuses appréhensions et les changements physiques de la grossesse, les femmes subissent une énorme pression.
Plusieurs facteurs de risques liés à l’histoire personnelle de la mère peuvent amorcer les troubles. On retient surtout :
le jeune-âge maternel ;
le contexte psychosocial précaire (situation sociale défavorable) ;
la grossesse non voulue ;
la première grossesse ;
le conflit conjugal ;
une mère célibataire…
Les troubles peuvent surgir également à cause de maladies pré existantes :
antécédents psychiatriques personnels ou familiaux de schizophrénie, bouffées délirantes aigües, état bipolaire... ;
la consommation de drogues...
Enfin, les complications liés à la grossesse sont également une cause de décompensation psychiatrique chez la maman.
a) pendant la grossesse
Voici les signes qui doivent alerter :
Les vomissements: bien qu'ils soient d’origine normales jusqu’au 3e mois, leur persistance au-delà de cette période fait évoquer une origine psychologique, si aucune autre cause n’est trouvée.
Les troubles de l’humeur comme la labilité émotionnelle, l’irritabilité, l’anxiété et la dépression.
La névrose (appelé aussi : TOC).
La compulsion alimentaire.
b) jusqu'au cinquième jour après la naissance
Durant cette période, on peut observer :
Des troubles généraux: maux de tête, douleurs, fatigue, troubles du sommeil ;
Une anxiété et une dépression mineure ;
Une crainte de ne pas pouvoir s’occuper du bébé et la culpabilité vis-à-vis de cette attitude ;
Une phobie d’impulsion (crainte de commettre des actes graves et répréhensibles).
c) la dépression mineure du post-partum
On retrouve des signes généraux comme la fatigue, les maux de tête, les douleurs et des troubles du sommeil.
Le trouble de l’humeur est marqué par une dépression légère, puis les pensées dans lesquelles la femme craint de ne pas avoir la capacité de prendre soin du bébé. Elle culpabilise pour cela et souffre aussi de phobie d’impulsion.
d) la dépression mélancolique du post-partum
Dans cette phase, on constate les mêmes signes généraux et psychiatriques que ceux de la dépression mineure.
Ce qui la distingue c’est surtout la dépression franche suivie d’une imagination délirante qui colle avec l'humeur dépressive.
e) Les symptômes de la psychose puerpérale confuso-délirante : dans les 3 semaines de l’accouchement
Dans cette phase, on observe également chez la femme, une fatigue, des maux de tête, des douleurs et des troubles du sommeil.
Sur le plan psychiatrique, ce qui frappe est le délire onirique. C'est la présence d'hallucinations ayant pour thème le bébé, avec des propos confus. La maman peut critiquer ou non ces hallucinations.
Les principales complications des troubles psychiatriques qui surviennent au cours de la grossesse ou après l'accouchement sont :
les troubles précoces de la relation mère-enfant ;
le suicide ;
l'infanticide ;
la décompensation psychiatrique : augmentation d’un trouble psychiatrique préexistant.
En cas de suspicion de ces troubles, les professionnels de santé de ville doivent orienter et conseiller leurs patientes.
Le médecin généraliste est en mesure d’établir le diagnostic. Si le cas requiert un avis spécialisé, il dirigera la patiente vers le psychiatre et le psychologue.
L'unité mère-enfant quant à eux, s’occupent du traitement hospitalier.
Les traitements sont adaptés à l'intensité du problème.
Pour le post-partum blues non compliqué, la mère doit suivre des traitements en ville, et suivre une psychothérapie.
Pour la dépression mineure, la patiente doit subir un soin en ville. Pour traiter la dépression le médecin prescrit des médicaments antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) en association avec de la psychothérapie.
Au moment où la dépression mineure mute vers une dépression mélancolique, il devient nécessaire d’hospitaliser la patiente auprès d’une unité mère-bébé. Les soins s’orientent vers le traitement d’une dépression compliquée et le médecin préconise les médicaments comme IRS et neuroleptiques. Une psychothérapie est également mise en place.
En phase de psychose puerpérale, une hospitalisation en unité mère-bébé est utile. Afin de traiter la psychose, la patiente doit suivre une psychothérapie combinée avec un traitement à base de neuroleptiques.
Durant le traitement, la patiente peut rencontrer des effets indésirables des médicaments. Il faut en parler. Dans le cas où le médicament n'est pas compatible avec l'allaitement, il vaut mieux le suspendre.
Avec une bonne prise en charge, l’état de la patiente devient généralement favorable en quelques semaines. Toutefois, si le cas est compliqué, il y a une possibilité de 20 % de récidive et de 10 % de menace de schizophrénie.
La patiente doit suivre un accompagnement en face des éléments déclencheurs des troubles liés à la précarité psychosociale comme l’argent, les toxiques et les soucis de parentalité.
Pour prévenir et dépister à temps les troubles psychiatriques de la grossesse et du post-partum, il est important de suivre des consultations de grossesse et prénatales. Elles sont obligatoires et doivent s’effectuer convenablement selon la fréquence attendue.