Syphilis
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La syphilis figure parmi les infections sexuellement transmissibles les plus connues. Très contagieuse, elle se transmet par un rapport sexuel non protégé. Il s’agit d’une maladie potentiellement grave, car elle risque d’altérer la plupart des organes du corps en cas de négligence. Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur cette IST : diagnostic, symptômes, traitements, préventions…
La syphilis est une maladie sexuellement transmissible liée à une infection bactérienne. L’agent responsable est Treponema pallidum (tréponème pâle).
On distingue deux types.
La syphilis précoce : elle désigne la première année d’évolution de la maladie. Elle est marquée par une ulcération unique, indurée, superficielle et propre du col. Cette phase est indolore, mais très contagieuse.
La syphilis tardive : elle se présente après plus d’un an d’évolution. Elle est peu contagieuse et asymptomatique.
La syphilis est une infection très contagieuse. La transmission s’effectue par tout type de rapport sexuel, y compris une fellation ou un baiser profond (rapports bucco-génitaux). La transmission de la bactérie peut également se passer de façon inaperçue à travers une seringue contaminée. Ceci reste cependant un cas rare.
L’évolution de la syphilis comporte trois phases bien différentes avec une phase de latence où seul un diagnostic sérologique permet de la détecter.
Phase primaire : elle dure 3 semaines à 3 mois. Elle se manifeste par le chancre syphilitique contagieux (ulcération au niveau des organes génitaux).
Phase secondaire : elle se manifeste 4 à 10 semaines après l’apparition du chancre et dure 1 à 3 mois. À ce stade, le tréponème diffuse dans tout l’organisme et provoque une éruption.
Phase tertiaire : elle survient en absence de traitement chez 30 % des patients et conduit à des atteintes neurologiques, cardiaques, rénales, laryngées, oculaires ou digestives. Les symptômes apparaissent après quelques années de latence.
La syphilis touche les hommes et les femmes, mais elle est plus importante chez les hommes homosexuels (dans 80 % des cas). Elle est plus fréquente dans les pays en voie de développement.
Les symptômes
À ses débuts, la syphilis se manifeste surtout par une lésion pénienne (infection du pénis).
Les signes
On observe des boutons rouges qui évoluent en ulcération appelée « chancre » à fond propre. Ils sont localisés au site d’infection, le plus souvent sur les organes génitaux, mais il peut aussi se former au niveau du rectum ou de la gorge.
Le chancre est indolore et induré à la palpation.
On constate également une adénopathie (gonflement des ganglions lymphatiques) dans la région du chancre. Elle est dite « satellite ».
Les symptômes
La phase secondaire de la syphilis est parfois asymptomatique. Voici des symptômes qui peuvent survenir :
fièvre modérée ;
douleurs articulaires ;
poussée de lésions dermatologiques spécifiques non prurigineuses ;
Les signes
On observe généralement une éruption cutanéo-muqueuse qui diffuse sur le tronc et les membres. On parle de « roséole syphilitique ».
On remarque également des papules rouges ou brun cuivrées, squameuse, infiltrée et de petite taille avec des collerettes squameuses périphériques. Elles sont localisées dans la région palmo-plantaire, labiale, nasogénienne et dans les organes génitaux externes.
Sur la muqueuse buccale ou génitale naissent des érosions dites « plaques fauchées » rosées, rondes ou ovales. Elles se regroupent en plaque bien limitée.
Enfin, dans les régions périanales et génitales apparaissent des papules érosives dites « syphilides ». Elles ressemblent à des condylomes.
Pendant la phase tertiaire, on aperçoit des gommes cutanéo-muqueuses. Il s’agit d’une destruction des tissus.
En absence de traitement, la syphilis peut prendre plusieurs formes de complications. Elles surviennent chez 40 % des cas des personnes infectées.
Co-infection avec VIH : elle est liée à la vulnérabilité de la personne atteinte du VIH/SIDA. Les personnes infectées par le VIH sont très sensibles à la transmission de la syphilis. On peut suspecter une co-infection à la vue de chancres multiples.
Glomérulonéphrite : c’est une maladie du rein. Il s’agit d’une complication immunologique de la syphilis secondaire. Elle provoque l’augmentation la créatininémie (taux de créatinine dans le sang).
Uvéite, rétinite, neuropathie optique : ce sont des atteintes des tissus oculaires. Elles se manifestent par une baisse de la vision nocturne ou une photophobie, une douleur et une rougeur.
Méningites, atteinte des nerfs crâniens : ils surviennent 1 à 2 ans après l’apparition des chancres. Les principaux symptômes sont la paralysie faciale et l’artérite cérébrovasculaire.
Atteintes hépatiques : elles sont dues à une augmentation du taux d’enzymes hépatiques engendrant une inflammation du foie. Il est possible que l’attaque du foie par le tréponème entraîne des troubles du bilan hépatique.
Syphilis congénitale : la syphilis se transmet de la mère au fœtus, dans 70 % en cas de syphilis précoce et 10 % des cas de syphilis tardive. Elle peut entraîner la mort fœtale ou un retard de croissance.
Pour confirmer le diagnostic de la syphilis, il est important de faire une sérologie. Elle consiste à rechercher des anticorps spécifiques anti-tréponèmes. Les anticorps apparaissent environ 2 semaines après l’infection.
Pour préciser le stade de syphilis, le sérodiagnostic le plus fréquent est le VDRL (veneral desease research laboratory). Il s’agit d’un test non tréponémique. Il est également utile pour le suivi du traitement.
Si ces deux examens sont positifs, il faut procéder au traitement.
Un prélèvement sanguin pour un examen direct permet également de confirmer le diagnostic de la syphilis, mais il faut l’effectuer dans des centres très spécialisés.
Herpes
Douleurs et démangeaisons.
Petites vésicules remplies de liquides transparents qui évoluent en ulcères et croûtes.
Donovanose
Tuméfaction rouge vif de la peau non douloureuse évoluant en ulcère saignant.
Chancre mou
Lésion rouge.
Ulcères superficiels douloureux.
Pityriasis versicolore
Taches arrondies ou ovalaires sur la partie haute du dos, sur le cuir chevelu et sur le buste.
Pityriasis rosé de Gibert
Macules ovales légèrement squameuses du tronc, forme d’un sapin.
Maux de tête.
Tréponématose non vénérienne (pian, bejel, pinta)
Lésions muqueuses et cutanées.
Un patient qui présente des signes de la syphilis peut consulter un médecin généraliste pour effectuer le diagnostic et obtenir le traitement adéquat. Au besoin, il sera orienté vers un infectiologue, un spécialiste des infections. Le pharmacien a un rôle de conseil et d'orientation.
Le traitement consiste à prendre un antibiotique.
Attention à la réaction de Jarisch-Herxheimer : c'est une réaction inflammatoire qui survient chez 50 % des patients prenants des antibiotiques. On la reconnaît par un épisode pseudo-grippal au cours des 24 premières heures du traitement. Durant cette manifestation, le paracétamol est le médicament le plus recommandé.
L'antibiotique de première intention est une dose unique de 2,4 millions d’unités de benzathine benzylpénicilline. C’est une pénicilline de type G de longue durée. Il a une efficacité jusqu’à 80 %. On peut le diluer avec la lidocaïne à 1 % sans adrénaline.
En alternative, prendre soit de céftriaxone injectable 1 g pendant 10 à 14 jours, soit de la doxycycline orale 100 mg, 2 fois par jour durant 14 jours. Ce dernier est à prendre avec un grand verre d’eau et il faudra éviter l’exposition au soleil.
Pour les femmes enceintes, la doxycycline est déconseillée.
Au troisième trimestre de la grossesse, une seconde injection de benzathine benzylpénicilline est nécessaire.
Pour les femmes allaitantes, il faut également écarter la doxycycline à cause d'un risque de coloration des dents.
Pour surveiller l’évolution de la maladie, il est important d’effectuer un test VDRL tous les 3 mois (à 1, 3, 6, 9 et 12 mois de traitement). La guérison peut être conclue si la quantité d’anticorps est divisée par 4 après 6 à 12 mois de traitement. Si ce n’est pas le cas, le traitement a été un échec ou une réinfection s’est produite. Dans ce cas, il faudra faire une série de 3 injections intramusculaires de 2,4 millions de benzathine benzylpénicilline à une semaine d’intervalle. Il peut y avoir un risque de réinfection si la personne n’a pas d’immunité durable.
Pour prévenir cette maladie sexuellement transmissible, il est important de faire un dépistage et d’informer les partenaires des trois derniers mois s’il s’agit de syphilis primaire ; et de l’année précédente si c’est une syphilis secondaire ou tertiaire (même s’il y a usage de préservatif).
Il est important également de faire régulièrement un dépistage des infections sexuellement transmissibles (syphilis, VIH, VHB, VHC, Chlamydiae, Gonocoque), surtout pour les personnes à risque.
Afin d’éviter les complications, utiliser des préservatifs au moins au cours des 2 semaines du traitement et jusqu’à la guérison des lésions.