Insuffisance veineuse
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Les varices sont des renflements veineux présents sur les jambes et les mollets. Elles nuisent en particulier à l’esthétique et sont parfois responsables de douleurs et d’irritations inconfortables. Les varices des jambes peuvent également être l’origine de complications sur le long terme si elles ne sont pas traitées correctement. Causes, vrais et faux traitements, préventions, voici tout ce que vous devez savoir sur les varices des jambes.
Qu’est-ce ?
Définition
Les varices sont des dilatations permanentes des veines superficielles des jambes. Elles apparaissent sous la forme de cordon bleuté et onduleux. Après quelque temps, la veine devient enflée et palpable. Il s’agit d’une insuffisance veineuse. En d’autres termes, la veine n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions qui sont d’acheminer correctement le sang vers le cœur.
Explications
Les veines sont dotées de valvules anti-reflux pour s’assurer que le retour veineux ou le retour du sang vers le cœur se déroule correctement. Dans le cadre d’une varice, la veine en question perd son élasticité et les valvules n’arrivent plus à assurer leur fonction. La veine est de ce fait sujette à une hyperpression ce qui explique la dilatation.
Les principaux facteurs de risque des varices sont :
L’âge.
L’obésité: le surpoids entraîne une lourde pression sur la partie inférieure du corps. Cette situation soumet les veines à de lourdes tâches.
L’immobilité: une position assise ou debout pendant de longues heures et de façons continuelles.
Le manque d’exercice physique.
La grossesse
Cette maladie vasculaire est plus fréquente chez les femmes. En effet, sa prévalence est de 30 à 50 % chez les femmes contre 15 à 30 % chez les hommes. En outre, la varice est plus courante chez les seniors. L’âge est un facteur de risque majeur de ce dysfonctionnement veineux.
Les symptômes de la varice sont faciles à reconnaître. Outre les cordons inesthétiques sur la jambe, le patient peut aussi ressentir :
des sensations de lourdeur, de pesanteur, de démangeaison, de brûlure, et de paresthésies.
un gonflement des jambes et mollet.
Une douleur sur le trajet de la veine.
Syndrome des jambes sans repos ou impatience (engourdissement apparaissant lors de la position immobile obligeant le patient à se mobiliser et à se lever).
Boitement à la marche.
Ces gênes sont surtout accentuées en fin de journée ou la nuit, en position debout prolongée, au cours de fortes chaleurs et en période de règles. Notez que parfois, ils sont absents.
Le patient devra se déshabiller pour le bon déroulement de l’examen. La varice est classifiée selon 3 stades.
Stade 0: pas de signes, pas de varices.
Stade 1: varicosités (petites veines dilatées superficielles en étoile ou pattes d’araignées).
Stade 2: Varices (dilatation permanente de grosses veines bleues formant des boules) des chevilles et mollets. Pas d’atteinte des pieds. Souvent bilatéral.
Stade 3: œdèmes.
Stade 4-5-6 ci dessous
Il faut savoir que ces signes sont plus prononcés lors que le sujet est en position debout et sont moins visibles au repos.
Avec le temps, les varices peuvent évoluer vers des complications.
La phlébite : mollets douloureux et non souples.
La dermite ocre : aspect brun ocre de la peau due à l’expulsion des globules rouges hors de la veine. C’est le stade 4 de la maladie.
L’eczéma variqueux (stade 4 de la maladie).
La dermite atrophique ou atrophie blanche de Milian : la surface cutanée est d’aspect blanc et lisse entourée de vaisseau superficiel au mollet. C’est le stade 5 de la maladie.
L’hypodermite scléreuse : elle provoque un aspect dur de la peau. C’est également une autre forme du stade 5 de la maladie.
Ulcère veineux : c'est une plaie à fond rouge ou enduit jaunâtre, arrondi, unique, étendu et à bords souples. Elle est généralement localisée au-dessus de la cheville interne (parfois externe). Si l’ulcère vient d’une phlébite, elle peut s’implanter en dessous de la cheville ou en arrière. C’est le stade 6 de la maladie. EIle ne survient que dans 5% des cas.
L’inflammation ou l’infection de la peau se manifestant par des rougeurs et des sécrétions de pus.
La rupture des varices qui se manifeste par des saignements.
L’examen clinique est suffisant pour poser le diagnostic de la varice. Cependant, un examen d’imagerie comme l’échographie Doppler des membres inférieurs peut s’avérer utile. Il permet notamment de mettre en évidence l’incontinence veineuse et son aspect dilaté.
En cas d’insuffisance veineuse, il convient de se tourner vers un médecin généraliste, un dermatologue, un médecin vasculaire ou un chirurgien vasculaire.
Pour alléger les douleurs et les sensations d’engourdissement lors d’une varice, vous pouvez prescrire un bas de contention, des chaussettes de contention, ou une bande à mettre par un professionnel expérimenté. Il faut recommander de les mettre le jour, avant d’avoir posé de pied par terre. Cela facilite le passage du sang vers les veines plus profondes et le retour veineux vers le cœur. Généralement, cela atténue les symptômes gênants.
Notez que ces moyens sont contre-indiqués en cas d’artérite des membres inférieurs, d’une AOMI (artériopathie oblitérante des membres inférieurs) ou d’infection en cours.
La force appliquer sur les dispositifs varie selon le besoin.
Force 1: faible si le sujet a des difficultés à les porter
Force 2: moyenne, suffisante dans la majorité des cas (varices stade 3)
Force 3: forte s’il y a existence d’ulcère veineux (stade 4 et 5)
Force 4: très forte s’il y a existence d’ulcère veineux grave (stade 6).
Le veinotonique DAFLON, médicament qui est souvent utilisé contre la varice, n'est pas recommandé. Son efficacité n'est pas au rendez-vous. Doctolike ne veut plus voir ce genre de prescription.
Il faut aussi savoir que l’association Ginkbo biloba, heptaminol, troxérutine est inutile dans le cadre du traitement de l’insuffisance veineuse. Elle est inefficace et expose à des effets indésirables.
Il n’existe pas de supériorité d’une approche par rapport à une autre. La technique utilisée devra être choisie selon le type de la varice, son emplacement, l’importance des reflux et la présence ou pas d’affections associées.
La chirurgie d’exérèse
Soit on enlève les veines malades (stripping des varices ou éveinage), soit on retire une ou plusieurs sections de veines (phlébectomie, crossectomie).
La chirurgie endovasculaire
On cautérise la veine (occlusion endovasculaire thermique ou laser)
La chirurgie conservatrice
On déconnecte la veine malade et on ligature (Chiva).
La sclérothérapie
Sclérose des petites veines par des principes actifs : lauromacrogol 400 (POLIDOCANOL), tétradécyl sulfate de sodium, alun de chrome et glycérine. Les données sont encore insuffisantes pour affirmer la supériorité d’un produit par rapport à un autre.
La sclérose des veines larges (saphènes) est à éviter, car elle expose au risque d’AVC ou d’une embolie pulmonaire.
Pendant et après le traitement, il est conseillé de contrôler votre patient de manière régulière. Si le patient a subi une intervention chirurgicale et qu'il a mal au mollet, un écho-Doppler veineux est conseillé à 10 jours de l’opération et aussi régulièrement. Les varices comportent toujours un risque de récidive de 20% en 5 ans et de 30% en 8 ans. Il faut donc rester prudent.
Pour prévenir les varices des jambes, il convient d’agir sur les facteurs de risques.
Éviter de croiser les jambes.
Avoir une activité physique (marche, natation, cyclisme...) en évitant la course à pied, stepping, tennis sur revêtement dur.
Éviter les chauffages au sol non adaptés.
Éviter l’exposition solaire prolongée.
Éviter le surpoids.
Éviter les talons hauts.
Surélever les pieds du lit de 10 cm.
Pédaler.
Si une varice est déjà présente, songez à faire des dépistages pour évaluer sa gravité. Aussi, pour limiter les risques de récidives, porter les bas de contention et appliquer les principes de prévention primaire.
Pour empêcher les complications liées à une incontinence veineuse, nettoyez une plaie si elle survient, car le risque d’infection est plus grand. Utilisez un anticoagulant en cas de risque de thrombose veineuse profonde.