Otomycose
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L’otomycose est l’une des maladies les plus fréquentes en ORL. Même si elle paraît bénigne, elle peut se compliquer lorsqu’elle devient récurrente ou invasive. Dans cet article, nous allons parler de l’otomycose : diagnostic, symptômes, traitements et prévention.
« Oto » veut dire oreille externe et mycose veut dire champignon
L’otomycose est l’infection fongique du conduit auditif externe.
Il faut savoir que l’oreille est composée par 3 grandes zones :
l’oreille externe: le pavillon et le conduit auditif externe (le trou) :
l’oreille moyenne: le tympan avec une cavité derrière, contenant des petits os appelés le marteau, l’enclume, l’étrier qui servent à transmettre le son. Un tube relie cette cavité à la bouche, c'est la trompe d’Eustache ;
l’oreille interne: elle contient les organes de l'audition et de l'équilibre.
Les champignons responsables de l’otomycose sont le plus souvent ceux qui sont présents dans l’environnement tel que Aspergillus. Celui-ci est présent dans l’air, sur le sol ou sur les objets.
L’otomycose peut être également due à un champignon de la peau comme Candida albicans.
La peau joue un rôle protecteur, tout comme l’immunité. L’infection fongique survient lorsque la peau ou l'immunité est fragile. Le champignon s'implante, y passe une phase de repos, avant de se proliférer sur toute la surface de la peau du conduit auditif externe.
L’otomycose représente 5 à 10 % de l’ensemble des otites externes. Les autres causes sont représentés par les bactéries.
Les facteurs qui favorisent l’infection fongique de l’oreille externe sont :
la perte d’intégrité de la peau ;
l’eczéma ;
la présence d'un aérateur transtympanique (c'est un implant à travers la membrane tympanique appelé aussi yo-yo) ;
la macération (chaleur, humidité) ;
l’immunodépression ;
et certains médicaments (corticoïdes, antibiotiques).
L’otomycose peut être silencieuse ou se manifester par douleurs à l’oreille, les oreilles bouchées et un écoulement de l’oreille.
L’inspection du conduit auditif à l'aide d'un otoscope permet d’observer des lésions blanchâtres ou squameuses.
Si la lésion a un aspect cotonneux effiloché avec des pointes noires, on a affaire à une infection à Aspergillus.
Après une aspiration, le conduit auditif parait enflammé.
En cas de négligence, l’otomycose est susceptible de provoquer des complications.
« Clou mycosique » : il s’agit d’une perforation tympanique c’est-à-dire une déchirure du tympan (membrane qui sépare l’oreille externe et l’oreille moyenne).
Exposition osseuse du conduit auditif externe.
Otomycose invasive (très rare) : elle se manifeste par une infection de l’os, une paralysie faciale, une labyrinthite (infection de l’oreille interne) et rarement par des signes généraux (fièvre, sepsis).
L’otomycose peut être confondue avec l’otite externe bactérienne. Celle-ci est caractérisée par une rougeur du conduit auditif externe et la présence de dépôt jaune vert.
Des examens sont parfois utiles dans le cas où le traitement indiqué en première ligne est inefficace. Sinon ils ne sont pas obligatoires.
On effectue dans ce cas un prélèvement pour la mise en culture des champignons et le test de résistance à des antifongiques appelé antifongigramme.
Voici les caractèreristiques respectifs des champignons responsables de l’otomycose :
Aspergillus: champignon filamenteux ;
Candida: de grandes colonies rondes, de couleur blanche.
On peut rarement faire aussi un scanner, une IRM ou une scintigraphie au gallium ou aux polynucléaires marqués si l’on suspecte une mycose profonde.
La douleur peut être atténuée par la prise d'anti douleur comme le paracétamol.
La douleur peut être atténuée par la prise d'anti douleur comme le paracétamol.
a) En cas d’infection par Candida albicans, le traitement sera l’auricularum en poudre ou une en solution auriculaire pendant 2 semaines.
En cas d'échec, on fera un traitement local par antifongique : 2 à 3 applications par jour pendant 3 semaines :
Tympan fermé : on utilise du nitrate d’isoconazole, dont le FAZOL 2 % émulsion fluide ou du nitrate d’éconazole PEVARYL 1 % émulsion fluide.
Tympan ouvert : faire une audiométrie préthérapeutique. On utilise le ciclopirox olamine Mycoster 1 %. C’est une solution sur mousse auriculaire, à changer toutes les semaines durant 3 semaines. En alternative, il y a aussi le terbinafine SPORILINE 1%. Il s’agit d’une lotion sur mousse auriculaire à changer toutes les semaines durant 3 semaines.
b) Si l’infection est par Aspergillus, le traitement indiqué sera directement les antifongiques locaux, sans passer par auricularum.
c) En dernier recours, prendre l’itraconazole SPORANOX. Sa prescription initiale est hospitalière. Il sera à adapter à l’antifongigramme et à privilégier, car il est moins couteux que voriconazole.
Le voriconazole (VFEND) reste aussi une option intéressante, mais plus coûteuse.
En ce qui concerne le bénéfice des bains d’oreille à l’eau oxygénée boratée : le résultat est incertain. On ne peut donc pas s'y fier.
Sur tympan ouvert, éviter les traitements suivants :
solution de tolnaftate LAMISIL 1 % ;
et nitrate d’éconazole PEVARYL.
Dans le cas d’une otomycose sur aérateur transtympanique, il faudra enlever l’aérateur. La guérison est quasiment constante.
En cas de traitement sur un tympan ouvert, il faudra faire une audiométrie après traitement pour s'assurer de l'absence d'atteinte auditive.
Pour évaluer l’évolution de la maladie, il convient de faire un suivi régulier (J2, J15 et J45) avec microaspiration.
S'il y avait un clou mycosique, il se cicatrisera spontanément après l’éradication du germe pathogène.
Pour prévenir l’otomycose, il vaut mieux éliminer les facteurs de risque, car sinon elle récidivera :
Soigner la perte d’intégrité de la peau et l’eczéma.
Enlever l’aérateur transtympanique.
Éviter la macération (chaleur et humidité).
Essayer de ne pas utiliser de corticoïdes et d'antibiotiques
Soigner un éventuel diabète...