Mycose génitale à trichomonas
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La trichomonose fait partie des maladies sexuellement transmissibles les plus fréquentes. Elle altère la qualité de vie de ceux qui en souffrent. Définitions, symptômes, diagnostics, traitements : découvrez tout sur cette infection dans cet article.
La trichomonose est une infection sexuellement transmissible qui touche l’homme et la femme.
L’agent responsable de cette infection est le Trichomonas vaginalis. Il s’agit d’un parasite, classé parmi les protozoaires flagellés. Ils logent au niveau des voies uro-génitales, mais aussi au niveau des autres appareils au contact avec les organes génitaux (rectum, etc.)
La trichomonose se transmet par les pratiques sexuelles. Lors du coït, les trichomonas migrent et contaminent les voies génitales et urinaires. Il y a alors infection.
Le risque est élevé si le sujet a de nombreux partenaires sexuels. C’est d’ailleurs le principal facteur de risque.
La trichomonose ne provoque pas de symptôme durant plusieurs mois. Puis, dans 50 % des cas, les symptômes apparaissent dans les 6 mois qui suivent la contamination.
Chez la femme :
écoulement génital jaune verdâtre, parfois mousseux et malodorant ;
brûlures vulvo-vaginales ;
démangeaisons vives au niveau de la vulve ;
douleur de bas ventre ;
douleur lors du rapport sexuel ;
douleur et difficultés à la miction.
Chez l’homme :
écoulement clair ou purulent du sexe ;
brûlure ;
démangeaisons.
Chez la femme
Lorsque l'on inspecte les organes génitaux à l'aide d'un spéculum, on constate une inflammation vulvaire ou vaginale (œdème, rougeur, fissures, excoriations) et le col de l'utérus est d'apparence framboisé alors qu'il devrait être rose lisse.
Chez l’homme
Lors de l’examen clinique chez un sujet masculin, l’inspection permet d’observer un écoulement anormal de l’orifice du pénis.
L’infection à Trichomonas peut parfois engendrer des complications chez l’homme comme chez la femme.
Une infection urinaire.
Une infection aigüe de l’urètre : elle correspond à une inflammation du canal qui conduit l’urine de la vessie vers l’extérieur de l’organisme. Elle se manifeste par une difficulté et une douleur urinaire.
Une prostatite : elle désigne l’inflammation de la prostate. Elle est caractérisée par une brûlure urinaire, une envie pressante d’uriner et la présence de sang dans les urines.
Une balanoposthite : c’est une infection de la muqueuse du gland et du prépuce (la peau du gland). Elle se traduit par le gonflement du pénis, des lésions superficielles, une douleur et des irritations au niveau du pénis.
Les symptômes de la trichomonose sont similaires à ceux d’autres pathologies.
Les autres IST ou autres mycoses qui engendrent également des pertes vaginales.
Le psoriasis, le lichen, l'eczéma qui sont des lésions dermatologiques comme signe.
Les corps étrangers liés aux intolérances et aux effets des spermicides, des préservatifs, des diaphragmes, des anneaux contraceptifs, des tampons ou des irrigations vaginales étrangères.
Pour confirmer le diagnostic, des examens supplémentaires peuvent être d’une grande aide, particulièrement les examens biologiques.
Chez la femme, il consiste à des prélèvements des sécrétions vulvo-vaginales pour un test PCR (au mieux) ou pour un examen direct.
Chez l’homme, il consiste à prélever le premier jet urinaire ou l’écoulement urétral en vue d’un test PCR (c'est une multiplication de l'ADN du parasite en vu de son identification).
En cas de suspicion, constater les professionnels de santé de ville. Ils donnent des conseils et peuvent orienter. Le médecin généraliste réalise le diagnostic et prescrit le traitement nécessaire.
Un gynécologue, un urologue ou un infectiologue peut vous offrir des avis spécialisés concernant l’infection.
Pour guérir la trichomonose, même en l'absence de symptôme, on prescrit en première ligne le métronidazole 2 g en dose unique. Il ne faut pas boire d'alcool avec la prise du traitement, au risque de provoquer un malaise.
Il y a aussi le tinidazole 2g en prise unique. C'est tout aussi efficace. Même recommandation pour la prise d’alcool.
En alternative, il est possible d’opter pour du métronidazole 500mg. Dans ce cas, il faut en prendre deux fois par jour, pendant 7 jours.
Encore une fois, pour tous ces médicaments, la consommation d’alcool est fortement déconseillée dans les 3 jours qui suivent la prise.
En ce qui concerne les femmes enceintes ou allaitante, privilégier le métronidazole : 2g en dose unique.
Chez les femmes allaitantes, la thérapie avec le métronidazole 2g en dose unique est préférable.
Pour prévenir la contamination du trichomonas, il faut se protéger durant au minimum 7 jours. En d’autres termes, il ne faut pas négliger l’utilisation des préservatifs, puisque le principal facteur de risque est le rapport sexuel. L’abstention est évidemment la meilleure prévention.
Il faudra également dépister et traiter le conjoint ou tous les partenaires sexuels des deux derniers mois.
Le dépistage systématique chez une femme enceinte n’est pas justifié.
En l’absence du traitement, l’infection persiste chez 75% des femmes, voire elle s’aggrave.
Avec des traitements adéquats, la trichomonose évolue favorablement. Toutefois, il faut confirmer l'absence de contamination par un nouveau prélèvement 2 semaines après la fin du traitement.
Par prudence, il est nécessaire de pratiquer aussi un dépistage complet des autres infections sexuellement transmissibles.
La mauvaise prise du traitement ainsi que la réinfection par un partenaire peuvent être à l’origine de la persistance de l’infection. Il faut toujours être prudent, et ce, même une fois guéri.