Algodystrophie
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L’algodystrophie est un syndrome douloureux des articulations. Elle se développe souvent après un traumatisme ou une intervention chirurgicale. Dans 60 % des cas, elle touche les membres inférieurs et dans 40 % des cas, les membres supérieurs. Diagnostic, symptômes, traitements et préventions, nous allons faire le point sur l’algodystrophie.
L’algodystrophie ou syndrome douloureux régional complexe est une maladie osseuse qui se traduit par des douleurs mécaniques au niveau des os et des articulations ainsi qu’une déminéralisation non homogène des os. Les douleurs sont accompagnées de troubles trophiques de la peau, des cheveux, des ongles et des dents. On parle de manifestations cutanées et phanériennes.
L’algodystrophie comporte trois phases.
Phase chaude: c’est une phase inflammatoire marquée par de vives douleurs. Ces dernières s’intensifient en cas d’utilisation du membre en question et s’estompent au repos. Il y a aussi la formation d’œdème qui limite les mouvements et enraidie les articulations. La zone affectée devient rouge et chaude.
Phase froide: elle est caractérisée par des douleurs mécaniques persistantes. L’œdème s’est résorbé et la peau paraît pâle et lisse. Le membre se refroidit.
Phase de guérison: elle varie entre 6 à 24 mois environ selon les patients.
Pour mieux comprendre le mécanisme d’évolution de l’algodystrophie, on va d’abord s’intéresser de plus près au fonctionnement de la circulation sanguine.
Pour permettre une bonne irrigation sanguine au sein de l’organisme, la pression artérielle doit être optimale. De leur côté, les vaisseaux sanguins assurent également la régulation de la pression sanguine pour répondre aux besoins du corps. C’est la vasomotricité.
Le syndrome douloureux régional complexe résulte des troubles vasomoteurs liés à une perturbation du système nerveux végétatif sympathique. Ce dernier joue divers rôles importants comme la vasoconstriction périphérique, l’augmentation de la fréquence cardiaque… Ainsi, une vasodilatation se produit à la suite de son dérèglement. C’est ce phénomène qui cause le gonflement, la rougeur et l’hypersensibilité de la peau.
L’algodystrophie peut se rencontrer à tout âge. Elle touche trois fois plus de femmes que d’homme. Une personne sur 5000 en est atteinte.
L’algodystrophie apparaît généralement à la suite d’un traumatisme ou une pathologie.
L’algodystrophie se manifeste par des douleurs disproportionnées qui ressemblent à des piqûres, une sensation de brûlure et de déchirure dans les bras, la main, les jambes ou les pieds.
Les douleurs sont provoquées par une stimulation banale telle que le toucher, une pression modérée, un mouvement, une variation de température, un stress ou une douleur moindre (hyperalgie).
Les symptômes sont parfois accompagnés par des sueurs.
En cas d’algodystrophie, on remarque une faiblesse et une contracture musculaire, une amyotrophie (diminution du volume d’un muscle strié), une dystonie (contraction musculaire involontaire provoquant une torsion), un tremblement et une dyskinésie (mouvement musculaire involontaire).
On observe également une limitation de l’amplitude des mouvements à l’inspection.
Au cours des 3 mois suivant le traumatisme (phase chaude), on aperçoit une inflammation cutanée (douleur, rougeur, chaleur, œdème), et un épaississement des poils.
Après 3 mois (phase froide), on constate une peau fine, froide, sèche et recouverte de squames (lamelle de peau morte) et de cyanose (coloration grise ou bleutée de la peau). Les poils deviennent plus fins.
Tardivement, on observe une rétraction tendineuse ainsi que des atrophies cutanées et sous-cutanées.
L’algodystrophie est parfois confondue avec d’autres maladies des articulations.
Infection
Douleurs très fortes d’une articulation localisée.
Inflammation.
Émission de pus…
Thrombose veineuse profonde
Inflammation au niveau d’un membre dans un contexte d’immobilisation.
Peau chaude…
Pieds de Charcot (neuroarthropathie diabétique)
Déformation des pieds.
Incapacité de percevoir normalement les blessures, les plaies ou les douleurs…
Syndrome du défilé thoracobranchial
Douleur au niveau des épaules et du cou.
Engourdissement.
Sensation de froid au niveau des doigts.
Phénomène de Raynaud
Extrémités des doigts qui deviennent blanc, bleu puis rouge.
Polyarthrite rhumatoïde
Atteinte symétrique des deux mains, des membres supérieurs et inférieurs.
AOMI (artériopathie oblitérante des membres inférieurs)
Membre froid décoloré chez un patient aux multiples facteurs de risques cardiovasculaires.
Douleurs dans les jambes lors de la marche.
Il faut noter qu’aucun examen paraclinique n’est assez performant pour confirmer ou écarter une algodystrophie.
Voici toutefois des examens qui peuvent aider dans la démarche diagnostique.
a) Radiographie
On retrouve des images évoquant l’ostéoporose dans la zone de l’algodystrophie.
On observe également un épaississement des parties molles.
b) IRM (imagerie par résonance magnétique)
L’objectif est d’analyser les anomalies de signal dans l’algodystrophie.
c) Scintigraphie osseuse
Elle permet de montrer précocement une hyperfixation osseuse.
Pendant la phase chaude
Lors de la première minute, il apparaît une hypervascularisation précoce et à la cinquième minute, une diffusion tissulaire précoce. Après 4 à 5 heures, on aperçoit une hyperfixation locorégionale.
Pendant la phase froide
Lors de la première et deuxième minute, l’image semble normale. Par contre après 2 à 4 heures, on observe une hyperfixation locale persistante plusieurs mois.
En cas d’algodystrophie, il faut consulter un médecin généraliste pour faire le diagnostic et prescrire les antidouleurs nécessaires. Il pourra orienter si besoin vers un médecin spécialiste antidouleur. Le pharmacien pourra orienter et donner des conseils.
Pour soulager les symptômes de l’algodystrophie, il est nécessaire de faire choisir un traitement parmi :
-la neurostimulation transcutanée à l’aide d’électrodes collées sur la peau.
-La kinésithérapie: aide également à soulager les douleurs et est utile pour prévenir l’atrophie, les contractures et le handicap moteur.
-La psychothérapie: peut aussi être utile pour se relaxer et pour une thérapie comportementale.
En deuxième ligne, il y a les corticoïdes oraux. On prescrit notamment la prednisone ou la méthylprednisone à raison de 30 mg par jour durant les premiers jours jusqu’à 2 à 12 semaines d’évolution.
Les médicaments suivants ont des bénéfices incertains en cas d’algodystrophie :
Lidocaïne en application cutanée et en emplâtre. Elle a une efficacité limitée.
Gabapentine : il s’agit d’un analogue d’un neurotransmetteur.
Antiépileptiques et antidépresseurs : ils sont mal évalués dans cette indication.
Paracétamol.
Antiinflammatoire non stéroïdien.
Morphine.
En cas de syndrome douloureux régional complexe, il faut éviter :
la calcitonine de saumon, c’est une hormone qui inhibe la résorption osseuse. Elle expose à de nombreux effets indésirables et est cancérigènes ;
la capsaïcine, c’est un anesthésique local en dispositif transdermique. Elle n’a pas d’efficacité démontrée et expose des effets indésirables cutanés.
L’évolution de l’algodystrophie est très variable. Les symptômes peuvent disparaître spontanément, mais peuvent également persister pendant plusieurs années.
Pour prévenir le syndrome douloureux régional complexe, il est important de connaître les facteurs de risques.
Membre traumatisé à la suite d’un accident ou d’un acte chirurgical : effectuer une mobilisation précoce du membre
Infarctus du myocarde, de cancer, d’infection, d’AVC ou d’atteinte neurologique périphérique : traiter puis faire une rééducation.
3e mois de grossesse (échographie du troisième trimestre): il n'y a pas de traitement spécifique
Facteurs de risques cardiovasculaires: traitement de l'hypertension, du tabac, et du diabète en priorité.
Il faudra aussi réévaluer l’indication de certains médicaments utilisés comme l’isoniazide et les barbituriques.
Notez que la prise de vitamine C n’a pas d’efficacité démontrée en vue de prévention de l’algodystrophie.
Les troubles psychiques n’ont également aucun lien avec l’algodystrophie.