Mycose des ongles
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Ongle fragile, effrité, légèrement décoloré, jaune ou épaissi ? Il s’agit peut-être d’une mycose unguéale. C’est une affection très inesthétique qui peut devenir douloureuse, incommodante et chronique en cas de négligence. De plus, elle est très contagieuse. Quelles sont les causes de la mycose des ongles ? Comment reconnaître un ongle mycosique ? Que faire pour traiter et prévenir la mycose unguéale ? Nous allons répondre à ces questions dans cet article.
Une mycose des ongles alias mycose unguéale, ou onychomycose est une infection par des champignons sur les ongles. Elle concerne 50 % des atteintes de l’ongle.
Les agents souvent responsables de la mycose des ongles sont les champignons de la classe des dermatophytes (Trichophyton rubrum), les levures notamment le candida, et les moisissures.
Ces germes pathogènes peuvent se transmettre de façon directe par le contact avec une personne infectée ou de façon indirecte, par l’intermédiaire d’un objet ou du sol contaminé.
Tout le monde peut être contaminé par l’onychomycose. C’est une infection très contagieuse.
La mycose des ongles se reconnaît facilement par une gêne esthétique : changements de couleur et d’apparence de l’ongle. Rarement, des douleurs se ressentent à la coupe des ongles.
Lors de l’examen clinique de la mycose des ongles, on se concentre sur l’aspect des ongles.
En général, la mycose se présente par une lésion blanchâtre en îlots à limite nette. Elle débute à la jonction de la zone distale et de la zone latérale puis progresse vers la matrice (la racine).
Pour les cas d’infection par dermatophytes, on observe principalement une lésion brune en bande sur le bord proximal ou latéral de l’ongle.
D’autres signes de la mycose des ongles peuvent être présents :
épaississement sous-unguéal jaunâtre sous le bord libre de l’ongle ;
décollement de l’ongle (onycholyse) qui peut devenir friable ou poudreux ;
inflammation des replis sus unguéaux latéraux (plus fréquent en cas de Candida albicans).
Pour confirmer le diagnostic de la mycose des ongles, le médecin procède généralement au prélèvement unguéal. Pour ce faire, on effectue un grattage à l’aide d’une curette au niveau de la jonction de l’ongle sain et de l’ongle infecté. Les prélèvements vont être ensuite étudiés au microscope pour la recherche de filaments mycéliens, de levures ou de spores. Cet examen n’est indiqué qu’en cas de doute sur la clinique.
Il faut savoir qu’un résultat négatif n’écarte pas le diagnostic. Il faut toujours se rapporter à l’examen clinique. Aussi, si le sujet suit un traitement antifongique local, il serait mieux d’attendre 15 jours avant de prélever pour ne pas avoir un faux négatif.
Les ongles touchés par une mycose sont davantage vulnérables aux infections bactérienne type panaris.
Il existe plusieurs maladies de l’ongle dont il faut savoir différencier de la mycose :
Le psoriasis unguéal : érosion punctiforme en dé à coudre.
Les microtraumatismes unguéaux.
Les tumeurs.
L’onychogryphose : ongles épais et courbés chez la personne âgée.
Si la mycose est encore peu étendue et a été déjà diagnostiquée par le passé, les conseils pharmaceutiques seront bienvenus. Sinon il faudra se tourner vers le médecin généraliste. Il fera le diagnostic et prescrira les traitements adaptés.
En second recours, il est également possible de se tourner vers un dermatologue pour demander le diagnostic et se faire traiter.
Au cas où la déformation est profonde, il est parfois nécessaire de réaliser une pédicure. Il en est de même pour les pieds fragilisés comme ceux d’une personne atteinte de diabète par exemple.
Enfin, dans le cas où une chirurgie de l’ongle mycosique est nécessaire, il faudra consulter un chirurgien orthopédique.
Pour éliminer la gêne esthétique et le dérangement dus à l’épaississement, à la décoloration ainsi qu’au décollement des ongles mycosiques, il est possible de faire des soins de pédicure. Cela inclura le limage et le meulage des ongles.
Le traitement dépend entièrement de la gravité de l’infection.
S’il n’y a pas d’atteinte matricielle
S’il n’y a pas d’atteinte matricielle, un traitement avec un antifongique durant 3 à 9 mois sous forme de film peut convenir. Son taux de réussite est estimé à 30 %.
Les médicaments couramment utilisés dans ce cas sont :
L’amorolfine à 5 % à appliquer avec une spatule 1 à 2 fois par semaine pendant 6 à 9 mois
Le ciclopirox à 8 % à appliquer au pinceau une fois par jour pendant 3 mois (ongles) ou 6 mois (pieds)
S’il y a atteinte matricielle ou échec du traitement
S’il y a atteinte matricielle ou échec avec le traitement antifongique sous forme de film, vous pouvez passer à la destruction chimique de l’ongle. Ce type de traitement possède un taux d’efficacité plus élevé : de 40 % à 70 %. Il se réalise en deux étapes.
Dans un premier temps, le patient doit appliquer un composé urée + bifonazole sous pansement pendant 1 à 3 semaines. Ensuite viendra l’application quotidienne de bifonazole seul sous forme de crème durant 4 à 8 semaines.
En traitement de seconde intention, on peut utiliser les antifongiques oraux comme :
la terbinafine (pour une mycose due à des dermatophytes),
et l’itraconazole (pour une infection à Candida).
La durée du traitement est de 3 mois. Notez que ces médicaments comportent de nombreux effets indésirables et notamment hépatiques. Ils ne sont à envisager que si le patient est très observant.
En dernier recours, il y a l’ablation chirurgicale totale ou partielle en association avec un traitement antifongique. Elle est réalisée en cas d’atteinte étendue, d’épaississement important ou de mycose à moisissures. Elle est par contre déconseillée chez les diabétiques.
Pour les femmes enceintes, seuls les traitements locaux sont autorisés en raison du faible passage des principes actifs dans la circulation générale. Les traitements oraux sont à reporter après l’accouchement.
Pour les femmes allaitantes, il n’y a pas de données publiées sur les antifongiques cutanés ou unguéaux en cours d’allaitement. Cependant, leur usage est probablement fréquent et aucun événement particulier n’est signalé à ce jour chez des enfants allaités. Aussi, leur passage systémique est généralement considéré comme très faible. Donc, au vu de ces données, l’utilisation des antifongiques cutanés ou unguéaux est possible en cours d’allaitement.
Il est rare de voir une régression spontanée de la mycose des ongles et une récidive est constatée chez 20 à 50% des personnes.
La mycose des ongles se transmet facilement d’une personne à l’autre, que ce soit par attouchement direct ou par les objets contaminés (sols, vêtements, meubles…). Pour prévenir la maladie, il convient donc d’éviter le contact, voire la cohabitation avec une personne atteinte.
En outre, notez que les risques d’infections aux champignons sont très grands dans les situations suivantes :
piscine ;
personne âgée ;
diabète ;
psoriasis ;
mycose de peau ;
immunodépression ;
atteinte vasculaire périphérique ;
ongle traumatique.
Ainsi, il faudra prendre les mesures adéquates.
Pour ce qui est des risques de récidive, quelques règles d’hygiène permettent de les éloigner :
Inspecter régulièrement les ongles à la recherche de mycose.
Changer de chaussettes et de chaussures en cas de transpiration.
Être chaussé dans les lieux publics tels que les douches et les salles de sport.
Éviter de couper les cuticules.
Enfin, pour éviter les complications chroniques, il est conseillé de consulter un médecin et de traiter rapidement dès la découverte d’une déformation des ongles.