Traumatisme cranien
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Un choc à la tête est toujours préoccupant, surtout s'il a été violent. Il peut engendrer de nombreuses complications sévères, voire mortelles. Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur les traumatismes crâniens dans cet article.
On qualifie de traumatisme crânien toutes les formes de chocs, légers ou importants, qui survient sur la tête et le crâne.
Du point de vue anatomique, le crâne est constitué d’os épais et solides. Cette structure le rend résistant face aux divers traumatismes qui peuvent survenir au quotidien. Cependant, lorsqu'un saignement survient à l'intérieur, son manque d'élasticité fait que le sang comprimera le cerveau.
La gravité de l’atteinte dépend de la vitesse et de la force du choc. La plupart du temps, le traumatisme crânien est bénin, mais dans certains cas, il est potentiellement mortel.
Chute, collision avec un mur ou avec un meuble, accident sur la voie publique, accident au sport tous sont susceptibles d’engendrer un choc au niveau de la tête. Ainsi, le traumatisme crânien peut arriver à tout le monde.
Après la survenue d’une chute sur le crâne ou d’un choc au niveau de la tête, la victime peut présenter des symptômes variés. Tout dépend de l’intensité du coup.
Pour un traumatisme crânien léger, le sujet peut subir une perte de connaissance brève ou juste un court moment de confusion. Ensuite viendront les légers maux de tête, les sensations de vertige et la fatigue.
Des plaies superficielles et éventuellement une bosse peut apparaître.
La prise en charge d’un traumatisme crânien débute par une évaluation d'un score de l’état de la conscience dit « test de Glasgow », noté de 3 à 15. Cette évaluation se base sur 3 paramètres : l’ouverture des yeux, la réponse verbale et la réponse motrice. Si un des trois paramètre n'est pas normal, il faudra surveiller l'enfant en milieu hospitalier.
Secondairement, le médecin inspectera les plaies liées au choc.
Ouverture des yeux
1 : Nulle. Aucune ouverture des yeux, même en cas de stimulus douloureux
2: À la douleur. Les yeux sont fermés : ils ne s'ouvrent que quand un stimulus douloureux est pratiqué
3: À la demande. Les yeux sont fermés : ils ne s'ouvrent que quand on demande à la personne de le faire
4: Spontanée. Les yeux sont ouverts, le regard est normal
Réponse verbale
1: Nulle. La personne ne parle pas, aucun son ne sort de sa bouche
2: Incompréhensible. La personne n'émet que des grognements, ou marmonne, spontanément ou à la douleur
3: Inappropriée. Les réponses ne correspondent pas aux questions. Si c'est un enfant de moins de 5 ans: il crie, pleure
4: Confuse. La personne commet des erreurs, se répète. Un enfant de moins de 5 ans est irritable, pleure en continue
5: Normale. La personne peut citer son nom, le lieu, la date... Un enfant de moins de 5 ans gazouille
Réponse motrice
1: Nulle. A la stimulation douloureuse : aucune réaction
2: Extension stéréotypée. À la stimulation douloureuse : extension et rotation interne des membres supérieurs, les paumes se tournent vers l'extérieur : décérébration
3: Flexion stéréotypée. À la stimulation douloureuse : flexion de l'avant-bras sur le bras : décortication
4: Évitement. À la stimulation douloureuse : le bras tente de se soustraire à la douleur, mais de manière peu adaptée ou simplement ébauchée (motricité de retrait faible)
5: Orientée. À la stimulation douloureuse : mouvement adapté de retrait, parfois violent (motricité dite localisatrice, de retrait fort)
6: Aux ordres. Spontanément : répond de manière adaptée aux ordres simples
Interprétation
La notion d'inconscience en premiers secours correspond globalement à un total inférieur à 10.
15 : conscience normale
14 à 10 : somnolence ou coma léger
9 à 7 : coma lourd
6 à 3 : coma profond ou mort clinique
Fort heureusement, la plupart des traumatisme crâniens n'occasionnent pas de lésions cérébrales majeures.
En général, le risque principal de complication du traumatisme crânien est dû au saignement à l’intérieur du crâne. Il faudra être très prudent, par exemple, chez les enfants de moins de 2 ans et les personnes âgées de plus de 65 ans qui comporte de multiples pathologies, le risque de lésions est plus grandes chez eux. Examinez bien l'enfant et cherchez les signes inquiétants. S'il en a pas durant les 48 premières heures, vous pouvez être rassuré.
Les symptômes d’un traumatisme crânien inquiétants
Face aux symptômes suivants, il faudra consulter aux urgences :
Perte de connaissance de plus de 5 secondes, amnésie des faits, comportement anormal, agitation, perte de fonction d'un sens ou d'un membre (=baisse du score de Glasgow)
Maux de tête sévères,
Vomissements intenses,
Une surveillance aux urgences est également requise dans les cas suivants :
Personne qui présente un trouble de la coagulation du sang,
Des antécédents de chirurgie cérébrale,
Prise d’alcool ou de substances toxiques,
Tentative de suicide,
Chute supérieure à 1 mètre ou de plus de 5 marches d’escalier,
Piéton renversé par une voiture,
Accidents de 2 roues.
Traumatisme facial, choc violent, hématome du cuir chevelu, fracture du crâne avec enfoncement, torticolis, liquide s’écoulant d’ une oreille, œil au beurre noir, hématome derrière l’oreille , écoulement du liquide céphalo-rachidien à travers le nez ou les oreilles.
Dans ces conditions, les risques de lésion plus grave sont élevés.
En cas de doute sur le diagnostic de traumatisme crânien, il est possible de réaliser un scanner cérébral sans injection. Cet examen permet d’évaluer l’intégrité du cerveau et ainsi repérer les éventuelles complications.
Si le traumatisme crânien n’a rien de compliqué, la prise en charge peut se faire chez un médecin généraliste. Par contre, en cas de complications, il sera plus judicieux de contacter les urgences hospitalières via les numéros d'urgence.
La prise de paracétamol peut aider à calmer les maux de tête et les douleurs causées par le choc.
Après le choc, le patient doit être gardé sous surveillance durant 48 heures au minimum. Les complications du traumatisme crânien surviennent généralement dans les minutes ou les heures qui suivent le choc. Cependant, chez certains cas, elles ne se manifestent qu’après plusieurs jours ou semaines. Il faut rester vigilant au cours de cette période :
Perte de connaissance avec convulsions (mouvements incontrôlables) : c’est un signe d’épilepsie.
Maux de tête, irritabilité, anxiété, mauvais sommeil, trouble de la concentration et de la mémoire : ils indiquent le syndrome dit “post commotionnel”.
Comportement agressif, muscles raides élastiques, tremblements : ce sont des preuves de séquelles de traumatisme crânien.
Dans la grande majorité des cas, aucune complication ne sera retrouvée et il faudra supprimer ce qui a causé la chute.