Bronchiolite du nourrisson
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La bronchiolite est une infection virale responsable de l’inflammation des bronchioles. Elle survient essentiellement chez les nourrissons et les enfants de moins de 2 ans. Elle est plus fréquente pendant la saison d’hiver. Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur la bronchiolite du nourrisson : symptômes, complications, traitements et préventions.
La bronchiolite du nourrisson est une infection par un virus de la partie terminale des voies respiratoires : les bronchioles. Cette maladie touche les nourrissons et les enfants de moins de 2 ans.
La bronchiolite est une infection contagieuse. La contamination s’effectue par le contact avec un malade qui expulse des gouttelettes lors de la toux. Elle peut également se faire au travers les mains, la bouche ou des objets contaminés.
Dans 80 % des cas, la bronchiolite est due à un virus très contagieux appelé virus respiratoire syncytial ou VRS. Elle peut aussi être due à un autre virus ou à une bactérie (20 % des cas).
La destruction des cellules est le premier responsable de l’obstruction des voies aériennes au cours de cette infection. Le bronchospasme ne joue qu’un rôle mineur.
La bronchiolite touche les enfants entre 2 mois et 2 ans.
Elle apparaît notamment en automne et en hiver dans les climats tempérés de l’hémisphère nord. Un enfant sur trois est atteint de la bronchiolite chaque hiver.
Un enfant qui souffre de la bronchiolite est souvent agité. Sa respiration est rapide, superficielle et sifflante (wheezing). Il souffre aussi de toux sèche et tenace ou avec une expectoration mousseuse. Chez les bébés de moins de 6 semaines, l’infection des bronchioles peut se manifester par une apnée.
Les symptômes de la bronchiolite peuvent être accompagnés de conjonctivite, de rhinite, de pharyngite avec sécrétions excessives, d’un écoulement ou une congestion nasale.
Des signes digestifs peuvent également être présents: douleur abdominale, nausées, difficultés alimentaires (refus de tétées ou de biberons).
Les signes cliniques présents au cours d’une bronchiolite varient selon la gravité de la maladie.
A l’auscultation pulmonaire, on perçoit une sibilance diffuse, parfois crépitant au début. On peut aussi entendre un ronchi ce qui témoigne un encombrement bronchique. L’auscultation est normale en cas de distension thoracique.
La forme légère
La température du bébé peut être normale ou légèrement élevée (inférieure à 38,5 °C).
La coloration cutanée est normale.
La fréquence respiratoire ne dépasse pas les 60 cycles par minutes.
Présence de signes de détresse respiratoire minimes (signes de lutte, balancement thoracoabdominal, tirage sus-claviculaire, battement des ailes du nez).
Saturation en oxygène inférieure à 92 %.
Rythme cardiaque entre 80 et 180 battements par minutes.
Perte de poids à hauteur de 0 à 5 % du poids initial.
L’enfant mange plus de la moitié de son alimentation habituelle.
La conscience n’est pas altérée.
La forme modérée
Présence de fièvre modérée.
La coloration cutanée est normale.
La fréquence respiratoire est élevée (entre 60 et 69 cycles par minutes).
Présence de signes de détresse respiratoire (signes de lutte, balancement thoracoabdominal, tirage sus-claviculaire, battement des ailes du nez).
Saturation en oxygène entre 90 et 92 %.
Rythme cardiaque entre 80 et 180 battements par minutes.
Perte de poids à hauteur de 5 à 10 % du poids initial.
L’enfant mange moins de la moitié de son alimentation habituelle.
La conscience n’est pas altérée.
La forme grave
L’enfant présente une forte fièvre.
Le bébé est cyanosé (coloration bleue des téguments).
La fréquence respiratoire dépasse les 70 cycles par minutes ou est en dessous de 30 cycles par minutes.
Présence de signes de détresse respiratoire importants (signes de lutte, balancement thoracoabdominal, tirage sus-claviculaire, battement des ailes du nez).
Saturation en oxygène inférieure à 90 %.
Rythme cardiaque en dehors de 80 et 180 battements par minutes (soit en dessous, soit en au-dessus).
Perte de poids à hauteur de 10 % ou plus du poids initial.
L’enfant refuse de manger.
La conscience est altérée.
Les signes respiratoires observés à l’inspection sont :
Difficulté à respirer à prédominance expiratoire (syndrome obstructif).
Freinage expiratoire.
Bruits de sifflement (wheezing).
Distension thoracique.
Voici les tableaux compliqués possibles au cours d’une bronchiolite du nourrisson :
Détresse respiratoire (1 à 2 % de risque), forme grave décrite ci dessus
Surinfection bactérienne: aggravation de l’état général et forte fièvre.
Déshydratation: perte de poids de plus de 5 %.
Les risques de complications sont élevés chez les nourrissons de moins de 3 mois, les bébés nés prématurément et ceux qui ont eu un faible poids à la naissance. Les enfants qui ont un antécédent de pathologie pulmonaire ou cardiaque chronique et ceux qui ont un déficit immunitaire sont aussi plus vulnérables à la bronchiolite.
Il ne faut pas confondre la bronchiolite du nourrisson avec les autres maladies respiratoires.
En cas de doute, une radio permet de conforter le diagnostic de la bronchiolite du nourrisson. On observera sur le cliché :
un poumon plutôt noir,
un abaissement des coupoles diaphragmatiques,
une horizontalisation des côtes,
la présence de 8 espaces intercostaux visibles (signe d’une distension thoracique).
Aucun signe radiologique ne permet de diagnostiquer à coup sûr la bronchiolite.
Le rôle du médecin généraliste est de faire le diagnostic de la bronchiolite, prescrire le traitement des symptômes et éliminer tout risque de complication. Le pharmacien aura un rôle de conseil et d'orientation.
En cas de complication modérée ou sévère, il faudra aller aux urgences ou contacter le 15 ou le 112 pour une prise en charge plus spécifique (l’oxygénothérapie par exemple).
Éviter à tout prix l’automédication dans cette maladie qui nécessite un avis médical obligatoire.
Pour faire baisser la fièvre de l’enfant, vous pouvez lui donner du paracétamol tous les 6 heures. Faites attention à la dose qui doit correspondre au poids du bébé (15mg/kg/6h ou tout simplement 1 « dose-poids »). Pensez aussi à lui faire boire de l’eau régulièrement. Donnez-lui une petite quantité d’eau très souvent pour l’hydrater. Il faudra aussi surélever le matelas pour qu’il ait moins de mal à respirer.
Voici des méthodes qui n’ont pas d’effets certains contre la fièvre mais qui peuvent être tentés :
Dévêtir le nourrisson.
Mouiller le nourrisson à l’eau tiède.
Réguler la température de la pièce.
Par contre, il faudra proscrire les bains d’eau fraîche, car cela peut être une source d’inconfort pour le bébé.
Vous pouvez aussi tenter d’améliorer le confort du nourrisson. Certaines méthodes n’ont pas de bénéfices certains mais se tentent quand même. On peut citer :
la fraction des repas en plusieurs parties ;
le désencombrement nasal ;
la kinésithérapie respiratoire de désencombrement en ville (effet transitoire sur la respiration, mais sans effet sur l’évolution de l’infection) ;
le maintien du nourrisson dans un air sec et sain.
Par contre ne donnez pas les médicaments suivants en cas de bronchiolite du nourrisson :
Corticoïdes par voie orale ou par voie inhalées. Pas d’efficacité démontrée.
Bronchodilatateurs béta-2 stimulant. En plus d’être inefficace, il risque de provoquer une tachycardie (accélération du rythme cardiaque).
Solutions nasales en spray. Chez les nourrissons, un risque de fausse route peut survenir et conduire à un arrêt respiratoire.
Dérivés terpéniques comme le camphre ou le menthol. Risques neurologiques (agitation, confusions, convulsions).
La bronchiolite guérie spontanément dans la majorité des cas. La toux et les signes respiratoires disparaissent au bout de 8 à 15 jours.
Pour prévenir la bronchiolite, il faut impérativement anticiper la diffusion du virus respiratoire syncytial (VRS) en appliquant les gestes barrières : se couvrir la bouche lorsqu’on éternue, mettre le coude par exemple. Évitez d’utiliser les mains, car c’est un vecteur de transmission. Sinon, les laver à l’eau avec du savon ou utiliser une solution hydroalcoolique.
Il faudra aussi éviter tous les risques de contamination :
Désinfecter les surfaces souillées,
Se débarrasser des mouchoirs,
Éviter le contact avec les nourrissons qui ne sont pas malades.
Pour protéger un bébé fragile à risques de complications, il est possible de faire une injection de palivizumab. Il s’agit d’un anticorps pour se prémunir du virus de la bronchiolite. Il réduit le taux d’hospitalisation. Il est conseillé de commencer l’injection au début de la saison épidémique (entre novembre et février en France) et de la répéter tous les mois.
Enfin, en cas de surinfection bactérienne à l’instar d’une otite moyenne aigüe, il convient d’opter pour une antibiothérapie à l’amoxicilline.