Bronchite aigüe
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Bénigne mais assez fréquente, la bronchite aigüe est une affection pulmonaire qui peut toucher tout le monde notamment les petits. Elle se manifeste surtout par une toux et une sensation de démangeaison dans la gorge. Définition, diagnostic, traitements et préventions… découvrez ce que vous devez savoir sur la bronchite aigüe dans cet article.
La bronchite aigüe est une inflammation aigüe des bronches et de la trachée.
La bronchite fait suite à une infection (un virus dans 90 % des cas et une bactérie dans 10 %). Elle peut aussi être causée par des agents irritants.
La bronchite aigüe s’accompagne souvent d’une toux persistante. Celle-ci protège les poumons des poussières et des microorganismes qui l’agressent.
La bronchite aigüe peut toucher n’importe quelle personne. Les personnes qui ont un faible système immunitaire et les asthmatiques sont plus à risques.
Cette pathologie survient le plus souvent en automne et en hiver surtout dans les régions tempérées. La bronchite d’origine virale est très contagieuse.
En France, on compte 10 millions de cas par an.
On distingue la bronchite bactérienne de la bronchite virale.
En pratique, la différence avec une bronchite virale est très difficile. On sait juste que la bronchite bactérienne survient une fois sur 10.
Les symptômes de la bronchite virale (sont semblables à ceux de la grippe) :
maux de tête ;
rhume ;
éternuement ;
toux sèche ;
fièvre peu élevée (moins de 3 jours) ;
frissons ;
courbatures ;
maux de ventre ;
douleurs de la paroi du torse.
Les symptômes d’une bronchite bactérienne
L’apparition des symptômes est beaucoup plus rapide.
Elle se manifeste généralement par :
une fièvre peu élevée (moins de 3 jours) ;
une toux grasse (avec crachats) ;
un encombrement pulmonaire ;
des douleurs au niveau de la paroi du torse.
En cas de bronchite aigüe, on observe souvent une température normale ou peu élevée (38 °C). La fréquence cardiaque est normale (inférieure à 100 battements par minutes) tout comme la fréquence respiratoire (inférieure à 20-24 cycles par minute).
À l’auscultation, on peut entendre un encombrement pulmonaire. Cela se manifeste par un bruit de râle qui s’atténue après la toux. On peut aussi entendre des râles sibilants ou sifflants.
Dans de rares cas, on remarque un bruit de neige que l’on appelle crépitant.
Si le traitement de la bronchite aigüe est en retard, elle est susceptible d’évoluer en pneumonie. Il s’agit d’une infection des alvéoles. La pneumonie est généralement caractérisée par une forte fièvre (39 à 40 °C) avec des frissons.
Des fois, la bronchite aigüe est confondue avec le rhume ou de nombreuses autres infections de la voie respiratoire.
En cas de doute, le médecin peut demander une radiographie du thorax afin de confirmer le diagnostic. Il n'y a pas de test de routine pour savoir si une bronchite est bactérienne ou virale.
La bronchite chronique peut être traitée en allant demander conseil chez le pharmacien.
Le médecin généraliste examinera les cas plus compliqués.
Voici les premières recommandations pour traiter les symptômes d’une bronchite aigüe :
bien s’hydrater ;
sucer des bonbons sucrés ou du miel en cas de maux de gore (cela a la même efficacité que les sirops.) ;
prendre du paracétamol en cas de douleur, de fièvre ou de toux ;
humidifier l’air dans les lieux secs.
Il est aussi possible de prendre de la dextrométorphane qui est un antitussif d’efficacité faible. Ce médicament est proscrit en cas d’asthme ou d’allaitement.
Les bénéfices des médicaments suivants sont incertains dans le cadre d’une bronchite aigüe :
Anti-inflammatoire non stéroïdien: ne pas utiliser si vous suspectez une infection bactérienne. Ne pas utiliser chez la femme enceinte.
Aérosols de bêta 2 mimétiques: utile seulement en cas de sifflements (sibilants).
Corticoïdes par voie orale ou inhalés: pas de données d’évaluation comparative par rapport à d’autres traitements.
Et pour ces médicaments, il faudra les éviter.
Coxibs, acéclofénac, diclofénac, piroxicam : ce sont des anti-inflammatoires avec trop d’effets indésirables et qui ne sont pas plus efficaces que les autres anti-inflammatoires.
Solutions nasales en spray chez le nourrisson : risque de fausses routes.
Ipratropium par voie nasale : pas efficace.
Les vasoconstricteurs « sympathomimétiques » par voie nasale ou orale (éphédrine, naphazoline, oxymétazoline, phényléphrine alias néosinéphrine, pseudoéphédrine, tuaminoheptane) : ils exposent à des risques cardiaques trop graves.
Anti histaminiques atropiniques et sédatifs (chlorphénamine, diphénhydramine, mequazine, prométhazine) : il expose à de trop nombreux effets indésirables.
Dérivés terpéniques (camphre ou manthol) : il expose à des convulsions ou des confusions.
Pholcodine : un sirop antitussif qui expose aux chocs au cours de certaines anesthésies.
pentoxyvérine : un sirop antitussif aux effets placebo qui expose à des troubles cardiaques.
Ambroxol, bromhexine, acétylcystéine, carbocistéine : des fluidifiants sans efficacité et qui expose aux allergies.
Pastilles à sucer : pas d’efficacité en plus d’exposer à des allergies.
Pentoxyvérine : effet placebo au prix de troubles cardiaques.
On sait statistiquement qu'une personne sur 10 a une infection bactérienne. Les antibiotiques ont un effet incertain. En effet, la toux réduit seulement pendant une demi-journée. Donc à voir au cas par cas.
En général, la bronchite aigüe guérit spontanément en 7 à 10 jours même en absence de traitement. La toux met plus longtemps à disparaitre. Si celle-ci persiste, il faut penser à la coqueluche.
Pour se prémunir d’une bronchite, il faudra respecter les gestes barrières : ne pas côtoyer les personnes infectées, suivre les règles d’hygiène, désinfecter régulièrement son habitat… Il faudra aussi s’éloigner des agents irritants comme la fumée ou la pollution.
Pour éviter la propagation du virus responsable de la bronchite, voici quelques conseils.
Se laver les mains au savon ou au gel hydroalcoolique (le virus y reste pendant quelques minutes).
Éternuer dans le coude et non pas sur les mains.
Limiter les contacts directs.
Se débarrasser des mouchoirs souillés (le virus y reste pendant 8 à 12 h).
Désinfecter les surfaces dures (persistance du virus pendant 1 à 2 jours).