Lucite solaire
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Les allergies peuvent avoir différentes causes : aliment, pollen, tissu… Certaines personnes sont même allergiques au soleil. On parle de lucite solaire. Qu’est-ce que c’est ? Comment expliquer cette maladie ? Comment se fait le diagnostic d’une lucite solaire ? Comment la traiter ? Est-il possible de la prévenir ? Découvrez les réponses dans cet article.
Il s’agit d’une allergie au soleil. Une lucite peut être bénigne ou chronique. Dans le premier cas, on parle de lucite estivale bénigne. Quand elle est chronique, une lucite peut se présenter sous différentes formes : la lucite polymorphe, l’urticaire solaire et la dermatose printanière juvénile.
L’origine de la lucite solaire est encore inconnue. Une allergie au soleil est la cause la plus probable. Ce serait lié aux ultraviolets de type A ou UVA (lumière invisible dont la longueur d’onde est entre 315 à 400 nm).
Les femmes sont les plus touchées par cette affection : on compte huit fois plus de femmes atteintes comparées aux hommes. La lucite solaire débute vers l’âge de 15-25 ans. Elle survient au niveau des régions géographiquement peu exposées au soleil.
La lucite estivale bénigne touche environ 20 % de la population.
Lors de la consultation, le patient présente des lésions de la peau. Elle apparaît environ 12 h après une exposition au soleil. Les lésions évoluent en poussée. Elles ont tendance à s’aggraver.
Une personne qui souffre de lucite se plaint de démangeaisons particulièrement intenses.
L’examen d’une personne atteinte de lucite solaire est centré sur l’examen dermatologique. On retrouve des papules érythémateuses. Elles sont plus ou moins confluentes.
Les papules sont localisées aux zones découvertes comme le décolleté, les membres et les épaules. Dans 80 % des cas, il n’y a pas d’atteinte du visage.
Il existe différentes formes de complications d’une lucite solaire.
Lucite polymorphe
Elle touche habituellement les personnes qui sont peu exposées au soleil. Les lésions cutanées apparaissent environ 30 minutes après une exposition. On observe des rougeurs, des boutons surélevés ou des vésicules (lésions qui contiennent du liquide), en plaque. Les lésions s’estompent en quelques semaines. Si de larges zones sont concernées, le sujet peut présenter des signes comme :
Une syncope : un trouble de conscience ;
Des vertiges ;
Un wheezing : un trouble respiratoire.
Urticaire solaire
Ce type de lucite survient environ 24 h après une exposition solaire. Le sujet ressent une sensation de brûlure. Quant aux lésions présentées, elles sont rouges et œdématiées.
Dermatose printanière juvénile
Elle touche les enfants et les adolescents de sexe masculin. Cette dermatose est fréquente en printemps, par temps froid. Au début, les lésions sont œdémateuses. Puis, elles deviennent vésiculeuses. Elles sont localisées au niveau des oreilles. Les lésions disparaissent en deux semaines.
Autres
Lucites persistantes sévères : évolution chronique ;
Prurigo actinique : atteinte du visage.
Une lésion érythémateuse surtout au niveau du visage pourrait évoquer un lupus. C’est une maladie dite auto-immune qui touche généralement les femmes.
Le diagnostic de la lucite solaire est souvent clinique. Il ne nécessite habituellement aucun examen complémentaire. Toutefois, en cas de doute, le médecin prescrit un phototest à réaliser chez un dermatologue. C’est un examen qui consiste à observer des lésions cutanées à la suite d’une exposition à la lumière.
Le médecin généraliste et le pharmacien sont les professionnels de premier recours. En cas de besoin, adresser à un dermatologue.
Le traitement symptomatique consiste à soulager les démangeaisons. Pour ce faire, le médicament de premier choix est la cétrizine. La desloratadine vient en deuxième intention.
Devant une lucite solaire, certains produits sont à écarter :
Les antihistaminiques ayant des effets indésirables : l’hydroxyzine, la prométhazine, le méquitazine ;
Des crèmes qui causent des allergies ou des irritations : le baume du pérou, l’alcool cétostéralyque, le chlorocrésol, les hydroxybenzoates ou parabens, la lanoline, le phénazone, le propylène glycol, la trolamine et les parfums.
Le traitement de la lucite solaire consiste aussi à appliquer un dermocorticoïde sur la peau. On les applique une fois par jour. Il existe différentes classes de dermocorticoïdes. Elles se distinguent par leur niveau d’activité. Dans le cadre d’une lucite solaire, il faut rechercher l’efficacité des dermocorticoïdes avec le plus faible niveau d’activité.
Faibles : hydrocortisone. On peut l’appliquer sur le visage ou chez le nourrisson de moins de 1 an.
Moyens : butyrate d’hydrocortisone ou bétaméthasone. Ils sont réservés aux adultes. Si le sujet est un enfant, son utilisation ne doit pas excéder deux semaines. Il ne faut pas l’appliquer sur le visage.
Très fortes : clobétasol. Ce médicament ne doit pas être appliqué sur le visage. Son indication est le même que les dermocorticoïdes d’activité moyenne.
Dans tous les cas, ces médicaments ne doivent pas être appliqués sur une peau saine. Pour une lésion de la taille de deux paumes de main, la quantité à appliquer est l’équivalent d’un cordon d’une phalange de doigt.
Il existe différentes formes galéniques de dermocorticoïdes :
des crèmes : pour les plis et les lésions suintantes ;
des pommades : pour les lésions sèches ou lichénifiées (peau devenant épaissie suite aux grattages) ;
des lotions : pour le cuir chevelu.
En deuxième intention, le dermatologue peut prescrire des immunosuppresseurs aux patients qui souffrent de lucite solaire.
Une lucite solaire guérit au bout de 10 jours à 3 semaines après l’arrêt de l’exposition solaire. Le patient peut tolérer progressivement le soleil. Il est même possible qu’il soit autorisé à se bronzer le reste de la saison. Il faut toutefois prévoir les récidives et les aggravations de lucite solaire. Elles se caractériseront par une augmentation de l’intensité et de l’étendue des lésions.
Il faudra prendre certaines mesures avant une exposition solaire.
Vous pouvez par exemple conseiller une exposition progressive en fonction du phototype pour favoriser une désensibilisation. Par ailleurs, il faut éviter le soleil entre 12 h et 16 h. Veillez à mettre des vêtements protecteurs qui couvrent les zones habituellement exposées. Vous pouvez également opter pour des crèmes solaires à haute protection.
En option il existe des médicaments provoquant un effet placebo chez certains patients. Il s’agit notamment de l’acide para-amino-benzoïque et la vitamine PP.
En option, il est possible d’opter pour du caroténoïde. Il s’agit d’un médicament à appliquer 15 jours avant et 15 après une exposition solaire. Cependant il n'a pas fait preuve de son efficacité.
Une autre alternative serait de prendre de l’hydrochloroquine à une dose de 200 mg, 2 à 3 fois par jour. Ce médicament est prescrit 15 jours avant une exposition au soleil. Le patient continue de le prendre jusqu’à une semaine après l’exposition. Ce traitement préventif réduit l’intensité des signes à 60 %.
Il est vivement déconseillé de programmer des séances de préparation au soleil, type photothérapie 1 mois avant le départ au soleil comme :
l’UVB-TL01 à spectre étroit
une PUVAthérapie : un traitement avec des ultraviolets.
Pensez aussi à revoir l’indication de certains médicaments comme :
le psoralène : c’est un médicament employé en association d’une photothérapie et qui photosensibilise la peau;
les cyclines et les quinolones : ce sont des antibiotiques photosensibilisants;
l’amiodarone : c’est un traitement utilisé en cardiologie pour traiter certains troubles du rythme ;
le méthotrexate : c’est un médicament anticancéreux.
La lucite solaire peut également apparaître en cas de changement hormonal. On peut la prévenir en détectant des changements hormonaux dans l’organisme.