Rupture du tendon d'Achille
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Un traumatisme du pied avec craquement au niveau du talon est un cas redouté surtout chez les sportifs. Y'a t-il atteinte du tendon d'Achille ?Découvrez tout ce qu’il y a à connaître sur le tendon d’Achille.
Un tendon est un tissu fibreux qui se trouve à l’extrémité d’un muscle. Il constitue l’attache qui relie le muscle avec un os ou une autre partie.
Le tendon d’Achille relie le muscle de la jambe à l'os du talon, appelé calcanéum. On l’appelle parfois également le tendon calcanéen. C’est le tendon le plus long (12 à 15 cm) et le plus puissant du corps humain, mais avec une vascularisation précaire. Cette dernière caractéristique explique en partie sa sensibilité aux ruptures et aux déchirures.
La rupture du tendon est principalement d'origine traumatique. En milieu sportif, il est favorisée par une activité excessive ou un manque d’échauffement ou de préparation.
En conséquence, le tendon n’arrive plus à assurer son rôle, comme décoller le pied du sol. S'il est laissé comme cela, il va se rétracter.
Tout le monde, à tout âge, peut être atteint d’une rupture du tendon d’Achille. Cependant, le pic se situe généralement entre 30 et 50 ans.
Environ 20 personnes sur 100 000 en souffrent. Chez les athlètes, cette fréquence tourne autour de 8 %. Les victimes sont surtout les sportifs qui pratiquent le tennis, le football, le basketball, etc.
Les patients sous antibiotiques de la classe des fluoroquinolones ont eux aussi des risques de rupture car ce médicament provoque des tendons plus fragiles. Les incidents de ce type restent toutefois des cas rares.
Ce qui nous met sur la voie, c'est surtout la notion de traumatismes de pied, et la localisation de la douleur.
Les symptômes se manifestent par une douleur à type coup de fouet, localisée au niveau de ce tendon lui-même. Parfois, cette douleur peut irradier dans les jambes et même jusqu’au bas du dos.
Quelques examens cliniques sont utiles pour dépister une rupture au niveau du tendon d’Achille.
Une inspection: pour repérer un œdème au niveau du talon ou du mollet.
Une palpation: qui permet de percevoir s’il y a une rupture sur le trajet.
Le test de Thompson: il est essentiel. Il consiste à mettre le patient couché sur le ventre, avec le pied pendant dans le vide. Le praticien met en évidence une rupture du tendon d’Achille si la compression du mollet ne bouge pas le pied.
Une autre manœuvre intéressante: le patient est invité à se mettre sur la pointe des pieds. Si cela lui est impossible, son tendon d’Achille est probablement rompu.
De manière générale, les examens cliniques suffisent pour diagnostiquer une rupture tendineuse au niveau du tendon d’Achille. Toutefois, pour plus de précisions, la réalisation d’examens supplémentaires peut aider :
l’échographie: elle est utile pour confirmer et distinguer une rupture totale ou partielle du tendon d’Achille ;
l’IRM: elle est plus précise et moins « opérateur dépendant ». Elle peut confirmer la présence de déchirure au niveau du tendon, même si celle-ci est difficilement détectable (cas des déchirures partielles).
Pour le diagnostic, consulter un médecin généraliste ou médecin du sport serait le plus approprié.
Mais pour un avis plus spécialisé, surtout en ce qui concerne les traitements chirurgicaux, il vaut mieux s’adresser à un spécialiste tel qu’un orthopédiste.
Apaiser les symptômes liés à la rupture du tendon d’Achille est possible grâce à des antalgiques et quelques règles de bonnes conduites.
En première intention, on opte généralement, pour :
le paracétamol ;
l’application d’une glace ;
le repos ;
la mise en décharge par la canne anglaise si la marche est douloureuse ;
les talonnettes pour diminuer la pression sur les pieds.
En seconde intention, on choisit d’administrer les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) éprouvés :
en local : pour un effet discret et fugace ;
par voie orale comme le cas de l’ibuprofène ou naproxène.
En dernier recours, si les douleurs sont plus persistantes et plus intenses, on pourra utiliser des antidouleurs plus puissants tels que :
la morphine directement ;
la codéine ;
le tramadol.
Il existe certains traitements dont les bienfaits sont incertains. Le bénéfice du traitement n'est pas certain. C’est le cas des corticoïdes :
en injection: dont les véritables actions n’ont pas encore été évaluées ;
par voie orale en cure courte, encore non évaluée également.
D’autres médicaments sont cependant à proscrire à cause de leurs effets secondaires. On peut citer :
Coxibs, acéclofénac, diclofénac, piroxicam: ce sont des anti-inflammatoires. Ils ont beaucoup d’effets indésirables alors qu’ils ne sont pas plus efficaces par rapport aux autres médicaments cités plus haut ;
kétoprofène: son administration par voie orale affecte l’appareil digestif par ses effets secondaires. Sous forme de gel, il n’est pas mieux : ses effets indésirables sont nombreux par rapport à ceux des autres AINS.
Le traitement ciblé de la rupture du tendon d’Achille repose sur la chirurgie ou un traitement médical dit « conservateur ».
Si on opte pour la chirurgie, l’intervention dure une heure. Par la suite, le patient est hospitalisé pendant environ 3 jours.
Si la chirurgie est réalisée en phase aiguë, c'est à dire proche de l'accident, une immobilisation par une botte en résine s’avère nécessaire, pendant 6 semaines. Cette pratique possède toutefois un taux de récidive de 4 % et expose le patient à des infections à un taux de 3 %. La technique de la chirurgie percutanée s’avère meilleure par rapport à cette dernière. En percutanée, le chirurgien procède à une ouverture plus petite, les risques d’infections sont moindres par rapport à la chirurgie à ciel ouvert.
Pour le cas des lésions anciennes, la chirurgie vise à reconstruire le tendon.
Si le patient ne désire pas être opéré, en alternative, il existe un traitement conservateur également efficace. C’est l’immobilisation en flexion plantaire par le biais d’une attelle. Cela dure entre 6 et 8 semaines. Le seul bémol est que le risque de rupture est plus élevé (environ 11 %) par rapport à celui des traitements chirurgicaux.
Tout au long du processus de guérison, le médecin traitant doit suivre de près l’évolution de l’état du patient. Cette surveillance est indispensable pendant la période de récupération fonctionnelle.
La rééducation n’est pas à négliger, surtout après la chirurgie. Le patient doit marcher avec une canne anglaise. Et suite à l’ablation de la botte d’immobilisation, le port de talonnettes d’épaisseurs décroissantes est d’une grande aide.
La durée de récupération varie entre 5 semaines à 9 mois, que le traitement soit chirurgical ou conservateur. La cicatrisation est plus longue en cas de rupture ancienne.
Le patient peut remarcher librement à partir du deuxième mois. Et à partir du troisième mois, il peut reprendre la conduite et les activités sportives douces (vélo et natation). Vers le 6e mois, la course à pied est possible, mais une compétition ne peut être envisagée qu’à partir du 8e mois.
Lutter contre les causes et les facteurs de risques est un bon moyen pour prévenir la rupture du tendon d’Achille. Pour se faire :
arrêter l’administration des fluoroquinolones ;
recourir à la kinésithérapie dès qu’une raideur se ressent ;
envisager un accompagnement sportif en vue de reprendre une activité sportive dans les bonne conditions. Les étirements et les échauffements ne sont pas à négliger ;
éviter le port des charges lourdes.