Asthme
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L’asthme est une pathologie respiratoire chronique généralement liée à un trouble allergique. Il est favorisé par de nombreux facteurs de risques parfois évitables mais peut aussi vite évoluer vers un enchaînement de crises si la prise en charge n'est pas adéquate. Définition, causes, symptômes, traitements et préventions, découvrez tout ce qu’il y a à savoir sur l’asthme !
L’asthme est une maladie respiratoire chronique caractérisée par une inflammation des bronches entraînant une difficulté à respirer.
L’asthme est une maladie inflammatoire bronchique provoqué par un allergène (substance allergisante) chez les personnes à terrain atopique (prédisposition génétique aux allergies).
L'inflammation provoque la réduction de la lumière bronchique, une hypersécrétion de mucus et la contraction des muscles lisses autour des voies aériennes supérieures.
Ces phénomènes associés entraînent une difficulté à respirer notamment pendant l’expiration.
Une crise d’asthme est favorisée par les infections respiratoires d’origine virale (bronchite, rhume, grippe, sinusite...), les émotions fortes (rires, pleures) et les exercices physiques.
L’asthme touche environ 10 % des enfants et 5 % des adultes (aux alentours de la quarantaine). Il est présent dans tous les pays du monde.
Les principaux symptômes d’une crise d’asthme sont :
respiration difficile,
sifflante,
toux spasmodique à répétition,
sensation d’oppression respiratoire surtout en pleine nuit et au petit matin.
Ces signes sont variables d’un individu à un autre. Chez un enfant par exemple, seule la toux chronique peut se manifester, causant des retards de diagnostic.
Selon la fréquence et la durée de la manifestation, on distingue 3 formes d’asthme :
Asthme léger: les symptômes ne sont ni quotidiens ni permanents.
Asthme modéré: plus d’une crise par jour ou plus d’un épisode de symptômes nocturnes par semaine.
Asthme sévère: symptômes persistants entre les crises.
Ces signes sont aggravés par l’effort.
Lors de l’examen clinique, le médecin se concentre sur les constantes vitales:
mesure de la saturation en oxygène (normalement supérieure à 95%),
mesure de la fréquence respiratoire (normes variable selon l'âge), et inspection des muscles de la respiration
mesure de la fréquence cardiaque (normes variables selon l'âge)
inspection de la couleur de la peau (normalement rose)
À l’auscultation, le médecin évalue la difficulté du patient à expirer : il entend parfois des sifflements à la respiration (weezing) ou à l’auscultation (sibilants). Leur absence ne signifient pas qu'il n'y a pas d'asthme.
Afin de connaitre le degré d’obstruction des bronches, le dépit expiratoire de pointe (DEP ou Peak Flow) est également mesuré. C'est un tube dans lequel l'enfant souffle le plus fort possible pour faire monter une aiguille. La valeur du DEP indiquera le stade de l’asthme :
au-dessus de 80% de la normale : stade léger ;
compris entre 60 et 80% de la normale : stade modéré ;
inférieur à 60% de la normale: stade sévère.
En dehors de l’observation des symptômes, le patient répondra aussi à des questionnaires visant à déterminer l’existence ou non d’antécédent familial d’asthme et à lister les allergies potentielles pouvant l’affecter.
Crise brutale
En général, avant une crise d’asthme, des signes précurseurs: toux discrète, picotement du nez, rhinite, éternuement.
La crise brutale est ensuite marquée par :
une difficulté à respirer, de durée supérieure à 30 minutes et parfois plusieurs heures, souvent nocturne ;
un sifflement lors de la respiration ;
des crachats mousseux venant des poumons ;
des toux et des éternuements.
La sévérité des crises d’asthme est estimée selon leur nombre :
Légère : moins d’une crise par jour ou plus d’une crise nocturne par semaine.
Modérée : plus d’une crise par jour ou plus d’une crise nocturne par semaine.
Sévère : crise fréquente pendant la journée et la nuit.
Détresse respiratoire aigüe
Une crise d’asthme grave peut se traduire par une crise plus grave : c'est la détresse respiratoire aigüe. Vous pouvez la reconnaître par :
une peau bleue,
une respiration très superficielle et rapide,
un tirage d’air du cou et du torse,
un balancement abdominal,
une impossibilité de parler,
une fréquence cardiaque supérieure à 120 ou inférieure à 50,
un trouble du rythme cardiaque,
un trouble de la conscience ou une confusion,
un silence respiratoire à l’auscultation,
un débit expiratoire maximal inférieur à 33 % du meilleur score connu du patient ou de sa valeur théorique,
une saturation en oxygène inférieure à 92 %.
Il ne faut pas confondre l’asthme avec d’autres maladies respiratoires qui donnent de la toux ou des difficultés respiratoires.
Afin de confirmer le diagnostic et aussi pour mieux évaluer la sévérité de l’asthme, il faudra effectuer des épreuves fonctionnelles respiratoires (EFR) chez un pneumologue.
Pour une personne asthmatique, les bilans révèlent généralement :
un volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) diminué ;
un rapport de Tiffeneau: VEMS (volume expiratoire maximal par seconde)/CVF (capacité vitale expiratoire forcée) inférieur à 70 % indiquant un syndrome obstructif ;
un débit expiratoire moyen (DEM75, 50, 25) inférieur à 50% ;
un volume résiduel (VR) augmenté ;
une capacité pulmonaire totale (CPT) supérieure à 120% signalant une distension thoracique ;
un rapport VR/CPT supérieur à 30%
Un test avec bronchodilatateur indique si l'asthme est réversible ou non : si la VESM augmente de 200 ml ou de 12 % après bronchodilatateur, l’obstruction est dite réversible (c'est à dire sensible aux traitements).
En cas de suspicion d’asthme, le médecin généraliste peut aider à faire le diagnostic et prescrire les traitements adéquats. Si besoin, devant une forme d’asthme compliquée, il orientera le patient vers un pneumologue. Celui-ci dispose de tous les outils nécessaires pour un suivi complet. Le pharmacien aura un rôle de conseil et d'orientation.
Composer le 15 ou aller aux urgences si la crise d'asthme est grave : la prise en charge sera spécifique.
Pour calmer les crises d’asthme, utilisez un bronchodilatateurs bêta 2 stimulants de courte durée d’action, comme le salbutamol ou la terbutaline. Prendre 2 à 4 bouffées toutes les 5 minutes, et jusqu’à 10 à 12 bouffées par jour. Utiliser une chambre d'inhalation si c'est plus facile.
En cas d’échec, prendre des corticoïdes par voie orale : prednisolone dosé de 7,5 à 60 mg par jour.
Ces traitements de crises sont prévues pour une courte période.
Pour le traitement de fond de l’asthme, on utilise les corticoïdes inhalés : budésonide ou béclométasone dosé de 200 à 2000 microgrammes maximum en 2 prises. Il est possible d'en prendre quotidiennement ou uniquement lors des crises. Ne pas oublier de rincer la bouche après l’utilisation car cela entraîne des mycoses de langue. La dose est dépendante de l’âge et peut être augmentée. Le médecin saura faire la part des choses. Là encore, une chambre d'inhalation est parfois nécessaire.
Si malgré un traitement par corticoïde inhalé bien respecté, la gêne respiratoire nocturne persiste encore, il est possible d’ajouter un bêta 2 stimulant de longue durée (formotérol ou salmétérol).
En avant dernière option le béta2 stimulant de longue durée peut être remplacé par la théophylline d’action prolongée avec une dose comprise entre 150 et 500 mg.
En dernier recours, il y a l’omalizumab injectable. C'est un traitement exceptionnel, du domaine du spécialiste.
Le traitement par désensibilisation est déconseillé en cas d’asthme. Il n’a pas d’efficacité prouvée et expose à des risques allergiques trop importants. Évitez également le tiotropium : il est trop peu efficace.
L’asthme est maîtrisé s’il n’y a pas
de retentissement sur les activités sportives ;
d’arrêt de travail ou d’absences scolaires ;
de consommation à outrance des inhalateurs de courte durée d’action ;
de crises nocturnes ;
de fréquentes crises diurnes.
Chez 40 % des patients, l’asthme devient moins sévère avec le temps, notamment pendant la puberté. 20 % des asthmes de l’adulte régressent totalement.
Si on obtient une bonne maîtrise de l’asthme pendant 3 à 6 mois, on peut envisager une réduction par palier des doses du traitement de fond,
L’asthme survient généralement lors des pics d’expositions aux allergènes : acariens, pollens, poussière, poils, salive d’animaux, plumes, moisissures, pollution, tabac, aérosols, sulfites alimentaires, chlore, parfums, peintures, venins d’insectes ou substances végétales, efforts physiques, temps froids et sec… Il est donc important de limiter l’exposition à ces substances. Dans ce cas, il faut
Connaître les périodes de pollens: de janvier à mars pour les arbres (cyprès, aulne, peuplier, bouleau, chêne, platane, olivier, etc.) ; au printemps pour les poacées ou les graminées (chiendent, dactyle pelotonné, phléole, etc.) ; de juillet à septembre pour les autres herbacées (ambroisie, pariétaire, orties, etc.). Ces périodes peuvent varier en fonction des régions.
Opter pour une lingerie adaptée.
Éviter certains types de tapis, de moquettes et d’animaux.
Contrôler l’humidité à l’intérieur de la maison.
Éviter l’exposition au tabac.
Favoriser les campagnes antipollutions.
Il faut savoir que la prédisposition génétique à l’asthme ne se transmet pas systématiquement aux enfants. Il y a 30 % de risque de transmission de l’atopie si un des parents est allergique et 60 % s’ils sont tous les deux allergiques. Afin de prévenir l’apparition de terrain atopique, il est conseillé de nourrir son bébé au sein plus de 3 mois. Il faut aussi éviter de diversifier l’alimentation trop tôt. Si vous constatez ces signes : sinusite, rhume, laryngite, eczéma, urticaire, œdème de Quincke, démangeaison, conjonctivite.... l'atopie est alors bel et bien suspectée et il faudra respecter les mesures ci dessus et commencer une éducation thérapeutique.
Il existe aussi quelques autres précautions à suivre au cas par cas pour améliorer les conditions de vie chez les personnes asthmatiques :
Pour les crises d’asthme lié au sport, il est recommandé de prendre un B2 stimulant de courte durée avant l’effort.
Pour les crises d’asthme lié à la grossesse (surtout entre 24 et 36 semaines de grossesse), la prise en charge est similaire aux autres cas d’asthme. Tous les médicaments peuvent être utilisés à l’exception de l’omalizumab.
Certaines formes d’asthme sont stimulées par l’arrivée des règles, on peut y remédier.
En cas asthme atopique professionnel: asthme survenant sur le lieu du travail (exposition aux farines, sciures de bois, produits volatils...) et absent lors des périodes de vacances, il faut envisager un aménagement de poste en accord avec le médecin du travail.
L'asthme atopique alimentaire survenant lors de la consommation de produits spécifiques : fraise, crustacés, thons...doit faire éviter ces allergènes.
L'asthme survenant lorsque de l'acide remonte dans la bouche sans effort (alias reflux gastro-œsophagien): doit faire traiter ce reflux.
L'asthme associé à des polypes du nez (perte de l’odorat, obstruction nasale et des sinus), et associé à une intolérance à l’aspirine et aux anti-inflammatoires doit faire suspecter la Triade de Widal. Dans ce cas proscrire les anti-inflammatoires.
Certains asthme sont aggravés par les bronchospasmes liés à un médicament comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens, l’acide salicylique, le bêtabloquant (y compris ceux dits cardiosélectifs), le ticagrélor, l’adénosine, les analogues de la prostaglandine utilisés par voie oculaire ou certains antibiotiques: réévaluez leur indication auprès d'un médecin.
L'asthme peut être très rarement signe d'une maladie générale. Quand d'autres symptômes existent en plus de l'asthme; pensez à la maladie de Churg and Strauss.