Cancer des testicules
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Le cancer des testicules est une prolifération anormale des cellules testiculaires. C’est une maladie rare qui regroupe environ 2200 nouveaux cas par an en France. Définition, diagnostic et prise en charge, découvrez tout ce qu’il faut savoir sur la tumeur maligne des testicules.
Le cancer des testicules est une tumeur qui se forme depuis les cellules des testicules. Les cellules cancéreuses peuvent ensuite gagner les tissus voisins et rarement, elles se répandent dans d’autres parties du corps. En général, le cancer ne touche qu’un seul testicule.
Dans 95 % des cas, ce sont les cellules responsables de la fabrication des spermatozoïdes qui sont impliquées dans le cancer du testicule. On parle alors de tumeur germinale.
Le cancer du testicule est lié à quelques facteurs de risque.
La cryptorchidie, même si cette dernière est traitée: c’est le cas des testicules qui ne sont pas descendus dans le scrotum pendant l’enfance.
La dysgénésie testiculaire, appelée également Syndrome de Klinefelter: c’est le cas d’un homme qui a au moins un chromosome X en trop.
La dysgénésie gonadique qui se traduit par une atrophie testiculaire après un traumatisme du scrotum ou une infection.
En France, le cancer des testicules est peu fréquent. On diagnostique 2200 nouveaux cas par an. Dans la majorité des cas, le cancer des testicules présente un pic de fréquence à l’âge de 2 ans ou entre 25 et 35 ans.
En général, la tumeur des testicules est découvert par le patient lui-même par une autopalpation. Il peut sentir une tuméfaction au niveau de son testicule ou une augmentation du volume de la bourse. Le patient peut aussi ressentir une sensation de pesanteur testiculaire.
Parfois, le malade peut ressentir une douleur en bas de l’abdomen, ainsi qu'une poussée de ses seins.
Les signes cliniques d’une tumeur au testicule sont les suivants.
La présence d'une masse non transilluminable (c'est à dire qui ne laisse pas passer la lumière) au niveau du scrotum
Une palpation de masse indolore, dure et non mobile au niveau de la bourse.
La présence du signe de Chevassu, c’est-à-dire une formation d’une masse intrascrotale dure avec une conservation du sillon épididymo-testiculaire.
La formation du ganglion de Troisier palpable dans le creux sus-claviculaire derrière la clavicule.
Une gynécomastie ou une augmentation de la taille d’une ou des deux seins. Elle est due à la sécrétion de la HCG. C’est une hormone qui est produite normalement chez les femmes enceintes.
Dans certains cas le diagnostic du cancer testiculaire est assez difficile : c'est le cas des patients ayant un testicule mal placé (cryptorchidie). Dans ce cas, le cancer est découvert par les douleurs abdominales ressenties par le patient.
A) Quand on suspecte la tumeur
Le médecin prescrira une analyse sanguine dosée des marqueurs biologiques tumoraux. Il s’agit de :
l’alpha fœto proteine (AFP) ;
le HCG total ;
et le Lactate déshydrogénase (LDH).
L'évolution de ces marqueurs permet de déterminer la gravité de la maladie et la réponse aux traitements. Il faut préciser que la concentration normale de ces marqueurs n’exclut pas le diagnostic et que la concentration anormale n’est pas spécifique de ce cancer.
Une échographie du scrotum complète le diagnostic du cancer des testicules. On recherchera une masse sombre ou hétérogène. Cet examen d’imagerie permet aussi de connaître la position et le volume de la tumeur.
Pour confirmer le diagnostic, il faudra procéder obligatoirement à une biopsie testiculaire. Les pièces obtenues seront analysées dans un laboratoire d’anatomie pathologique pour déterminer le type et le degré du cancer.
Dans 90% des cas, la tumeur est lié aux cellules produisant les spermatozoïdes.
Il existe deux types de tumeurs germinales :
Les tumeurs germinales séminomateuses (TGS) 40%
Les tumeurs germinales non-séminomateuses (TGNS) 60%.
Dans 10% des cas, la tumeur est non germinale
Dans le cas où la maladie se propage et touche d’autres organes, une IRM et un scanner thoraco-abdomino-pelvien permettent d’évaluer l'extension. En effet, un cancer du testicule peut avoir une métastase au niveau du poumon, du foie, du cerveau ou des os.
La prise en charge des patients peut se faire par :
un médecin généraliste qui réalise le diagnostic ;
un urologue ou un oncologue.
La prise en charge de ce type de cancer doit être discutée lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire. Ainsi, divers médecins spécialistes discutent du meilleur traitement pour le patient.
Le traitement de première ligne est l’orchidectomie. Il s’agit d’une ablation du testicule cancéreux. Elle est réalisée pour tout type et tout stade de la tumeur : tumeurs germinales séminomateuses ou tumeurs germinales non-séminomateuses.
L’orchidectomie est une chirurgie à visée diagnostique et thérapeutique.
On proposera obligatoirement à l’individu une conservation du sperme, car il existe un risque de trouble de la fertilité. Elle est proposée avant le début de tout traitement.
Une prothèse testiculaire est également proposée par le chirurgien. Il peut être mis en place pendant l’intervention l’orchidectomie.
Après l’analyse du testicule enlevé, la réunion de concertation pourra opter pour une chimiothérapie ou radiothérapie selon le cas.
La chimiothérapie est recommandée dans la plupart des cas. Elle est utilisée pour réduire les risques de récidive et pour éviter la propagation du cancer. La radiothérapie n’a pas d’effets sur ce type de cancer. Ce type de traitement est plutôt recommandé pour les tumeurs séminomateuses à haut risque.
Voici quelques conseils pour lutter contre les complications liées aux traitements.
Conserver le sperme de l’individu avant de passer aux traitements. La stérilité est l’une des principales complications pour les individus atteints d’un cancer des testicules.
Un accompagnement psychologique. Le manque de confiance en soi, la dépression ou l'anxiété sont souvent ressentis. La conjointe est un soutien fondamental pour le patient.
Prendre en charge les effets secondaires des traitements.
Le taux de survie à 5 ans est de 99 % pour les formes localisées et 71 % pour les formes métastasées. Les formes séminomateuses pures ont de meilleurs pronostics que celles des formes non séminomateuses.
La réponse au traitement est évaluée par le dosage des 3 marqueurs tumoraux (AFP, HCG totale et LDH) et sur l’analyse de l’imagerie (échographie et scanner).
Des cas de rechutes peuvent apparaître. Ils sont plus fréquents en cas de tumeurs non séminomateuses. L’apparition des rechutes peut être tardive, c’est-à-dire entre 7 à 10 ans après le traitement.
Pour prévenir le cancer des testicules, il faut :
Surveiller la descente des testicules dans le scrotum pendant l’enfance ;
Maintenir un suivi médical s’il y a des antécédents de cancer du testicule.
Il n’y a pas de dépistage systématique.