Fissure méniscale
Fiche maladie Images Ordonnances
La fissure méniscale du genou constitue une véritable contrainte dans la vie quotidienne. Quelles sont les causes de cette fissure du ménisque ? Comment la soigner ? Toutes les réponses dans cet article.
Le ménisque est un tissu cartilagineux en forme de croissant qui se situe dans l’articulation du genou.
Chaque genou possède deux ménisques de chaque côté :
l’interne ou médial, en forme de C ;
l’externe ou latéral, en forme de O.
Ces structures possèdent le rôle d’amortisseur du genou. Ce sont des cales entre le fémur et le tibia. Grâce aux ménisques, il n’y a pas de contact direct entre les deux os, ce qui amoindrit les chocs lors des mouvements et réduit leur usure.
La fissure méniscale correspond à la déchirure ou au détachement d’une portion de ménisque.
Les causes de la fissure méniscale sont multiples.
Dans 75 % des cas, elle résulte d’un traumatisme : torsion externe du tibia et hyperflexion prolongée.
Dans 25 % des cas, elle est dégénérative. Avec l’avancement de l’âge, les os et les cartilages du corps s’usent progressivement.
En minorité elle peut être due à des malformations. Ce cas affecte particulièrement le ménisque externe (90% du temps).
Ce qu'il faut comprendre c'est que seule la partie périphérique du ménisque est vascularisée donc réparable. On parle de zone rouge, par opposition à la zone blanche non vascularisée.
La fissure méniscale touche 3 fois plus d'hommes que de femmes. Cela est dû à la prédominance masculine dans la pratique de sport et d’activité professionnelle nécessitant une activité physique intense.
Dans 20 % des cas, la maladie ne produit aucun symptôme.
D’autres patients, en revanche, souffrent d’une douleur d’intensité variable en regard de l’interligne articulaire.
Dans 30 % des cas, on observe une hydarthrose récidivante. Il s’agit d’un épanchement de liquide au sein de l’articulation du genou. Il est responsable de gonflement et de douleur.
Le praticien commence par la palpation du genou. Il éveille une douleur lorsqu’il touche l’interligne articulaire (une zone molle entre les deux os du genou). La douleur est liée à la pression exercée par la main sur le ménisque. Cet examen est efficace en dépistage, mais doit être complété.
Par divers mouvements, le médecin étudie les amplitudes articulaires actives et passives. Cela est dans le but de rechercher l’existence de blocage et du possible épanchement de liquide articulaire à l’intérieur du genou.
Enfin, avec la manœuvre de Mc Murray, il est possible de détecter une lésion méniscale avec une bonne performance. Le patient est allongé sur le dos sur une table d’examen. L’examinateur pose une main sur le talon et une autre sur le genou, pouce et index en regard de l’interligne fémoro-tibiale.
Il pratique une rotation interne de cheville maximale tout en fléchissant et étendant le genou. Une perception audible ou palpable d’un craquement ou ressaut, ou une douleur indique une lésion méniscale externe.
Il pratique une rotation externe de cheville maximale tout en fléchissant et étendant le genou. Une perception audible ou palpable d’un craquement ou ressaut, ou une douleur indique une lésion méniscale interne.
Le grinding-test est aussi un autre test qui aide au diagnostic de la fissure méniscale. Pour ce faire, le patient est placé en décubitus ventral, genou fléchi à 90 °. L’examinateur exerce ensuite une pression axiale dans l’axe du tibia associée à des mouvements de rotation externe du pied. Le test est positif en cas de déclenchement d’une douleur dans la région médiale du genou.
La fissure méniscale se complique lorsque la fissure est importante sur toute sa longueur, formant une sorte d'anse de seau. Cette dernière se traduit par un blocage élastique des derniers degrés d’extension (flexion indolore). Le patient ne pourra pas étendre entièrement le genou.
Pour compléter le diagnostic, des examens d’imageries sont nécessaires.
IRM du genou: elle offre des images détaillées de l’ensemble de l’articulation du genou: les ligaments et les cartilages articulaires. Elle aide à définir le type de fissure. Cet examen montre une atteinte du ménisque interne dans 75 % des cas et du ménisque externe dans 25 % des cas.
Radiographie des genoux en charge face et profil: elle est utile surtout pour éliminer les diagnostics différentiels, car on ne voit pas les lésions méniscales en radio.
Arthroscanner: c’est une forme de scanner au cours de laquelle on introduit un produit radio-opaque à l’intérieur de l’articulation. Elle offre une meilleure visualisation des ménisques ce qui permet de bien déceler les lésions, mais c'est un examen plus lourd à réaliser.
Pour prendre en charge la maladie, le patient peut se tourner vers différents professionnels de santé.
Devant les symptômes suspects, le pharmacien et le professionnel paramédical oriente et conseille sur la conduite à tenir.
Le médecin généraliste, lui, est en mesure de poser le diagnostic et de proposer un traitement approprié.
Et, si besoin d’un avis spécialisé chirurgical, il convient de se tourner vers un chirurgien orthopédique.
Pour calmer les sensations douloureuses engendrées par la fissure méniscale, le patient peut prendre des antidouleurs et des anti-inflammatoires comme : le paracétamol, l’ibuprofène et le naproxène.
En cas de douleur aigüe, il peut opter pour des médicaments plus puissants, à l’instar de la morphine, la codéine et le tramadol.
Pour traiter la fissure méniscale, la kinésithérapie aide beaucoup. Les exercices de rééducations favorisent la guérison des déchirures au niveau des ménisques. De plus, cela améliore la mobilité de l’articulation du genou et diminue la douleur.
Pour accélérer le rétablissement du genou, le patient a également besoin de faire un repos sportif.
Dans la mesure où ces deux traitements ne parviennent pas à guérir le ménisque, le médecin proposera une chirurgie sous arthroscopie (introduction d'une caméra dans le genou). Selon la taille et la localisation de la déchirure, il existe 3 types de procédés opératoires possibles.
Méniscectomie totale ou résection de l’anse de seau. Cela consiste à enlever le ménisque endommagé. Malgré son efficacité, ce traitement expose à une possibilité d’arthrose du genou. Pour ce traitement, l’anticoagulation n’est pas obligatoire si le risque de caillot sanguin est faible. Dans le cas contraire, il est nécessaire d’administrer du HBPM à débuter 6 à 12 heures avant, et à poursuivre durant 2 semaines.
Suture s’il y a une lésion périphérique en zone cicatricielle : il s’agit d’un traitement conservateur.
Méniscoplastie : un remaniement des ménisques.
Après l’intervention chirurgicale, la durée de l’hospitalisation est de 2 à 3 jours. Le patient doit porter une attelle pendant 10 jours, et ce, dès le premier jour de l’opération.
Par ailleurs, afin d’écarter toute complication, il faudra prendre certaines des précautions.
Après une méniscectomie, il faut éviter les sports de pivots. La reprise de la routine sportive peut commencer après 3 mois.
Après réparation méniscale, mieux vaut attendre 3 mois avant de refaire du sport. Pour les sports de ligue, il faut attendre 6 mois et pour les sports de compétition, il faut attendre 9 mois.
Afin de suivre l’évolution de la maladie, il faudra faire une surveillance clinique et radiographique.
Après méniscectomie, on observe souvent une régression des symptômes.