Adénome pléïomorphe de parotide
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Une grosseur en dessous de l'oreille peut faire peur. Il peut s'agir d'un adénome pléïomorphe. Que s'agit il ? Nous allons voir les détails dans cet article.
Étymologiquement, « adénome » signifie tumeur bénigne d’une glande tandis que « pléïomorphe » ou « pléomorphe » désigne quelque chose qui possède plusieurs formes. Elle est aussi appelée « tumeur mixte ».
L’adénome pléomorphe de la parotide est une tumeur bénigne de la parotide, la glande salivaire située près de l'oreille.
Son origine est inconnue. L’adénome pléïomorphe de la parotide est une tumeur à croissance lente. Au fil de son développement, il peut cependant comprimer les structures adjacentes à la glande parotide. Dans 5 % de cas, l’adénome pléïomorphe de la parotide peut dégénérer en tumeur maligne.
L’adénome pléïomorphe de la parotide touche préférentiellement le sexe féminin. Le ratio est de 3 femmes pour 1 homme atteint. C’est une tumeur qui peut frapper à tout âge. L'âge de survenue se situe souvent entre l’âge de 30 à 40 ans, mais la tumeur peut survenir au delà de ces âges.
Les facteurs de risque sont incertains, mais on évoque le tabac, l’alcool, une alimentation riche en cholestérol la radiothérapie près de l'oreille.
La tumeur évolue à bas bruit. Elle est silencieuse dans un premier temps, jusqu’à l’apparition d’un volume significatif de la masse au niveau de la glande parotide.
On suspecte la maladie lorsqu'on aperçoit une tumeur entre l'oreille et la mâchoire, ou face à une altération cutanée dans cette zone.
Lorsqu'on regarde de plus près, on peut voir une tumeur blanchâtre nodulaire, multifocale, entourée d’une fausse capsule appelée condensation péritumorale.
À la palpation, la masse est indolore. Elle ne bouge pas, et est de consistance ferme ou gélatineuse.
Un volume important de masse tumorale peut compresser les structures adjacentes à la parotide : on parle d’adénome compressif.
Il peut y avoir dans ce cas :
une névralgie du nerf facial (c'est à dire des douleurs de la face) ;
des troubles de l’audition ;
des troubles de la mastication ;
des troubles de la déglutition ;
une faiblesse musculaire ;
une altération de peau.
Quand on suspecte un adénome pléomorphe de la parotide, il faut demander une échographie, ou mieux, une imagerie par résonance magnétique (IRM) voire un scanner si cette dernière n’est pas disponible.
L’échographie
La masse apparaît en noir avec un renforcement postérieur, des contours réguliers, parfois polylobés ave plus ou moins des tâches blanches (calcification). Une hypervascularisation en échographie-Doppler évoque une dégénérescence en tumeur maligne.
L’Imagerie par Résonance Magnétique
On observe une masse de structure homogène aux limites nettes et de contours polylobés. L’apparition de contours lésionnels flous ou de signaux caractéristiques d’une lésion néoplasique fait penser à une évolution maligne de la tumeur.
Confirmation
La confirmation du diagnostic doit se faire obligatoirement gràce à un prélèvement analysé au microscope.
On peut utiliser un prélèvement à l'aide d'aiguille appelé cytoponction. Celle-ci révèlera plusieurs composantes de cellules attestant de la « mixité » de la tumeur.
Si la cytoponction est douteuse, il faut réaliser une exérèse de la tumeur qui va être examinée immédiatement au cours de l'intervention chirurgicale.
Les professionnels de santé de ville orientent et conseillent. Le médecin généraliste suspecte le diagnostic. Il revient obligatoirement à l’oto-rhino-laryngologiste de donner un avis spécialisé.
La chirurgie est indiquée dans le but de réséquer la masse tumorale en veillant à respecter l’intégrité des structures anatomiques voisines et l'aspect esthétique. La chirurgie est généralement accompagnée d’un examen microscopique de la pièce opératoire, en plein cours d'intervention, pour s’assurer de la nature bénigne de la tumeur. La radiothérapie peut compléter la chirurgie si besoin.
Si la tumeur est non-résécable, on peut recourir à la radiothérapie première.
Si la chirurgie n'a pas eu lieu, l’adénome pléomorphe de la parotide nécessite une surveillance accrue. En effet, elle cancérise dans 5% des cas.
Si la chirurgie a eu lieu, une récidive de l’adénome pléïomorphe reste possible.
Pour l’heure, aucune mesure préventive n’est officiellement connue. Certains scientifiques avancent la lutte contre le tabac et contre l’alcoolisme. Il est également conseillé d’adopter une alimentation équilibrée.