Gastrite non banale
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La gastrite est une maladie digestive très fréquente. Si elle est bénigne: voir le terme gastro-entérite.
La gastrite non banale peut cependant provoquer un malaise digestif pouvant se compliquer en érosion. Découvrez dans cet article tout ce qu’il y a à savoir sur la gastrite et les ulcères digestifs : symptômes, diagnostic, traitements et préventions.
La gastrite est l'inflammation de la muqueuse de l’estomac (muqueuse gastrique).
L’ulcère gastrique correspond à la perte de substance de la muqueuse de l’estomac.
L’ulcère duodénal, correspond à la perte de substance de la partie initiale de l’intestin grêle, le «duodénum ».
L’estomac est revêtu d'une muqueuse. La muqueuse de l’estomac contient des cellules qui la protègent naturellement de l'acidité grâce à la sécrétion du mucus.
La perturbation des mécanismes de ces défenses cellulaires, liée à diverses causes, favorise l’inflammation de la muqueuse de l’estomac. Celle-ci peut être érosive en profondeur et provoquer un ulcère.
L’ulcération de la muqueuse gastrique peut elle-même se compliquer de perforation ou d'hémorragie massive, voire de cancer.
La gastrite est une maladie digestive fréquente. Elle peut être temporaire ou persistante.
La gastrite peut se manifester sous forme de douleur de la partie supérieure du ventre ou de syndrome dyspeptique. Ce dernier regroupe l’ensemble de divers symptômes comme une sensation de mal digérer, une douleur, des ballonnements et des rots.
Ces symptômes peuvent s’associer à des nausées et des vomissements.
Le principal signe clinique de la gastrite est une douleur lorsqu'on palpe le haut du ventre, situé au dessus du nombril et sous les côtes.
L’ulcère est la complication la plus fréquente de la gastrite. Environ 0,2 % de la population est concerné. Il est 4 fois fréquent au niveau gastrique que plus bas, au niveau duodénal.
Lorsqu'un ulcère apparaît, la personne se plaint d’une crampe dans le haut de l'estomac irradiant dans le dos. Elle apparaît de façon brutale et persiste pendant 30 minutes à 2 heures. L’intensité et la durée de la douleur sont augmentées par l’acidité et diminuées par l’alimentation alcaline.
La gastrite peut également engendrer d’autres complications. À savoir :
Un saignement d’ulcère : il se manifeste pas des vomissements de sang rouge ou l'émission de sang rouge-noir dans les selles.
Une perforation : elle est caractérisée par un choc (évanouissement) et un ventre intouchable.
Une suspicion de cancer de type adénocarcinome ou lymphome gastrique du MALT: il se manifeste par une altération de l’état général (perte de l'appétit, fatigue, amaigrissement), une hémorragie et une difficulté à manger.
La fibroscopie n'est utile qu'en cas de suspicion de gastrite compliquée ou chronique.
Fibroscopie oeso-gastroduodénale (FOGD) ou endoscopique
Le but de la FOGD est de rechercher les anomalies visuelles à l'aide d'une caméra introduite dans la bouche et dans l'estomac. Au moindre doute on fera une biopsie. Elle consiste à prélever un petit morceau de tissu venant de l’estomac.
La biopsie de l’estomac au cours d’une fibroscopie est également importante pour rechercher Hélicobacter pylori qui est une bactérie responsable de l’infection de la muqueuse gastrique et de son inflammation.
Voici les complications à craindre :
Ulcère gastrique ou duodénal : l’examen détecte un ulcère à fond fibrineux avec aspect blanc à bord irrégulier et aux plis convergents. On doit réaliser sa biopsie obligatoirement.
Sténose: elle est caractérisée par un rétrécissement de la lumière de l’estomac ou du duodénum.
Cancer: l’examen dévoile une dégénérescence de l’ulcère de l’estomac. A noter que contrairement à celui de l'estomac, l’ulcère duodénal n’évolue pas en cancer.
La prise en charge de la gastrite s’effectue généralement en ville et hors urgences :
les professionnels de santé de ville donnent des conseils et orientent ;
le médecin généraliste fait le diagnostic et traite les formes bénignes ;
le gastro-entérologue. Il fournit un avis spécialisé sur la maladie et réalise la fibroscopie en cas de complications.
En cas de complication, il vaut mieux se diriger vers les urgences.
Pour soulager la douleur de la gastrite, le traitement médical par l’inhibiteur de la pompe à proton (IPP) est le plus indiqué.
Il doit se prolonger tant que les symptômes persistent et tant que Helicobacter pylori n’a pas été éradiqué de l’estomac.
En cas d’ulcère gastro-duodénal, le traitement médical par IPP est indiqué en première intention. Si après 3 mois, il n’y a aucun effet, il faut envisager une intervention chirurgicale. Il peut s’agir d’une ablation d'une partie de l'estomac avec suture. La pièce opératoire doit être envoyée à un anatomopathologiste pour un examen au microscope.
En cas d’infection par Hélicobacter pylori, le traitement repose sur l’antibiothérapie associée à l’IPP.
Pour les gastrites simples, on fera des cures d'IPP lorsque la douleur réapparaît. On veillera à faire des pauses thérapeutiques de temps en temps.
Pour les ulcères gastrique et duodénal, il est important d’éliminer totalement Hélicobacter pylori présent dans l’estomac. Cela diminue le risque de la récidivité de 60 % à 5 %. À la fin du traitement, un contrôle endoscopique est recommandé particulièrement pour les ulcères gastriques
Pour les infections à Hélicobacter pylori, il est essentiel de contrôler la disparition de Hélicobacter pylori. Il faut réaliser donc au moins un test respiratoire à l’urée marquée.
Pour éviter une nouvelle gastrite aiguë, il faudra éliminer Hélicobacter pylori, le cytomégalovirus (CMV) et les éventuels intoxications par caustique, sans oublier le traitement d'une éventuelle gastro-entérite aiguë.
Il faudra faire attention aux anti inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que kétoprofène, ibuprofène etc. car ces médicaments entrainent eux même des gastrites.
Le stress est l’un des facteurs de risque de la gastrite. Alors, essayer de l’éviter.
Dans certains cas rares, il faudra aussi rechercher et traiter le syndrome de Zolliger Ellison (une hypersécrétion acide de l'estomac).
Éviter les antiinflammatoires non stéroïdiens (AINS), le stress et le tabac.
En cas de persistance des symptômes
La gastrite atrophique : il faut éliminer la bactérie responsable de l’infection de la muqueuse gastrique (Hélicobacter pylori) et soigner la maladie de Biermer.
La gastrite non atrophique : ce type de gastrite est provoqué par une intoxication chimiques, biliaire, alcoolique, aux anti inflammatoires, à l'alcool, aux lymphocytes, la variole, ou à l'éosinophilie...
Il est aussi possible que l'on retrouve des granulomes, et dans ce cas on pensera à la maladie de crohn, la sarcoïdose, un corps étranger ou une infection...