Bégaiements
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Le bégaiement est un trouble de la communication. Il se caractérise par une répétition de syllabes, une hésitation ou une interruption de la parole. Il est fréquemment associé à des éléments comportementaux, cognitifs et affectifs. Il est très courant chez l’enfant. Cet article vous permettra d’en connaître davantage sur cette difficulté à parler correctement : symptômes, diagnostic, conduite à tenir, prévention…
Le bégaiement fait partie des troubles du débit de la parole et de la communication spontanée. En d’autres termes, il désigne une difficulté de parler de manière fluide et rythmée.
Un bégaiement physiologique peut survenir avant l’âge de 6 ans, notamment, au début de l’apprentissage de la parole. L’enfant pense plus vite qu’il ne parle.
Il survient aussi parfois de façon intercurrente chez l’enfant présentant une bonne élocution. Il est possible que le bégaiement se produise pendant que l’enfant souffre d’une autre maladie. Mais actuellement, on ne connaît pas la cause exacte de ce trouble de la parole.
Certains facteurs comme la prédisposition génétique, le bilinguisme (capacité de parler couramment deux langues différentes), la personnalité de l’enfant (anxieux, perfectionniste…), les attitudes familiales trop exigeantes, peuvent entraîner le bégaiement.
Le bégaiement n’a rien à avoir avec un déficit d’intelligence.
Le bégaiement est assez fréquent, car il touche 1 % de la population mondiale. 80 % des personnes touchées sont des garçons et 20 % sont des filles.
Le plus souvent, ce trouble se produit à l’âge de 2 à 5 ans, voire plus tard (jusqu’à 12 ans).
Le bégaiement est un trouble permanent ou cyclique de la parole durant plus de 2 mois. Il affecte les mots, les syllabes ou le son prononcé. Il se manifeste souvent par :
une répétition ;
une prolongation involontaire ;
une interruption brève ou blocage avec des interjections (ah !, oh !, zut !).
Ces symptômes peuvent parfois s’associer à :
des clignements des yeux ;
un regard figé ;
une perte de contact oculaire ;
une dilatation des ailes du nez ;
un froncement des sourcils ;
un plissement du front ;
des mouvements involontaires de la tête ;
un soulèvement des épaules ;
des mouvements conjuratoires (tape la main sur la table, frappe le pied au sol).
Des rougeurs, des pâleurs et une sialorrhée (sécrétion excessive de salive) peuvent également apparaitre.
En outre, les facteurs suivants peuvent accentuer le bégaiement :
anxiété ;
attention de l’auditoire ;
pression temporelle ;
téléphone ;
grand public ;
quand les interlocuteurs sont des proches.
Il faut noter que même si un enfant souffre de bégaiement, il n’aura aucun problème pour chanter, chuchoter, jouer une pièce de théâtre et s’adresser à lui-même.
Le bégaiement ne se manifeste pas lorsque les facteurs de stress ne sont plus là (parler à un bébé ou à un animal…).
Lors de la consultation, on observe deux formes de bégaiement :
La forme tonique: il s’agit d’un blocage au début ou au milieu de la phrase.
La forme clonique: il se caractérise par une répétition involontaire d’une syllabe, surtout le début d’un mot.
On remarque aussi que l’enfant met en place des stratégies comme un passage en force, une pression pour terminer le mot ou la phrase. On réalise qu’il a peur du silence. Cette peur accentue le bégaiement et fait perdre l’écoute de l’interlocuteur.
On remarque également d’autres signes spécifiques :
perte du caractère automatique et spontané de la parole ;
évitement des mots à problème ;
perte des gestes liée à la parole ;
perte de l’acceptation de l’aide : il perçoit l’interlocuteur comme un juge ;
perte de l’autoécoute différée (le fait de réentendre dans la tête ce que nous venons de dire) ;
perte de l’expressivité ;
faux semblant (le sujet se comporte comme si l’interlocuteur avait compris) ;
Dans le cas de bégaiement, le langage réflexe est moins touché.
Le bégaiement peut avoir un retentissement psychologique, scolaire ou professionnel. Cela se traduit par une inhibition verbale liée aux rires, une gêne ou une fausse indifférence de l’auditoire et une appréhension anticipatoire.
Parfois, le bégaiement est confondu avec d’autres troubles de la parole.
Balbutiement: il correspond à un parler mal articulé. Il se manifeste souvent par une expression hachée et hésitante, un dédoublement des syllabes et absences de netteté. Il est associé à un manque de confiance en soi. Il survient parfois dans les familles nombreuses où il faut se faire entendre.
Bredouillement: il s’agit d’une manière trop précipitée et confuse quand on s’exprime.
Il faudra s'adresser à un orthophoniste. Il effectue le bilan initial et propose une conduite à tenir pour faire face au bégaiement.
Pour réduire le bégaiement de l'enfant, parler lentement et simplement lorsqu'on communique avec lui. Il est également important de le féliciter de ses progrès.
Il faut rassurer l’enfant, par exemple en lui disant : « t’as très envie de parler, mais ta bouche a du mal à aller aussi vite… ».
Il faudra baisser temporairement le niveau des exigences éducatives ainsi que la pression sur le temps (ralentir les activités, prendre le temps d’écouter, etc.).
Proposer un mot qui accroche avec ce que vous voulez dire afin de relancer le discours.
Il faut s’assurer que vous avez bien compris. Il est nécessaire de tenir votre enfant comme un vrai partenaire de dialogue. Vous devez vous focaliser sur ce qu’il dit, mais non sur la forme de son expression.
Intégrer l'enfant dans une association ou un accompagnement pour qu’il puisse s’exprimer davantage.
Les attitudes suivantes sont à éviter si l'enfant bégaie :
terminer la phrase de l’enfant à sa place ;
demander à l’enfant de répéter sans bégayer ;
obliger l’enfant à prendre la parole ;
jouer la fausse indifférence (ignorer le bégaiement jusqu’à ce qu’il devienne un tabou).
Pour éviter le retentissement psychologique du bégaiement, donner de l’affection compte beaucoup.
Dans le cadre de traitement du bégaiement, des séances d'orthophonie sont recommandées en première intention. Il est essentiel de contrôler la respiration, faire des exercices de ralentissement et d’accélération du débit de la parole, utiliser un ton excessivement monotone.
On conseille aussi les exercices de biofeedback. Ils fonctionnent par le biais de capteurs placés sur la gorge de l’enfant. Ces dispositifs le renseignent par des sons ou des couleurs sur la tension des muscles du larynx et lui permettent d’apprendre à les détendre tout en parlant.
Voici les alternatives du traitement du bégaiement :
la psychothérapie comportementale ou analytique ;
la relaxation ;
la sophrologie ;
le théâtre.
Par ailleurs, il faudra réévaluer l’intérêt de certains médicaments comme les psychotropes. Ces médicaments induisent les bégaiements.
Le traitement du bégaiement est efficace, mais est long à porter ses fruits. Il est d’autant plus efficace si l’enfant est plus jeune.
Après le traitement, on rencontre 75 % de guérison et 25 % de persistance (5 % sont des formes graves et 1 % ne guériront pas).