Syndrome de Parsonage Turner
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Le syndrome de Parsonnage de Turner est une maladie méconnue qui cause une intense douleur au niveau de l’épaule et peut même entraîner sa paralysie. Nous allons en parler dans cet article.
Le syndrome de Parsonnage Turner est une affection rare. Elle doit son nom aux deux neurologues britanniques Parsonnage et Turner qui l’ont découvert. C'est une inflammation des nerf qui passe sous l'aisselle et qui commandent le bras. Le territoire touché est souvent dépendant du nerf qui passe part la 5e et 6e vertèbre cervicale (C5-C6)
La maladie est également connue sous le nom de neuropathie brachiale aiguë, névralgie amyotrophiante de l’épaule ou encore amyotrophiante névralgique de l’épaule.
La cause du syndrome de Parsonnage Turner est inconnue. Il s'agirait peut être une maladie auto-immune.
Bien que ce soit une maladie rare, elle peut toucher n’importe quelle personne et survenir à tout âge. Les personnes entre 30 à 70 ans sont les plus concernées. La névralgie amyotrophiante atteint 3 personnes sur 200 000 habitants.
Les facteurs de risque
L’origine du syndrome de Parsonnage Turner demeure encore inconnue. Dans 10 % des cas, elle est héréditaire. Il est donc possible de transmettre les gènes malades à son enfant si l’on est atteint de la maladie.
On retrouve ces éléments déclencheurs dans 50 % des cas.
Une vaccination récente: lors de la vaccination, on introduit une bactérie chez le patient qui risque d’enflammer certains nerfs.
Une maladie infectieuse récente: les microbes qui infectent notre corps peuvent perturber l’efficacité du système immunitaire.
Un traumatisme récent: en lien avec le sport ou un tatouage qui s’était infecté.
Une opération chirurgicale récente .
Le patient ressent une douleur localisée dans la région de l’épaule (on parle de territoire innervé par le nerf passant par C5 et C6). Elle peut aussi toucher le cou, le moignon et peut aller jusqu’au bout du pouce. La douleur ne survient que d’un seul côté. Elle apparaît brutalement et dure jusqu’à 3 semaines. Le malade a plus mal pendant la nuit.
Une fièvre est possible.
Le praticien recherche l'atteinte d'un nerf périphérique : c'est le « syndrome neurogène périphérique». Il s'en aperçoit lorsque la douleur est localisée (exemple : en territoire C5 et C6), et qu'elle s'accompagne d'une hypotonie musculaire qui se caractérise par la faiblesse des muscles et d'une fonte musculaire. L'omoplate se décolle par exemple. Cette affection atteint les nerfs donc engendre souvent la perte des réflexes ostéotendineux dans le territoire concerné. La personne peut aussi avoir des mouvements involontaires musculaires.
Le syndrome de Parsonnage Turner peut être diagnostiqué par deux procédés.
L’électromyogramme: il s’agit d’un examen qui permet d’enregistrer l’activité électrique des nerfs et aussi des muscles. Lors de cet examen, on peut détecter la motricité des muscles. On relève aussi une discordance entre la motricité et la sensitivité. Dans le cas du syndrome de Parsonnage Turner, l'atteinte est motrice mais pas sensitive.
L’IRM: c’est un examen d'imagerie qui peut être centré sur les nerfs sous l'aisselle. Elle peut déterminer s'il y a atteinte des nerfs.
Les professionnels de santé de ville peuvent orienter et donner des conseils. Le médecin généraliste établit le diagnostic et les spécialistes en rhumatologie et en neurologie donnent des avis spécialisés.
Le patient peut prendre des antidouleurs comme le paracétamol.
Le patient peut également suivre un traitement à base d’anti-inflammatoires non stéroïdiens afin de réduire l’inflammation. Pour cela, le médecin prescrit soit de l’ibuprofène ou du naproxène.
D’autres calmants comme la morphine, la codéine ou le tramadol sont prescrits en cas de fortes douleurs.
Attention, certains médicaments sont à éviter notamment les antiinflammatoires avec beaucoup trop d’effets indésirables. Ce sont par exemple le coxibs, l’acélofane, le diclofénac et le piroxicam.
Le patient doit éviter le kétoprofène. Par voie orale, ce médicament risque de causer des effets néfastes au niveau de la digestion. Sous forme de gel, il présente plus d’effets indésirables que les anti inflammatoires classiques.
Dans le traitement de la névralgie amyotrophiante de l’épaule, le prednisone aide à réduire l’intensité des symptômes. La dose est de 1 mg par par kg et par jour pendant une semaine par voie orale.
Le patient peut recourir à la kinésithérapie afin d’accélérer la récupération musculaire et améliorer la capacité à exécuter les activités quotidiennes.
Il est important de suivre l’évolution de la maladie. La récupération est lente, elle peut durer de 6 à 36 mois. 75% des personnes guérissent en moins de 2 ans. Il est possible que le patient subisse des rechutes et garde des séquelles tout en étant guéri. Il faudra faire une rééducation et un changement de mode de vie afin d’apprendre à vivre avec la maladie.
Il n‘existe aucune prévention à cette maladie. Aucun dépistage ne peut non plus se faire vu qu’on n’en connaît pas la cause.