Ostéoporose
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Lorsqu’on prend de l’âge, les os vieillissent et deviennent moins résistants. En cas de déficit en calcium, de sédentarité et pour des raison hormonales (chez les femmes ménopausées notamment), cette perte de la masse osseuse peut se précipiter. C’est le phénomène d’ostéoporose. Dans cet article, nous allons vous parler de l’évolution, du traitement et de la prévention de cette maladie.
Ostéoporose vient de deux mots : « Ostéo » qui veut dire os et « porose » qui signifie « pauvre ». C’est une maladie du squelette qui se traduit par la déminéralisation des os, à l’origine d’une grande fragilité.
Physiopathologie
Les os sont le siège de destruction et de renouvellement permanent. Au cours de la vie, le squelette est renouvelé 4 à 5 fois. À 20 ans, le capital osseux est constitué. Puis, après 35 ans, il diminue de manière progressive.
À la ménopause, on assiste à une décroissance accélérée de la masse osseuse favorisant l’ostéoporose et donc le risque de fracture. Selon les études menées, il s’avère que ce phénomène est en partie lié à la baisse de la production d’œstrogène, l’hormone de la femme.
Favorisée par le vieillissement, l’ostéoporose touche surtout les personnes âgées et en particulier les femmes. En effet, cette maladie osseuse concerne 3 fois plus les femmes que les hommes.
L'ostéoporose est asymptomatique. On la découvre souvent après une fracture liée à une chute de faible importance (par exemple, une chute de sa propre hauteur), ou à un traumatisme de faible violence.
Les zones les plus touchées sont les fémurs, les vertèbres et les os de l’avant-bras à hauteur du poignet.
Pour diagnostiquer l’ostéoporose, il faut prescrire une ostéodensitométrie. Elle permet de déterminer la densité osseuse.
Pour ce faire, le patient s’allonge pendant quelques minutes sur une table de radiologie. Au cours de l’examen, les os sont soumis à de faibles rayonnements X. On va alors mesurer leur capacité à absorber les rayons et ainsi estimer le niveau de déminéralisation osseuse.
Cet examen est surtout indiqué pour connaître si une femme est à risque de connaître une nouvelle fracture après une fracture de faible intensité. Dans d’autres circonstances, il n’a pas d’intérêt, car n’influe pas sur la décision médicale.
En ce qui concerne l’interprétation des résultats de l’ostéodensitométrie, on se réfère au T-score. Cette valeur détermine l’écart avec la moyenne de référence arbitraire dans une population de femmes âgées de 30 à 40 ans.
Quand le T score se situe entre -2,49 et -1, on parle d’ostéopénie.
Quand le T score est inférieur ou égal à -2,5, on parle d’ostéoporose.
La fragilité osseuse peut témoigner d’autres maladies comme une tumeur osseuse ou la maladie de Paget.
En cas de suspicion d’ostéoporose, le médecin généraliste peut appliquer des mesures préventives. Si nécessaire, il orientera vers un rhumatologue qui va réaliser un examen plus précis et appliquera également des mesures préventives contre les risques de fracture. Le pharmacien aura un rôle de conseil et pourra orienter si besoin.
Pour traiter l’ostéoporose, on recommande d'avoir un bon niveau de vitamine D et de calcium. En pratique, les supplémentations concernent les personnes de plus de 70 ans vivant en institution ou ne sortant plus du domicile :
Supplémentation en vitamine D: cela apporte une réduction d’un quart du risque de fracture du col du fémur chez les personnes âgées de 70 ans et plus ou vivant en institution ou ne sortant pas de leur domicile. Il n’y a pas de différence d’efficacité entre la supplémentation en vitamine D3 (colécalciférol) et la D2 (ergocalciferol). La dose journalière recommandée est 800 UI/jour.
Apport en calcium : objectif 700 à 1200 mg/j. Les produits laitiers, les fromages et les eaux minérales (Hépar, Tallians, Contrex, Courmayeur, Saint-Antonin, Chateldon, Salvetat, Badoit, Vittel, San-Pellegrino, Quézac, Wattwiller, par exemple) sont les meilleures sources de calcium. Les amandes et autres graines, ainsi que les fruits séchés, sont également des sources de calcium.
Pour un apport de 1200 mg de calcium, voici quelques repères : c'est 4 fois la portion de :
300 g de fromage blanc ;
cinq petits suisses de 60 g ;
un quart de litre de lait ;
deux yaourts ;
80 g de camembert ;
40 g de fromage à pâte ferme ;
30 g de gruyère.
Il faut également éviter les aliments qui favorisent les pertes en calcium tels que la caféine (café, thé, cola) et l’alcool.
En cas de déficit alimentaire en calcium, opter pour un supplément. Préférez le carbonate de calcium au phosphate de calcium qui n’est pas conseillé en cas de défaillance rénale.
La diminution de la masse osseuse survient de façon naturelle avec l’avancement de l’âge et la ménopause. Cependant, il est possible ralentir le processus en arrêtant les facteurs de risque à savoir :
le tabagisme ;
la consommation abusive d’alcool ;
la perte de poids intentionnelle chez une personne âgée: le tissu adipeux produit des substances proches des œstrogènes qui participent au maintien de la masse osseuse ;
les fractures osseuses ;
les maladies comme l’hypercorticisme, l’hyperparathyroïdie, la malabsorption intestinale, l’hypogonadisme ;
certains médicaments: traitement par corticoïdes plus de 3 mois, inhibiteurs de l’aromatase, anastrozole, éxémestane, létrozole, agoniste et antagoniste de la gonadoréline, antiandrogènes (abiratérone, méthotrexate, héparines). Réévaluez l’indication de ces médicaments avec votre médecin.
L’ostéoporose provoque une fragilité osseuse principalement au niveau du poignet, des vertèbres et du col du fémur. Pour limiter les risques de fractures, il est important de prendre quelques dispositions adaptées aux besoins du patient.
Aménager l’habitat : barre d’appui, éclairage adapté, fixation des tapis.
Aménager l’environnement (tapis, surface glissante…).
Corriger le trouble de vue (lunettes, cataracte…).
Corriger un handicap: trouble cardiaque, incontinence, douleurs des pieds.
Éliminer des médicaments à risque de somnolence hypotensions, malaises.
Repérer les personnes âgées à risque de chute par le test du « time up and go »: temps mis pour se lever d’une chaise, marcher sur 3 mètres, faire demi-tour et se rasseoir.
S’exercer régulièrement : pendant 1 h en moyenne et 3 fois par semaine.
Exposition d’une heure par jour au soleil, bras nus.
Les protecteurs de hanche en prévention des fractures du col du fémur sont quant à eux à écarter. Leurs effets sont non démontrés.
Par ailleurs, pour les personnes ayant déjà eu une fracture en présence de T-score inférieur à 2,5, il convient de prendre de l’acide alendronique. Ce médicament est un des seuls anti-ostéoporotique dont l’effet bénéfique est validé. Par contre l'effet ne dure que jusqu’à 5 ans. Il peut être utilisé indépendamment de la vitamine D puisqu’il n’y a pas d’intérêt à associer les deux molécules ensemble dans le même médicament.
La posologie indiquée est de 10 mg par jour ou 70 mg par semaine avec un grand verre d’eau. Des soins dentaires adaptés sont toutefois conseillés en début de traitement pour diminuer le risque d’ostéonécrose de mâchoire.
L’efficacité de l’acide alendronique est très modeste avec 4 % des fractures évitées et l’ostéodensitométrie n’est pas utile à la surveillance du traitement.
En alternative, il est possible de prendre du raloxifène. Il s’agit d’un antagoniste des récepteurs œstrogéniques. La dose préconisée est de 60 mg par jour. Le tériparatide est encore mal évalué donc ne l'utilisez pas par principe.
Les médicaments suivants sont à écarter dans le traitement de l’ostéoporose :
dénosumab et romosozumab: ce sont des anticorps monoclonaux en injections sous-cutanées aux effets indésirables disproportionnés par rapport à leur bénéfice ;
calcitonine: l'efficacité de ce médicament est non démontrée ;
traitement hormonal substitutif de la ménopause: les bénéfices osseux sont insuffisants au regard de l’augmentation des risques de cancer et troubles cardiovasculaires.
L’ostéodensitométrie n’a pas d’intérêt dans le cadre de la surveillance de l’ostéoporose.