Dysérection
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Érection trop courte ou absente, manque de rigidité, incapacité à maintenir une érection tout au long du rapport… ce sont les signes fréquents de la dysérection. Les causes de ce trouble sexuel masculin sont multifactorielles : mécanique, pathologique ou psychologique. Comment la reconnaître une dysérection ? Comment la traiter ? Découvrez les réponses dans cet article.
La dysérection désigne une incapacité permanente à obtenir ou à maintenir une érection suffisamment rigide pour permettre un rapport sexuel satisfaisant aussi bien pour le patient que pour son partenaire. On parle aussi d’impuissance masculine ou de dysfonction érectile.
Pour remarque, on qualifie la pathologie de dysérection lorsque l’impuissance masculine dure depuis plus de 3 mois.
Selon les scientifiques, les causes de la dysérection sont multiples.
Elles peuvent provenir d’un problème psychiatrique lié à :
la dépression ;
la consommation abusive de stupéfiants et d’alcool ;
la consommation de certains médicaments : les opioïdes, les sédatifs, les antidépresseurs, les diurétiques…
Diverses pathologies peuvent aussi en être à l’origine. Les plus courants sont :
les maladies neurologiques : Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaques, tumeur...
les maladies vasculaires : diabète, HTA, dyslipidémie, tabac (constriction des vaisseaux sanguins).
Enfin, dans de rares cas, la dysérection provient d’un trouble endocrinien : maladie d’Addison, cuching, hypogonadisme, dysthyroïdie, ou hyperprolactinémie.
La dysérection peut toucher tous les hommes de 18 à 69 ans.
Dans 47 % des cas, il s’agit d’une dysérection occasionnelle. Par contre, pour environ 7 %, la dysfonction est permanente.
La dysérection peut se manifester de plusieurs façons.
Dans certaines situations, l’homme souffre généralement d’érection trop faible et ne peut pas effectuer une pénétration lors d’un rapport sexuel. Parfois, l’érection est même absente.
En revanche dans d’autres situations, il y a formation d’érection sauf que cette dernière est loin d’être très rigide. Même s’il y a pénétration, il est difficile de la maintenir jusqu’à l’obtention de l’éjaculation. En parallèle, l’orgasme peut aussi être absent.
Noter que le dysfonctionnement érectile peut être classé en deux catégories :
les dysfonctionnements érectiles primaires : présents depuis toujours ;
les dysfonctionnements érectiles secondaires : survenus après une période d’érections normales.
Afin de poser le diagnostic de la dysérection, on effectue dans un premier temps un interrogatoire clinique. Elle porte sur :
les caractéristiques des symptômes : érection faible, érection absente, perte de la libido, trouble de l’éjaculation… ;
la date d’apparition des dysfonctionnements érectiles et leur durée ;
les antécédents médicaux ;
les problèmes d’ordre social, financier, relationnel ;
la recherche des facteurs de risques ;
le mécanisme normal de l’érection.
Dans un second temps, le on passera à l’examen physique de la verge et des organes génitaux externes.
Par la technique de la palpation, le praticien va évaluer les pouls péniens et l’état des corps caverneux. Aussi, il va rechercher les éventuelles anomalies pouvant toucher l’appareil génital de l’homme comme :
la maladie du peyronie ;
le phimosis ;
atrophie testiculaire (diminution du volume des testicules).
La dysérection émet de forts retentissements psychologiques chez le patient. Cela peut entraîner de nombreuses complications dans la vie quotidienne :
frustration ;
colère ;
déception ;
sentiment d’échec, d’infériorité, d’insécurité ;
culpabilité ;
humiliation ;
peur ;
déni ;
inhibition relationnelle ;
dépression ;
résignation.
Pour mieux identifier les causes de la dysérection, il est nécessaire de réaliser des examens complémentaires.
Prise de sang
NFS (Numération de la formule sanguine).
Dosage de la créatininémie.
Dosages de la glycémie, des lipides et de l’uricémie: ils indiquent les facteurs de risque cardiovasculaires.
Mesure du taux de PSA (protéine sécrétée par la prostate): pour confirmer une pathologie de prostate (si taux de PSA élevé).
Dosages FSH, LH, testostérone, PRL (si basse): permet de diagnostiquer un hypogonadisme.
Écho doppler pénien et voies urinaires : étude des artères et des veines après injection intracaverneuse de papavérine ou prostaglandine.
Artériographie iliaque après injection intracaverneuse, si revascularisation possible.
Rigidimétrie si absence d’érection : enregistre les variations de diamètre et la rigidité de la verge après stimulation pornographique. S’il y a érection, c’est que la dysérection est d’origine psychogène. Cet examen est rare.
Dès le moindre signe anormal de dysfonction érectile, il convient de consulter rapidement un médecin généraliste, un urologue et un sexologue. Le pharmacien pourra également délivrer les premier conseils.
Les inhibiteurs de la 5 phosphodiestérase
Les inhibiteurs de la 5 phosphodiestérase sont les médicaments de premier choix pour aider à obtenir une érection de qualité. Ils regroupent :
le sildénafil ;
le tadalafil ;
l’avanafil ;
et le vardénafil.
Leur efficacité dure 4 heures. Vous devez conseiller de le prendre 1 heure avant la relation sexuelle. Notez que pour que ces médicaments fassent effet, il faudra qu’il y ait une excitation sexuelle.
Par contre, ne conseillez pas ces médicaments si le patient prend déjà des dérivés nitrés.
L’alprostadil
C’est un médicament capable de provoquer une érection sans stimulation. Les deux formes courantes utilisées dans le cadre de la dysérection sont :
l’alprostadil en crème : il agit en moyenne en 20 minutes. Elle convient aux personnes qui ont de la difficulté pour s’administrer le médicament, notamment à cause de la douleur ;
l’alprostadil en injection intracaverneuse : son action se ressent en 15 à 30 minutes et son taux d’efficacité est de 50 à 75 %.
Avant, il y avait aussi l’alprostadil en bâtonnet, mais on l’a supprimé.
Le vacuum
C’est un dispositif mécanique à l’aspect d’un cylindre. Son extrémité s’ouvre afin d’y placer la verge.
Une fois que le pénis est entièrement introduit dans le tube et que l’ouverture s’accole au pubis, le patient peut faire le vide autour du pénis à l’aide d’une pompe manuelle ou électrique.
On obtient ensuite une érection grâce à la dépression à l’intérieur du cylindre. Cette dernière est maintenue, même après avoir ôté le cylindre, par une bande constrictive élastique placée à la racine de la verge.
Les effets secondaires sont minimes : des douleurs, une sensation de pénis froid et des difficultés à l’éjaculation.
La prothèse pénienne
Il en existe différents types : rigide, semi-rigide ou malléable et gonflable.
C’est une option thérapeutique invasive et irréversible. Les effets secondaires concernent uniquement les infections par le matériel (1 à 5 %) qui nécessitent souvent l’ablation de la prothèse.
Les prothèses gonflables ont un taux de défaillance mécanique estimé à 5 % la 1re année, 20 % à 5 ans et 50 % à 10 ans.
Pour les alpha bloquants, les bénéfices sont incertains. C’est aussi le cas de la yohimbine Houdé. Il produit un effet placebo, mais avec des effets indésirables. Donc pas si placebo.
Pour traiter efficacement la dysérection, la psychothérapie et la sexothérapie sont bénéfiques.
Le partenaire joue aussi un rôle important afin d’améliorer la communication au sein du couple.
Par ailleurs, il convient aussi de traiter la cause du dysfonctionnement érectile, lorsque celle-ci est connue.
Pour limiter les troubles fonctionnels, sollicitez un accompagnement thérapeutique dans les situations à risque comme : le tabagisme, la dyslipidémie, le diabète et l’HTA (hypertension artérielle).
La surveillance de la dysérection après les traitements consiste surtout à observer l’évolution des symptômes.