Bouchon de cérumen
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Avoir une mauvaise audition n’est pas très agréable. De nombreuses causes existent. Parmi les plus fréquentes: le bouchon de cérumen. Dans cet article, nous allons vous parler des bouchons de cérumen : qu’est ce que c’est ? Comment savoir si vous en avez ? Que faire pour s’en débarrasser et s’en prémunir ?
Le cérumen est une substance jaune sécrétée par les glandes de la peau du conduit auditif externe. Son principal rôle est de piéger les poussières qui entrent dans l’oreille et de les éliminer. Le cérumen agit de la même façon avec les débris cellulaires. Aussi, il a aussi d’autres fonctions :
protection ;
hydratation ou lubrification ;
nettoyage.
Le cérumen a également des propriétés antibactériennes et antifongiques. C'est donc notre ami !
Un bouchon de cérumen est une accumulation du cérumen dans le conduit auditif externe. A un stade avancé, il peut conduire à une diminution de l’audition.
Il existe quelques facteurs favorisant un bouchon de cérumen. Ce phénomène peut être physiologique (naturel) chez certaines personnes. En effet, l’anatomie de l’oreille peut favoriser les bouchons de cérumen (conduit auditif externe coudé ou étroit par exemple).
Le cadre de travail peut aussi favoriser la formation du bouchon dans le conduit auditif. Ceux qui travaillent dans des environnements poussiéreux sont les plus exposés.
Les prothèses auditives et les bouchons d’oreille sont également des facteurs de risque.
Un nettoyage excessif favorise les bouchons de cérumen, notamment en utilisant des cotons-tiges.
Un enfant sur 10 présente un bouchon de cérumen, et un adulte sur 20 en souffre. Il est plus fréquent chez les personnes âgées (une personne sur 3).
Les principaux symptômes d’un bouchon de cérumen se manifestent surtout au niveau de la sphère ORL.
Une sensation d’oreille bouchée : elle est accentuée par les baignades et les douches.
Des vertiges.
Des acouphènes : perception de bruit parasite.
Des douleurs à l’oreille.
Une toux.
Un examen du conduit auditif externe permet de visualiser l’état du conduit. Le médecin utilise un otoscope et évalue l’obstruction du conduit. Elle peut être partielle ou totale.
Un bouchon de cérumen est compliqué lorsque l’audition de la personne s’en retrouve diminué.
En absence de complications, le sujet peut demander conseil au pharmacien. Il peut également consulter un médecin généraliste ou un pédiatre. Au besoin, un médecin spécialisé en ORL peut être utile. Il dispose de tous les outils thérapeutiques.
Il existe deux choix de traitement en première intention :
une irrigation ;
et une méthode instrumentale.
Dans les deux cas, il faut arrêter la méthode en cas de douleur ou de vertige.
1-L’irrigation
Il consiste en un lavage à la pompe. On utilise une poire ou une seringue de 10 à 20 ml. Ce dernier est relié à un cathéter de 14 à 16 gauges. L’eau doit être tiède à 37 ° C. Une serviette est posée sur l’épaule du sujet. S’il s’agit d’un enfant, il faut tirer l’oreille vers le bas et en arrière. Pour un adulte, on la tire vers l’arrière et le haut.
Ensuite, il faut introduire l’embout sur 0,5 cm. C’est seulement là qu’on commence à injecter de l’eau avec une faible pression. Le jet doit être dirigé vers la paroi du conduit auditif externe, et non vers le tympan.
La tête du patient devra être inclinée afin de recueillir l’excès d’eau
Il faut répéter le procédé inlassablement jusqu’à ce que tout le bouchon sorte. En général, chaque oreille nécessite 500 ml d’eau. Le patient tient le haricot pour recueillir l’eau.
Cette méthode est efficace dans les 70-90 % des cas. Elle est contre indiquée si le tympan est perforé.
2-L’extraction instrumentale
Cette méthode est plus délicate et requiers plus d'expérience. A l'aide d'une curette ou d'une tige métallique, on vient gratter le bouchon.
En cas d'échec , l’intervention d’un spécialiste en ORL est nécessaire. Il dispose d’un microscope et sera beaucoup plus précis dans ses gestes. Elle a une efficacité de 90 %.
En cas de douleur, de démangeaisons ou d'écoulement, il faut arrêter le geste car cela évoque une infection.
Ces techniques n’ont pas de bénéfice certain donc ils sont à utiliser avec prudence en l'absence d'autres option disponible :
l’eau oxygénée : 2 à 6 gouttes administrées en décubitus latéral (le patient s’allonge latéralement) pendant 3 jours ;
l’acide acétique ;
le bicarbonate de sodium ;
le docussate de sodium ;
le microlax ;
les solutions huileuses : arachide, glycérine, amande douce, chlorobutanol ;
l’urée, le xylène (ou CERULYSE), le salicylate de choline.
Évitez absolument les cotons-tiges et les bougies d’oreille. Ces dernières sont inefficaces en plus de favoriser les brûlures et les eczémas.
Le patient doit être avisé de la possibilité de symptômes post-extraction. Les plus fréquents sont le vertige, la nausée et le malaise.
Si la méthode n’a pas été efficace, il est conseillé de faire un bain d’oreille pendant 15 minutes avant de renouveler l’extraction. Il est aussi possible d’instiller des gouttes de sérum physiologique durant quelques jours.
Si cela ne marche pas, il faudra demander l’avis d’un spécialiste en ORL.
En plus d’éviter les cotons-tiges, il faut lutter contre les autres facteurs de risque qui entraînent les bouchons. Ainsi, il faut arrêter de porter des bouchons d’oreille et des prothèses auditives.
Le patient qui présente régulièrement un excès de cérumen pourra apprendre à réaliser soi-même une irrigation. Répéter le procédé autant que nécessaire. Il est aussi possible d’enlever régulièrement l'excès de cérumen dans l’oreille avec le bout des doigts uniquement.
Pour les personnes concernées par la poussière, il faut trouver des moyens de protection.