Terreur nocturne
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La terreur nocturne est un déséquilibre du sommeil qui se rencontre généralement chez les enfants de moins de 4 ans. En général, elle est due au stress ou à l’anxiété. Dans cet article, nous allons faire le point sur ce phénomène : diagnostic, symptômes, traitements et préventions.
La terreur nocturne fait partie des parasomnies chez les enfants. Il s’agit d’un trouble du sommeil pendant lequel l’enfant fait des crises de peur en pleine nuit.
La cause de la terreur nocturne chez l’enfant n’est pas certaine, mais il est probable que le phénomène soit héréditaire. Également, certains facteurs sont connus pour accentuer les crises. Parmi eux, il y a la fatigue, le stress, l’anxiété ou la prise de certains médicaments.
La terreur nocturne survient au cours du sommeil lent et profond. Elle fait partie de la maturation du sommeil de l’enfant.
La terreur nocturne arrive surtout chez les enfants (rarement à l’âge adulte). Elle touche plus les garçons que les filles. Son apparition commence généralement aux alentours du 18e mois de l’enfant. Ce trouble du sommeil touche 15% enfants âgés de 3 à 10 ans.
La terreur nocturne se manifeste souvent durant la première partie de la nuit. L’enfant se redresse tout à coup et ouvre les yeux avec un regard fixe ou vide.
À ce moment, l’enfant est pris par une terreur intense qui se traduit par des cris, des pleurs, une expression de panique dans ses yeux et des paroles incohérentes. Il ne reconnaît pas ses parents, se débat ou adopte une position de défense.
À ces symptômes s’ajoute :
une rougeur ;
une tachycardie (accélération du rythme cardiaque) ;
des palpitations ;
une tachypnée (respiration rapide) ;
des sueurs…
Pendant les crises, l’enfant est difficilement réveillable. Il se recouche et se rendort après environ 1 à 20 minutes.
Au réveil, l’enfant ne sait pas expliquer les raisons de son état. Il arrive même qu’il n’en garde aucun souvenir.
Les principales complications de la terreur nocturne sont les répétitions des crises et la blessure lors de la crise.
Les symptômes de la terreur nocturne sont à différencier de ceux des cauchemars. Dans ces derniers cas :
l’enfant se réveille seul ;
il se souvient de son rêve et peut le raconter ;
il a besoin d’être rassuré sur son cauchemar.
Aucun examen n'est réellement nécessaire.
En cas de complication, la polysomnographie peut confirmer le diagnostic de la terreur nocturne. Cet examen consiste à enregistrer les données physiologiques de l’enfant. L’examen se fait la nuit, pendant le sommeil de l’enfant.
Le médecin généraliste ou le pédiatre effectuera le diagnostic. Le pharmacien délivrera les conseils et orientera si besoin
Pour limiter les symptômes durant la crise, il faut s’assurer que l’environnement de l’enfant soit sans danger.
Par contre, il faut à tout prix éviter de le réveiller dans le but de le consoler. Cela occasionne des réflexes d’autodéfense et pourra le mettre en danger.
Si l'enfant aime lire, lui proposer une histoire, cela le calmera peut être. Tester toutes sorte de chose : la musique peut aider également.
Il n’existe aucun traitement médicamenteux en cas de terreur nocturne. Les crises passent toutes seules. Il faut gérer crises par crises.
Dans un second temps, si rien ne fonctionne, vous pouvez aussi établir des réveils programmés. Pour se faire :
observer pendant 2 à 3 semaines les heures auxquelles se produisent les terreurs nocturnes et les noter soigneusement ;
chaque nuit, réveiller l’enfant 15 à 30 minutes avant l’heure habituelle des terreurs nocturnes ;
Le laisser éveillé pendant 5 minutes, puis le laisser se rendormir. Vous pouvez en profiter pour l’emmener aux toilettes ou boire un verre d’eau dans la cuisine.
Il faut continuer cette stratégie pendant un mois avant de laisser l’enfant dormir complètement pendant une nuit entière.
En général, après le mois d’éveils programmés, les épisodes de la terreur nocturne ne reprennent pas.
Pour ne pas s’épuiser, les parents doivent s’alterner pour veiller sur l’enfant pendant les éveils programmés. Normalement, les crises de la terreur nocturne s’atténuent avec le temps.
Pour prévenir la terreur nocturne, il faudra éviter que l’enfant se fatigue excessivement pendant la journée. Il est important de respecter les heures du coucher et la durée du sommeil de l’enfant afin d’éviter une mauvaise hygiène ou une privation de son sommeil.
Il faut savoir que la durée du sommeil d’un enfant est variable selon son âge :
0 à 3 mois : 16 à 20 heures sur 24 heures
3 à 12 mois : 13 à 14 heures sur 24 heures
1 à 3 ans : 12 à 13 heures sur 24 heures
4 à 7 ans : 10 à 11 heures sur 24 heures
8 à 11 ans : 9 à 10 heures sur 24 heures
12 à 15 ans : 8 à 10 heures sur 24 heures
Si besoin, il faudra qu'il fasse une sieste dans l'après midi.
Il faudra aussi limiter les écrans avant de dormir et privilégier les siestes.
Certains facteurs de risques favorisent également la survenue de la terreur nocturne. On peut citer :
l’environnement bruyant ;
la fièvre ;
l’effort physique inhabituel le soir ;
le changement dans le quotidien (séparation, rentrée scolaire, etc.) ;
les médicaments ;
l’apnée du sommeil ;
l’asthme ;
le RGO (reflux gastro-œsophagien)…
Il faudra les prendre en charge correctement.